Les Québécois éliront un nouveau gouvernement le 1er octobre prochain. D'ici là, La Presse a voulu sonder l'état d'esprit des électeurs. Nos journalistes et nos photographes ont été à leur rencontre dans 100 villes différentes dans toutes les régions du Québec. Découvrez ce que les électeurs ont à dire.

Mis à jour le 28 juin 2018
Isabelle Ducas LA PRESSE

Rachel White, La Pocatière, 57 ans, bergère et fromagère

QU'EST-CE QUI VOUS PRÉOCCUPE EN CE MOMENT ?

Le fait de ne pas avoir de relève pour notre ferme et notre entreprise, parce que nos enfants ont fait des choix différents pour leur carrière. Il y aurait peut-être d'autres gens intéressés à poursuivre, mais je ne sais pas s'ils seront prêts à travailler autant qu'on a travaillé pour monter notre entreprise.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MIS DE BONNE HUMEUR ?

La belle température qui nous a permis, mon mari et moi, d'aller faire un pique-nique sur la colline derrière la maison hier. Comme entrepreneurs, on n'a jamais de temps pour nous, mais cette fin de semaine, on avait l'aide de deux étudiants, qui ont fait la traite à notre place.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MIS EN COLÈRE ?

Les données sur le décrochage scolaire qui sont sorties dans les journaux. Il faut s'occuper de nos jeunes ! Leur donner le goût d'aller à l'école. Un jeune qui n'est pas motivé ne comprend pas l'importance du travail et de la rigueur. Et pour les enfants qui ne cadrent pas dans le régime scolaire, il faut trouver une autre façon d'exploiter leur potentiel.

QUESI VOUS POUVIEZ ET VOULIEZ VIVRE DANS UNE AUTRE VILLE DU QUÉBEC, LAQUELLE SERAIT-CE, ET POURQUOI ?

Je ne voudrais pas quitter ma région. Peut-être à Kamouraska. Mais surtout pas en ville ! On capote, on manque d'air !

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE DANS VOTRE CIRCONSCRIPTION, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

S'assurer qu'on garde nos services de santé. Actuellement, les femmes enceintes ne savent pas si elles pourront accoucher à La Pocatière, à cause d'un manque d'anesthésistes. Comment peut-on attirer de jeunes familles si on ne peut pas leur offrir des services de santé de base ?

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE AU QUÉBEC, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Qu'on fasse plus de place aux jeunes. Ici, les ados n'ont pas beaucoup d'endroits où se retrouver pour jaser. Ils vont dans la montagne ou derrière l'école, mais la police arrive pour leur dire de circuler, alors qu'ils ne font rien de mal.

QUEL EST LE DERNIER CONTENU QUE VOUS AVEZ PARTAGÉ SUR FACEBOOK ?

Une offre d'emploi pour un poste de commis à notre boutique. Je n'ai pas de téléphone intelligent ni de page Facebook personnelle, parce que je n'ai pas le temps. Mais par obligation, je gère la page Facebook et le site web de l'entreprise.

OÙ VOUS VOYEZ-VOUS DANS CINQ ANS ?

En processus de transfert d'entreprise, par du tutorat auprès des jeunes. Je ne me vois pas arrêter de travailler, mais j'espère ralentir un peu pour retrouver un semblant de vie. Parce qu'en ce moment, j'ai l'impression de ne pas voir passer les saisons.

QU'EST-CE QUE C'EST, POUR VOUS, ÊTRE QUÉBÉCOIS ?

Mettre mon talent à contribution pour faire rayonner le Québec et ma région. Et aussi agir pour améliorer les choses autour de moi, quand ce n'est pas à mon goût.

VOUS DEVENEZ PREMIER MINISTRE DEMAIN. QUELLE EST LA PREMIÈRE PHRASE DE VOTRE PREMIER DISCOURS ?

J'ai envie de faire bouger les choses pour nous tous, et qu'on décide ensemble de nos priorités.

Si un chef de parti croisait votre chemin pendant la campagne électorale, de quelle préoccupation aimeriez-vous lui parler? Préserver votre emploi, acquérir une propriété, refaire une route dangereuse? Dites-nous ce qui vous préoccupe, et pourquoi, en 250 mots, en écrivant à centvilles@lapresse.ca en prenant soin de préciser votre nom, votre âge, ce que vous faites et la municipalité dans laquelle vous vivez. Nous publierons un certain nombre de messages pendant la campagne électorale, en septembre.