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L'accident de Virgin Galactic, coup dur pour le tourisme spatial

«Le tourisme suborbital attire l'attention du public et... (Photo AP)

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«Le tourisme suborbital attire l'attention du public et son emballement... et si vous retardez cela, vous affectez le tourisme orbital», précise un expert.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'accident vendredi de l'avion sub-orbital SpaceShipTwo de la firme Virgin Galactic lors d'un vol d'essai est un sérieux revers pour le tourisme spatial, dont la firme de l'homme d'affaires britannique Richard Branson est la pionnière.

«C'est un revers pour l'industrie du tourisme spatial... et on ne verra pas de vol avant plusieurs années», estime Marco Caceres, un analyste du secteur spatial pour le Teal group, un cabinet de consultants de Washington.

«Cet accident va certainement retarder tout vol commercial de Virgin Galactic pour au moins deux ans et davantage», a-t-il ajouté, soulignant que cette société est de loin le leader dans le tourisme de l'espace.

Virgin Galactic compte déjà 650 clients pour de futurs périples à la frontière de l'espace, avec un coût du billet de 250 000 dollars par personne. Le prix a été augmenté récemment de 50 000 dollars.

Selon M. Caceres, cet accident qui a coûté la vie à un pilote et blessé gravement le second, «risque de retarder également le démarrage du tourisme orbital» dans lequel des sociétés comme SpaceX ont affiché leurs ambitions.

L'explosion mardi soir, quelques secondes après le lancement, de la fusée Antares de la société Orbital Sciences qui transportait la capsule Cygnus à destination de la Station spatiale internationale pour une mission d'approvisionnement pour la Nasa, va aussi affecter ce segment, estime l'analyste.

«L'essor du tourisme en orbite basse --plus cher-- s'appuie sur le succès des vols suborbitaux à la limite de l'espace» où les passagers éprouvent quelques minutes seulement d'apesanteur et peuvent admirer l'obscurité du cosmos et la courbure terrestre, explique M. Careres.

«Le tourisme suborbital attire l'attention du public et son emballement... et si vous retardez cela, vous affectez le tourisme orbital», précise-t-il.

Cet expert estime aussi que Virgin Galactic «ne faisait pas suffisamment de vols d'essai» pour évaluer l'appareil.

«Ils doivent maintenant faire beaucoup plus de vols avant de commencer leur service commercial», juge-t-il indiquant aussi que Virgin Galactic testait pour ce vol un nouveau mélange de carburant pour accroître la puissance de l'appareil qui a peut-être était un facteur dans l'accident.

SpaceShipTwo, largué depuis un quadriréacteur à double fuselage, pourra peut-être un jour emporter deux pilotes et jusqu'à six passagers pour un vol suborbital de trois heures au total.

Malgré de nombreux reports depuis les premiers essais en 2007, Sir Richard avait assuré qu'il serait avec ses fils le premier passager avant la fin de cette année.

Virgin Galactic avait obtenu en mai dernier le feu vert de l'agence fédérale américaine de l'aviation civile (FAA) pour transporter des passagers depuis une base au Nouveau Mexique, «Spaceport America», un nom de science-fiction.

Cet accident pourrait jeter un froid sur les 650 clients de Virgin Galactic dont des célébrités comme les acteurs Leonardo DiCaprio et Ashton Kutcher qui ont réservé leur place. La société indique sur son site que les arrhes versées sont remboursables.

«Cela va un peu doucher l'enthousiasme de ceux qui ont envie de vivre l'expérience d'un vol spatial», a commenté John Logsdon, l'ancien directeur du Space Policy Institute à l'Université George Washington.

Selon lui, Virgin Galactic, qui a construit d'imposantes installations au sol pour soutenir le tourisme spatial émergent, a peut-être «été victime d'ambitions irréalistes».

Faisant preuve d'optimiste, John Spencer, président et fondateur de la «Space Tourism Society» à Los Angeles, prédisait l'an dernier que «la technologie est suffisamment mûre pour permettre au cours des cinq prochaines années de voir un développement rapide de ce nouveau secteur avec de nombreux vols suborbitaux, le premier hôtel dans l'espace et des croisières autour de la Lune à bord de capsules russes Soyouz».

Ce dernier expliquait aussi à l'AFP que cet essor résulterait de l'engagement de milliardaires comme Richard Branson, Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, et Elon Musk, créateur de SpaceX.

Ils ont permis de développer des technologies innovantes et «de créer un modèle économique», jugeait alors cet architecte de yachts spatiaux.

L'accident de SpaceShipTwo vendredi pourrait aussi remettre en question le projet de télé-réalité de la chaîne NBC, «Space Race» dont l'objectif est de raconter la naissance des vols commerciaux dans l'espace, en partenariat avec Virgin Galactic et avec un billet spatial à la clef.

SpaceShipTwo a été conçu par l'ingénieur légendaire Burt Rutan qui a fondé la société Scaled Composites. Son prédécesseur, SpaceShipOne, est devenu le premier avion privé à voler à la frontière de l'espace en 2004 et se trouve aujourd'hui au musée national de l'air et de l'espace à Washington.

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