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Voulez-vous connaître votre voisin de vol?

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Pour l'instant, le service n'est offert que pour les vols reliant Amsterdam à San Francisco, New York ou Sao Paulo. D'autres destinations pourraient s'ajouter si le tout nouveau service d'«air-rencontre» connaît du succès.

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Nathaëlle Morissette
La Presse

Connaître l'identité, l'allure et les intérêts de ses «voisins de vol» avant même de monter à bord de l'avion pour un séjour à New York ou San Francisco? Voilà ce qu'offre désormais à ses passagers la compagnie aérienne KLM.

Le transporteur néerlandais donne maintenant la possibilité à ses clients d'avoir accès au profil Facebook des autres passagers du même appareil. Résultat: certains voyageurs peuvent désormais éviter les mauvaises surprises en choisissant un compagnon de vol qui partage les mêmes goûts, qui ne souffre pas d'embonpoint ou encore qui ne cache pas avec lui dans son bagage à main... un enfant turbulent. Incursion dans la vie privée ou nouvelle façon de voyager?

Meet&Seat - Se rencontrer avant de s'asseoir - a été mis en place au début du mois de février. Les passagers, au moment de l'achat de leur billet en ligne, peuvent choisir d'afficher leur profil Facebook et de consulter celui des autres voyageurs. De cette façon, même s'ils volent en solo, ils peuvent socialiser dans les airs, faire la connaissance de quelqu'un qui va assister à la même conférence qu'eux ou, qui sait, rencontrer l'âme soeur.

Pour l'instant, le service n'est offert que sur les vols reliant Amsterdam à San Francisco, New York ou São Paulo. D'autres destinations pourraient s'ajouter si le tout nouveau service d'«air-rencontre» connaît du succès. Jusqu'à maintenant, selon KLM, environ 200 passagers ont décidé de jouer le jeu.

Et la vie privée?

Bien qu'elle donne la possibilité à ses clients de partager des renseignements personnels, la compagnie se défend bien de vouloir bafouer le droit à la vie privée des voyageurs. «KLM utilisera ces informations uniquement dans le cadre du programme, assure la porte-parole de la compagnie, Ellen van Ginkel. Et les informations contenues dans le profil seront effacées deux jours après le vol.»

«Si quelqu'un souscrit à quelque chose comme ça, c'est parce que ça lui convient, ajoute Amélie Racine, analyste à la chaire de tourisme Transat ESG-UQAM. Les gens sont avertis, il y a des mises en garde sur le site internet.»

Vincent Gautrais, titulaire de la chaire en droit de la sécurité et des affaires électroniques de l'Université de Montréal, n'y voit pas non plus une menace pour le droit à la vie privée. «Je ne fais pas partie de ceux qui ont peur de Facebook et qui croient, par exemple, que d'annoncer en ligne que l'on part en voyage va augmenter nos risques de se faire cambrioler la maison. Et le droit des voyageurs d'utiliser de tels services vient avec le consentement.»

Outre les questions liées à la protection de la vie privée, l'initiative n'engendrerait-elle pas aussi un danger de discrimination? Selon Amélie Racine, le risque existe. «De prime abord, KLM a mis ça en place pour favoriser les rapprochements, mais c'est sûr que ça peut créer toutes sortes de dynamiques et qu'il y a toujours des effets pervers», reconnaît-elle.

Même si plusieurs compagnies aériennes font grand usage des médias sociaux comme Facebook ou Twitter pour promouvoir leurs services, KLM semble être le seul transporteur à avoir pris ce virage. Par contre, des passagers d'autres compagnies aériennes pourraient un jour bénéficier de ce service de rencontre nouveau genre. Air Transat ne ferme pas la porte à un projet de ce type. «Nous préparons notre plan d'action pour les médias sociaux et toutes les opportunités marketing sont présentement étudiées, indique Debbie Cabana, porte-parole du transporteur québécois. Nous ne mettons aucune occasions de côté, mais nous ne pouvons nous prononcer sur une stratégie en particulier pour le moment.»

De son côté, Air Canada n'a pas l'intention de mettre en place un programme à la sauce Meet&Seat.

Comme KLM agit un peu à titre de précurseur, difficile de savoir si ce genre d'initiative fera boule de neige. «J'ai l'impression qu'on teste un peu les limites des médias sociaux», souligne Amélie Racine. Selon elle, le succès du projet dépendra de l'enthousiasme qu'il suscitera auprès des voyageurs et surtout... sur Facebook.

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