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L'Amazonie au fil de l'eau

La sirène du Gilmer IV retentit dans le petit port de Yurimaguas, sur la... (PHOTO DAVID RIENDEAU, COLLABORATION SPÉCIALE LA PRESSE)

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David Riendeau

Collaboration spéciale

La Presse

(Pérou; Fleuve Amazone) La sirène du Gilmer IV retentit dans le petit port de Yurimaguas, sur la rivière Huallaga. Le navire marchand vient de larguer les amarres et vogue avec lenteur vers Iquitos, au coeur de l'Amazonie péruvienne.

Voyager par bateau dans l'Amazonie demande de la patience. La poignée d'étrangers à bord l'a appris à ses dépens, après une attente de 19 heures. Un bâtiment quitte le port une fois ses cales remplies, et non pas à l'heure affichée, quoi qu'en disent les membres de l'équipage, ce qui laisse amplement le temps de suspendre ses hamacs et de flâner en ville, tout en gardant un oeil sur la rive.

Mais aussitôt les moteurs en marche, la frustration s'estompe pour laisser place à l'émerveillement devant le spectacle de la jungle qui se déploie sous nos yeux. C'est l'occasion d'y apercevoir des orages magnifiques et des couchers de soleil grandioses. On en vient ensuite à sonder du regard ces rivages à la fois monotones et énigmatiques, guettant le vol du martin-pêcheur ou des nuées de touis jacasseurs au crépuscule.

Pour toucher le port d'Iquitos, 388 km plus loin, il faut compter au minimum deux jours, selon le niveau de la rivière. En l'absence de voie terrestre au-delà de Yurimaguas, la rivière fait office de route et ses aléas régissent le quotidien des habitants. Le navire descend d'abord le tortueux Huallaga. Ce n'est qu'après avoir dépassé Nauta, le dernier jour, que nous voyons enfin les eaux blanches de l'Ucayali s'unir aux flots jaunes du Marañon pour former le fleuve Amazone.

Pour certains, Iquitos, qui a connu son apogée lors de la fièvre du caoutchouc, n'est qu'une escale de plus dans un périple pour traverser le plus long fleuve du monde. À bord, deux voyageurs au long cours comptent poursuivre plus loin, tapotant de leur index le Brésil sur la carte avec fébrilité. Il est peu cher - à peine 35$ pour le trajet, nourriture comprise -, mais il faut pour faire ce voyage avoir le luxe du temps.

Vers la fin de la deuxième journée, à l'approche d'un modeste village de pêcheurs, l'apparition d'une nageoire nous fait hoqueter de stupéfaction. Un dauphin rose vient nous saluer, puis un autre. Tous les voyageurs se pressent près de la rampe dans l'espoir de les voir surgir à nouveau. Je savoure ma chance: le bufeo colorado, comme les locaux l'appellent, est traqué par les humains malgré son statut d'espèce vulnérable protégée, sauf peut-être par les communautés autochtones à qui il inspire crainte et respect. Dans les légendes amazoniennes, l'intelligent mammifère se métamorphose en homme blanc, rôdant la nuit sur le rivage à la recherche de belles indigènes à entraîner dans les flots.

Une sensation de lenteur infinie dans un espace confiné, loin des distractions de la vie moderne, nous accompagne tout au long du trajet, ramenant le voyage à sa dimension la plus noble. Pendant deux jours et des poussières, n'existent plus que le navire, ses passagers et les éléments qui les entourent.

Quoi apporter à bord?

Avant de monter à bord, procurez-vous un hamac, un couvert - le navire fournit seulement la nourriture -, quelques fruits et suffisamment d'eau pour le trajet.

Une fois à Iquitos

Le marché de Belén

L'Amazonie est un monde à part. Pour apercevoir un concentré de ses coutumes, une promenade au marché de Belén s'impose. Les fruits exotiques tels l'acidulé camu-camu et l'aguaje - qui font de délicieuses boissons - côtoient sur les étals piranhas, viande de crocodile et articles de magie blanche. Si vous avez l'estomac solide, essayez le suri, un ver qui fait l'orgueil de la région. Envie d'un remontant? Une foule de boissons alcoolisées à base d'herbes aux supposées vertus aphrodisiaques se retrouvent sur les tablettes comme le Rompe caleçon («Brise-culotte») ou le Levantate pajaro muerto («Lève-toi moineau mort»).

La faune de plus près

Si Iquitos compte plusieurs «zoos», peu se préoccupent autant du bien-être des animaux que le centre Pilpintuwasi. Grâce aux efforts de sa directrice Gudrun Sperrer et d'une poignée de bénévoles, ce refuge ouvert au public héberge des spécimens sauvés du trafic, dont l'ouakari chauve - un singe reconnaissable à sa figure rouge -, le jaguar et le paresseux. La visite, animée en anglais, sensibilise les visiteurs au fléau du braconnage, très présent dans la région. Il est situé dans le village de Padre Cocha, et on y accède par «colectivo» depuis le port de Nanay.

amazonanimalorphanage.org

La sécurité à Iquitos

Si votre navire accoste à Iquitos la nuit, il est préférable de rester à bord jusqu'au matin suivant en raison de la présence de voleurs. Devant la manne touristique, plusieurs individus se sont improvisés guides. Pour éviter d'être floué, préférez les agences qui ont pignon sur rue. Enfin, n'achetez pas d'animaux exotiques vivants ou morts sur place: ils sont fort probablement issus de la contrebande.

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