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Vendanges-vacances au pied des Andes argentines

Des vignobles au coeur de la province argentine de... (Photo San Francisco Wine Exchange, Bloomberg News)

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Des vignobles au coeur de la province argentine de Mendoza, avec la Cordillère des Andes en toile de fond.

Photo San Francisco Wine Exchange, Bloomberg News

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Céleste Jones
Agence France-Presse
CRUZ DE PIEDRA

Daniel Perrier, postier à la retraite, a quitté la Creuse pour un mois en Argentine, dont trois semaines de vendanges dans une petite propriété de la province de Mendoza, par passion, comme ses compagnons de labeur.

En Argentine, hémisphère sud oblige, on vendange de mars à mai, au pied de l'Aconcagua, point culminant de la Cordillère des Andes et du continent américain.

Les vendanges dans ce pays, explique Daniel, 64 ans, «c'est plus familial, c'est convivial, c'est une famille. En Touraine, en Champagne, on est 50. On se côtoie, bien sûr, mais c'est pas pareil».

Ils sont une dizaine d'Européens, dont des Français, à faire les vendanges pour la Bodega CarinaE, dans des vignes de cépages Cabernet Sauvignon, Syrah et Malbec, à une trentaine de kilomètres de la ville de Mendoza (ouest).

En Argentine, les petits viticulteurs ont du mal à trouver de la main-d'oeuvre, les travailleurs locaux redoutant de perdre leurs allocations s'il acceptent un travail temporaire déclaré.

«Avant, des gens du nord de l'Argentine venaient pour nous aider. Aujourd'hui, le voyage leur coûte trop cher et ensuite le coût de la vie ici ne leur permet pas d'économiser ce qu'ils gagnent. Et quand ils reviennent chez eux, ils ont perdu leurs allocations. Donc il n'y a pratiquement plus personne», regrette Brigitte Subra, la patronne de la bodega.

En revanche, les CV de candidats étrangers, du monde entier mais surtout de France, affluent. Ils seront rémunérés au rendement, environ un euro par caisse, et logés et nourris par les propriétaires.

Ce phénomène n'est pas répandu en Argentine, mais une solution conjoncturelle pour une petite exploitation comme CarinaE.

Daniel Perrier travaille 10 heures par jour, plié en deux et parfois sous 35 degrés. Mais la fatigue n'entame pas son entrain.

«J'adore faire les vendanges. Et avec la Cordillère des Andes en toile de fond, c'est fabuleux !».

Une fois les vendanges finies, il a prévu de visiter la région de Salta (nord-ouest). Et il promet de remettre ça en 2016.

Des grappes de Malbec 

Noémie Danto, 29 ans, a pris une année sabbatique avec son compagnon. Employée au service marketing d'une grande marque à Paris, elle voulait découvrir de l'intérieur les vignobles argentins.

Pourquoi Mendoza ? «Parce que je voulais vraiment en savoir un peu plus sur le vin argentin, qui a quand même une très bonne renommée au niveau mondial, c'est une des sept capitales mondiales du vin», confie-t-elle.

À la mi-journée, les vendangeurs pique-niquent au milieu des vignes, à l'ombre d'un olivier, assis sur des caisses renversées qu'ils remplissent au fil de la journée surtout de grappes de Malbec, la variété de raisin la plus cultivée en Argentine mais essentiellement exploitée en France dans l'AOC Cahors.

Le soir, l'équipe partage le dîner dans la salle à manger de la maison de Brigitte et Philippe Subra.

On se raconte les aventures de la journée, on échange sur la qualité des raisins cueillis et le travail qu'il reste à faire. Mais pas seulement. «On boit aussi le vin qu'on fait, tous les soirs. Et ça, c'est assez agréable», se réjouit Noémie Danto.

Originaires de Toulouse, les Subra se sont lancés dans la viticulture en 2003, avec l'aide technique de l'oenologue français Michel Rolland.

Ingénieur chez EDF à Mendoza, astronome amateur, Philippe Subra est tombé amoureux de cette région et a décidé de s'y installer, bénéficiant d'une retraite anticipée.

CarinaE produit 100 000 bouteilles par an sur ses 20 hectares, dont 30 à 35% pour l'export. Faute de débouchés à l'export actuellement, le peso argentin étant surévalué par rapport au dollar et à l'euro, ils essaient d'écouler leur production en Argentine.

«Il faut quand même que le chiffre d'affaires permette à l'entreprise de continuer à fonctionner et vraiment en ce moment, on est à la limite», confie Philippe Subra.

Son épouse reste positive : «On a quand même pris cet optimisme d'Argentine : "Ça va changer, il va y avoir un changement, ça va aller mieux". Donc on se dit qu'il faut tenir le coup jusqu'à ce que ça aille mieux. Il faut quand même dire que ce pays nous a tout donné !»

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