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60 000 km à vélo à la conquête des volcans

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Janick Lemieux et Pierre Bouchard en route vers... (Photo: Janick Lemieux et Pierre Bouchard)

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Janick Lemieux et Pierre Bouchard en route vers le sommet du volcan Mauna Kea, qui culmine à 4205 m, à Hawaïi.

Photo: Janick Lemieux et Pierre Bouchard

 

Jean-Sébastien Gagnon
La Presse

Le 17 janvier, Janick Lemieux et Pierre Bouchard ont poussé le dernier sprint d'un voyage fou, hors normes, qu'ils ont entrepris voici 10 ans.

Soixante mille kilomètres à vélo de Vancouver à la Terre de Feu, de l'Indonésie à Vanuatu, du Japon à l'Alaska. En 1999, les deux nomades ont entamé une incroyable odyssée, avec cette drôle d'idée en tête: visiter un maximum de volcans autour de ce que les géologues appellent le Cercle de feu du Pacifique.

 

«L'idée nous est venue à la fin d'une randonnée sur le plateau tibétain, expliquent Janick et Pierre. Nous avions encore envie de montagnes, mais pas de froid!»

Avec ses cheveux longs et son allure de courrier à vélo, on imagine facilement Pierre, 43 ans, tout plaquer pour se lancer dans une «quête cyclo-volcanique», selon ses propres mots.

Mais pour Janick, de sept ans sa cadette, c'était moins évident. «J'étais une fille comme les autres, jeans serrés, cigarettes, pas douée pour l'éducation physique, raconte-t-elle. Mais quand j'ai rencontré Pierre, j'étais tellement en amour, je voulais juste partir avec lui.»

Les lecteurs de Vélo Mag et de Géo Plein Air ont pu suivre, à travers leurs chroniques épisodiques, les premières étapes de ce voyage qu'ils pensaient accomplir en «deux ou trois ans».

La première tranche, 25 000 km entre Vancouver et Santiago, les forcera à composer avec l'altitude... et à revoir leur horaire. «Juste ce segment, ça nous a pris 25 mois!» se rappelle Pierre, qui est sans résidence officielle depuis plus d'une décennie.

Ils mettront 18 mois à franchir la deuxième étape, une «galère» de leur propre aveu, entre Jakarta, la Polynésie et la Mélanésie.

«Nous avons surtout affronté des problèmes de logistique», disent-ils au sujet de cette seconde séquence au cours de laquelle ils ont visité 30 îles, pris 55 bateaux et 12 avions. «Il nous aurait fallu un pédalo. Nous passions parfois des jours à attendre le prochain bateau...»

C'est sans compter le climat des îles du Pacifique, «le plus corrosif que nous ayons jamais rencontré»: 29 degrés la nuit, 100 % d'humidité... «Nos vêtements nous fondaient littéralement sur le corps», mentionne Pierre.

La troisième étape, celle qu'ils viennent de terminer, les a menés de l'Indonésie à Vancouver, en passant par Taïwan, le Japon, les îles Samoa, l'Alaska et Hawaii pour point d'orgue: une autre bagatelle de 24 000 km en 24 mois.

Ils ont gardé d'excellents souvenirs du Japon - «Du gâteau: c'est le seul endroit au monde où l'on peut tranquillement camper dans un parc du centre-ville» - et de Taïwan, où des badauds les acclamaient en montagne comme durant «une étape du Tour de France».

La Russie et le Kamtchakta les ont particulièrement mis à l'épreuve avec des hordes de moustiques, quelques ours et... de nombreux fonctionnaires. «Et mille kilomètres à pédaler dans la garnotte pour voir un volcan... On aurait peut-être été mieux en hélicoptère!»

Ils ont visité l'Alaska pendant l'élection présidentielle américaine, en plein durant la folie Sarah Palin. «Ouch! Les néo-conservateurs... Quand nous disions que nous sommes Canadiens, ils nous croyaient communistes...»

Entre ces tranches d'exil, le couple revenait brièvement au Québec pour faire le plein d'argent, d'amitiés et donner quelques conférences. Ils ont transité des dizaines de fois par Vancouver, à chaque fois qu'ils regagnaient ou quittaient le Canada. «À la fin, nos parents n'étaient même plus tristes de nous voir partir», blague Pierre.

Au fil d'arrivée, l'aéroport de Kona, à Hawaii, le nombril du Cercle de feu qu'ils s'étaient gardé pour dessert.

«On s'est surtout dépêchés pour ne pas rater notre vol pour Vancouver, disent-ils au sujet de leur dernière journée à vélo. On n'a pas eu le temps de réaliser que c'était la fin du périple.»

Se dépêcher, ne jamais s'arrêter pour que la paresse s'installe: c'est un peu le leitmotiv de ce couple atypique.

La Presse les a rencontrés alors qu'ils posaient à peine pied à Montréal. Déjà, l'horaire des prochaines semaines, sinon des prochaines années, s'annonçait très chargé: trois projet de livres, dont un en anglais, et une série de conférences à livrer dès l'automne à travers le Québec, de Chicoutimi à Chibougamau. Il fallait aussi récupérer tout le matériel confié à des parents et amis pendant leurs 10 ans d'exil.

Mais pour la première fois, le couple n'a pas de date de départ devant lui, pas de billet d'avion à estampiller. «On n'est pas au point final de l'aventure, mais disons plutôt à une très grosse virgule», dit Janick.

«Nous nous sommes promis de terminer les livres et d'entamer la tournée de conférences avant de discuter d'une autre destination, disent-ils. Sinon, ça serait trop tentant de laisser tomber et de repartir.»

 

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