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Une créatrice saoudienne revisite la robe traditionnelle

Une création signée Reem al-Kanhal.... (PHOTO AFP)

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Une création signée Reem al-Kanhal.

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Lynne al-Nahhas
Agence France-Presse
Dubaï

La 3e édition de la Vogue Fashion Experience, qui se terminait vendredi à Dubaï, a offert un podium à de jeunes créateurs du monde entier comme la Saoudienne Reem al-Kanhal, qui n'hésite pas à contourner les stricts codes vestimentaires de son pays.

Cette créatrice de mode revisite notamment de façon audacieuse l'abaya, vêtement traditionnel largement porté au Moyen-Orient.

«Je me lance toujours le défi de créer quelque chose que nous n'avons pas l'habitude de voir», confie Reem al-Kanhal, à la tête d'une ligne de prêt-à-porter depuis 2009.

Les vêtements et les accessoires qu'elle crée sont complètement ancrés dans son environnement culturel et la créatrice porte elle-même l'abaya. 

Mais cette jeune femme à la mode décomplexée prône le mélange des genres et l'internationalisation des standards saoudiens.

Ses abayas prennent ainsi des formes et des couleurs originales qui ne répondent pas aux critères stricts du wahhabisme, la version rigoriste de l'islam en vigueur en Arabie saoudite. Elle les assortie souvent de beaux bijoux ou de tissus colorés.

Mes abayas «peuvent être portées comme des vêtements (ordinaires) par des non Saoudiennes», explique Reem al-Kanhal qui, contrairement à certains créateurs du Golfe, refuse de se limiter à cet habit traditionnel et dessine également des vêtements occidentaux.

«Je veux changer les éléments traditionnels (...) et les transformer», poursuit-elle.

Elle montre pour preuve l'une de ses créations, une abaya blanche recouverte de deux pièces de tissu noir. «C'est comme un manteau. Si vous le portez avec un pantalon à Paris ou ailleurs, c'est cool", assure la jeune Saoudienne.

Avec la Vogue Fashion Dubai Experience, durant laquelle des mannequins ont défilé en portant aussi bien des jupes bouffantes que des abayas scintillantes, Dubaï tente de marcher sur les pas des grandes capitales mondiales de la mode que sont Milan et Paris. Cette manifestation de deux jours a permis à 25 créateurs originaires du Moyen-Orient mais également d'Europe, d'Asie et d'Afrique d'exposer leur savoir-faire. 

Parmi les jeunes talents africains a émergé la créatrice de bijoux Anita Quansah, une Ghanéo-nigériane établie à Londres et qui a lancé sa marque en 2006. «J'essaye de rassembler les deux choses que j'aime le plus, mon identité africaine et mon amour pour la créativité», affirme-t-elle.

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