La revanche des petits seins

Bralette Adélia, 48$.... (Photo fournie par Sokoloff Lingerie)

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Bralette Adélia, 48$.

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Petits seins, grand drame? Pas nécessairement. Alors que des filles voient leur poitrine menue comme un avantage, certains gars admettent les préférer aux poitrines plus généreuses. Les petits seins ne sont donc pas toujours lourds à porter, au propre... comme au figuré.

Évelyne a de petits seins. Elle porte du A, parfois même du AA, selon les bonnets. Et cela lui convient. Mais voilà qu'elle est tombée enceinte et, maintenant qu'elle allaite et qu'elle porte un généreux B, elle admet y prendre plaisir. «Je me rends compte que c'est l'fun d'en avoir plus! Je trouve ça plus joli quand je mets une robe», constate-t-elle.

La jeune femme de 30 ans est toutefois un peu déçue d'adhérer, malgré elle, au stéréotype qui valorise les grosses poitrines. «On dirait que je me sens davantage féminine avec plus de seins. Et je trouve ça un peu dommage, d'une certaine façon», dit-elle.

Effectivement, les gros seins sont parfois perçus comme le symbole ultime de la féminité dans notre société. «Il y a une croyance sociale selon laquelle une femme avec de gros seins est plus voluptueuse, affirme la sexologue psychothérapeute Caroline Messier-Bellemare. Mais je pense qu'il y a des hommes qui n'aiment pas ça et qui ne vont pas nécessairement le dire, car c'est plus atypique.»

C'est le cas de Nicolas*, début quarantaine. Entre une poitrine volumineuse et une autre plus menue, son choix est clair. «C'est sûr que je vais être davantage attiré par les filles qui ont de plus petits seins», dit-il.

«Je n'ai pas plus de plaisir avec les gros seins. Vraiment pas. Ça ne m'apporte rien, ni dans la manipulation ni dans l'interaction.»

Nicolas

Bien sûr, on ne parle pas des cas extrêmes, soit des filles qui ont une poitrine minuscule ou inexistante. «Là, c'est autre chose. Une femme qui a de tout petits seins qui ne remplissent pas la main, ça, c'est un peu décevant», ajoute-t-il.

Si l'amoureux d'Évelyne ne s'est jamais plaint de la taille des seins de sa blonde, il accueille néanmoins l'augmentation de volume sans sourciller. «Ça fait huit ans qu'on est ensemble et il les aime, mes seins, raconte Évelyne. Mais c'est sûr que quand il y en a plus, il trouve ça beau.»

Une norme irréaliste? 

Partout, les gros seins sont beaucoup plus présents que les petits, que ce soit à la télévision, dans la pornographie ou dans l'imaginaire collectif. «Les gros seins, c'est censé être ce que tout le monde veut et ce que tout le monde aime, dit Caroline Messier-Bellemare. Donc, il y a beaucoup de gens qui vont se conformer à cette norme-là, sans nécessairement sentir qu'ils y adhèrent.»

Et effectivement, il peut sembler irréaliste que la plupart des hommes ne jurent que par les grosses poitrines. «Si c'est vrai que les gars préfèrent les gros seins, alors la majorité de mon entourage doit être frustré», lance Nicolas, selon qui la plupart des blondes de ses amis ont «des seins tout à fait réguliers, sinon plutôt dans le petit que l'inverse».

Les filles, elles, peuvent se sentir complexées par la taille de leurs seins si elle est inférieure à ce qui est considéré comme «normal».

«Le désir de se conformer à la norme, en général, est fort. Si tout le monde a un iPhone, tout le monde veut un iPhone. Le physique y passe aussi.»

Caroline Messier-Bellemare

Pour la sexologue, une femme gênée par ses petits seins pourrait y voir une occasion de travailler sur elle-même, plutôt que de passer sous le bistouri. «C'est sûr que ça va au-delà de l'aspect des seins. Il faut creuser un peu, dit-elle. Parce que maintenant c'est la poitrine, mais après, ça risque d'être autre chose ; l'insatisfaction ne s'arrête pas là. Les interventions chirurgicales, ce n'est pas nécessairement la réponse.»

S'accepter

Évelyne, elle, a appris à s'accepter et à s'aimer telle qu'elle est. Mais elle a mis du temps, surtout qu'elle avait une soeur jumelle à qui se comparer. «Adolescente, ma soeur avait un peu plus de seins que moi, et j'ai toujours voulu en avoir plus, dit-elle. Mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ça ne changerait rien, et je me trouvais belle quand même.» Pour le moment, elle profite de sa poitrine plus généreuse, gracieuseté de l'allaitement, car elle sait que ce ne sera pas éternel. «Normalement, c'est censé redevenir comme avant... Et peut-être même plus petit!»

De toute façon, la poitrine ne représente qu'une partie du corps comme une autre, rappelle Caroline Messier-Bellemare. «Les seins, ça fait partie d'un tout; c'est comme les mains, c'est comme les pieds, il ne faut pas les voir comme une finalité non plus», affirme-t-elle. «La taille des seins n'est pas un critère en soi», renchérit Nicolas. «Dans le fond, c'est la personne qui compte avant toute chose. Sinon, mon chum ne serait plus avec moi depuis longtemps!», conclut Évelyne en riant.

*Le nom de Nicolas a été changé.

Carolane Stratis, co-fondatrice du blogue de mode Ton... (Photo tirée d'Instagram) - image 6.0

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Carolane Stratis, co-fondatrice du blogue de mode Ton petit look, a rangé ses soutiens-gorges aux oubliettes.

Photo tirée d'Instagram

Les laisser libres

Les «jumelles de la mode», Josiane et Carolane Stratis, n'ont pas de fortes poitrines. Et depuis un certain temps, elles ont relégué leurs soutiens-gorges aux oubliettes. L'été dernier, les jeunes mamans ont publié un article à ce sujet sur leur blogue Ton petit look, qui a attiré une avalanche de commentaires. Nous avons parlé à Carolane, qui nous a expliqué pourquoi elles ne reviendraient jamais en arrière.

Depuis environ un an, Carolane Stratis se promène presque toujours sans soutien-gorge. «Je n'en porte pratiquement jamais, à moins que ce soit nécessaire. Par exemple, si mon chandail est transparent et qu'on voit mes mamelons», dit-elle.

La transformation ne s'est pas opérée du jour au lendemain. Au contraire, le changement s'est fait progressivement, sur une échelle d'environ cinq ans. «Au début, j'ai commencé à porter des brassières molles, comme je les appelle. Et j'ai vraiment découvert quelque chose d'incroyable avec ça. Puisque je n'ai pas beaucoup de seins, je n'ai jamais trouvé les gros rembourrages super confortables.» Ce n'était pas facile, non plus, de trouver un soutien-gorge qui habillait adéquatement son 34A.

C'est elle qui a aidé sa soeur Josiane, dotée d'une poitrine légèrement plus forte qu'elle, à l'imiter. Son truc? Y aller par paliers.

«Ça aide beaucoup de commencer par des soutiens-gorge sans rembourrage, puis sans armature, et finalement sans forme... Après, ça devient plus naturel de juste les laisser libres.»

Carolane Stratis

Chaque jour qui passe la convainc de continuer dans cette voie. «Moins je porte de soutiens-gorges, moins j'ai le goût d'en porter, dit-elle. Et plus ça va, moins je trouve que j'ai l'air normale ou vraie quand je mets un soutien-gorge avec de la rembourrure.» Selon elle, les gens s'habituent à retrouver la vraie forme des seins, qu'ils avaient fini par oublier tant les rembourrages l'arrondissent.

Plus à l'aise 

Carolane se sent également beaucoup mieux maintenant qu'elle s'est libérée du carcan de tissu. «Je suis vraiment moins prise, plus libre de mes mouvements, et il n'y a jamais de démarcation... C'est vraiment plus confortable une fois qu'on s'est habitué à l'idée.»

«Il faut dire que j'ai toujours été très à l'aise avec mon corps et la nudité en général», ajoute-t-elle. Effectivement, ce ne sont pas toutes les filles qui ont le même rapport au corps que les jumelles, qui abordent toutes sortes de sujets tabous sur leur blogue. «Je sais que certaines filles ont beaucoup de difficulté... J'en connais même qui dorment avec leur soutien-gorge.»

Chose certaine, les soeurs Stratis ne forcent pas les autres à faire comme elles. «Je ne l'impose à personne, dit Carolane. Je ne vais pas aller voir les filles en leur disant: enlevez vos brassières! Ou brûler la mienne...»

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