Une favela de Sao Paulo rêve de mode

Depuis, dans le Centre municipal d'éducation unifiée (Ceu)... (Photo Miguel SCHINCARIOL, AFP)

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Depuis, dans le Centre municipal d'éducation unifiée (Ceu) de Paraisopolis, Alex Santos organise des défilés, des rencontres et des cours de mannequinat, qui incluent notamment des séances destinées à augmenter l'estime de soi de ces jeunes défavorisés.

Photo Miguel SCHINCARIOL, AFP

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Natalia RAMOS
Agence France-Presse
SAO PAULO

Le soleil se couche sur la favela de Paraisopolis au coeur de Sao Paulo et répand une lumière orangée dans la salle où des jeunes, en majorité des filles, suivent un cours pour devenir mannequins.

«Posture, attitude, tenez-vous droites, marchez, recommencez!»: les instructions se succèdent à mesure que les jeunes filles, perchées sur des talons hauts, défilent sur un podium improvisé.

Elles sont loin des flashs et du glamour de la Semaine de la mode de Sao Paulo (SPFW), la principale d'Amérique latine, qui se déroule cette semaine dans la mégapole du Brésil.

Elles font partie du projet «La banlieue invente la mode», créé par un jeune de Paraisopolis, l'une des plus grandes favelas de Sao Paulo avec 100 000 habitants, qui s'est inspiré d'un programme de la Fashion Week organisant des événements de mode dans des zones défavorisées, en marge des défilés officiels.

«Il y a un an, j'ai assisté à un défilé du styliste Joao Pimenta dans une favela et j'ai eu une révélation», raconte avec bonne humeur Alex Santos, 24 ans, étudiant en mode et auteur du projet.

«J'ai pensé que nous aussi nous pourrions créer, inventer nos propres événements», confie-t-il à l'AFP.

Depuis, dans le Centre municipal d'éducation unifiée (Ceu) de Paraisopolis, Alex Santos organise des défilés, des rencontres et des cours de mannequinat, qui incluent notamment des séances destinées à augmenter l'estime de soi de ces jeunes défavorisés.

Le styliste Joao Pimenta, qui présentera ses collections dans la Fashion Week officielle, a accepté d'être le parrain du projet.

«La mode au Brésil sera plus forte quand tous seront intégrés» socialement, affirme-t-il à l'AFP.

«La mode a cette capacité d'arriver partout, sans distinction de classe ou de couleur de peau. Et l'inspiration aussi peut venir d'endroits très inhabituels», assure-t-il.

Un «rêve» 

«Depuis que je suis petite, je rêve d'être mannequin», témoigne Gabriela Freitas, une jeune fille grande et mince de 16 ans.

«Grâce à cet atelier, j'ai amélioré ma posture, j'ai appris à marcher sur une passerelle».

«Je pensais que je ne pourrais jamais faire cela dans ma vie et maintenant je vois que c'est possible», ajoute-t-elle avec détermination.

Pour d'autres, il s'agit avant tout de mieux s'armer dans la vie.

«Je suis noire et pauvre et je sais que tout sera plus difficile pour moi», soupire Denise Sena, 19 ans, qui étudie la gestion.

Mais «cet atelier me permet de mieux me préparer» face à ces obstacles, assure-t-elle.

Les frères Ebson et Anderson Conceiçao da Costa, de 18 et 16 ans, ont suivi le cours auquel ils ont été invités alors qu'ils accompagnaient leur soeur.

Et ils pourraient bientôt eux aussi se retrouver dans les défilés: le styliste Joao Pimenta, qui ne dessine que des vêtements pour hommes, leur a proposé de participer à l'une de ses campagnes.

«C'est l'occasion d'apprendre et de voir des choses différentes. Quand on naît à Paraisopolis, on n'aura probablement jamais de telles opportunités», affirme Ebson.

Cette favela, où la violence est présente comme dans toutes les communautés pauvres du Brésil, est d'ailleurs à l'image des contrastes de ce vaste pays: elle est enclavée dans le quartier de Morumbi, peuplé de gratte-ciels et de centres commerciaux luxueux.

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