John Galliano fait son retour à Londres

John Galliano en mai 2014.... (PHOTO KIRILL KUDRYAVTSEV, ARCHIVES AFP)

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John Galliano en mai 2014.

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Anne-Laure MONDESERT
Agence France-Presse
LONDRES

Près de quatre ans après avoir été mis au ban du monde de la mode, l'ancien créateur-vedette de Dior John Galliano a fait lundi à Londres son retour sur les podiums pour la Maison Margiela, devant un public conquis.

Le designer avait choisi un décor blanc et minimal rappelant l'esthétique de la maison fondée par Martin Margiela, pour présenter cette collection haute couture d'une vingtaine de modèles, dans un immeuble moderne du centre de Londres, devant une centaine d'invités.

Robes carmin, traînes, perles, coquillages, chaussures à plate-forme... Le couturier britannique a mêlé sa touche théâtrale et romantique aux références d'une maison connue pour son avant-gardisme et son goût pour la déconstruction du vêtement.

Sous les applaudissements d'un public qui comptait notamment Kate Moss et Anna Wintour, deux fidèles du couturier, ainsi que des créateurs comme Alber Elbaz (Lanvin) et Christopher Bailey (Burberry), Galliano n'a fait qu'une furtive apparition à la fin de son défilé, vêtu de la blouse blanche qui constitue l'uniforme du personnel de la Maison Margiela.

Le talentueux et turbulent couturier britannique de 54 ans, qui avait été licencié par Dior en 2011 et était tombé en disgrâce après avoir proféré, ivre, des injures antisémites dans un café parisien, a décliné toute interview en coulisses.

Une attitude de discrétion conforme à l'esprit de la Maison Margiela, a commenté Renzo Rosso, président du groupe OTB («Only the Brave») qui détient la griffe parisienne au côté de marques comme Diesel et Viktor&Rolf.

Le patron italien, qui avait mis fin en octobre à l'excommunication du couturier en le nommant directeur artistique chez Margiela, a salué le début d'une «nouvelle ère» pour la maison, pour John Galliano et «pour le monde de la mode».

«C'était une vraie fusion, réussie, entre Margiela et Galliano», a estimé Alexandra Shulman, rédactrice en chef de l'édition britannique de Vogue.

«Nouveau départ»

Natalie Massenet, présidente du British Fashion Council, le Conseil de la mode britannique, a salué une collection «magnifiquement réalisée» et le «nouveau départ» du couturier.

«J'ai trouvé cela magique, mais je voulais appuyer sur le bouton pause pour pouvoir étudier davantage les modèles», a également confié à l'AFP Christopher Bailey, directeur artistique et directeur général de Burberry, tandis que le créateur espagnol d'escarpins de luxe, Manolo Blahnik se disait «ravi de voir (John Galliano) travailler de nouveau».

Annoncée dès le mois de décembre, la décision de présenter ce défilé haute couture à Londres plutôt qu'à Paris comme prévu initialement est exceptionnelle, a affirmé Renzo Rosso.

«John vient de Londres, c'est ici qu'il a commencé, c'est ici qu'il voulait recommencer. C'était juste pour se sentir plus à la maison», a expliqué Renzo Rosso à l'AFP. «Mais nous sommes Parisiens, nous resterons à Paris», a-t-il assuré.

Cette collection «artisanale» sera aussi présentée sur rendez-vous dans la capitale française fin janvier, mais la primeur donnée à Londres a entraîné son retrait du programme officiel de la semaine de la haute couture parisienne.

Le défilé était particulièrement attendu par l'industrie de la mode, impatiente de voir le résultat d'une association qui avait surpris. Même si certains, comme John Galliano le reconnaît lui-même, ne lui «pardonneront jamais».

Depuis son licenciement par Dior après 15 ans passés dans la prestigieuse maison, John Galliano, qui a aussi perdu la marque de prêt-à-porter à son nom, avait disparu des radars de la mode, à l'exception de sa participation à une collection Oscar de la Renta présentée à New York en février 2013.

Le couturier, qui a suivi une cure de désintoxication en Arizona, affirme ne plus boire, avoir fait un gros travail psychologique, et a présenté ses excuses à plusieurs reprises, niant être raciste ou antisémite.

Condamné par la justice française à 6000 euros d'amendes avec sursis, il a toutefois toujours pu compter sur quelques soutiens indéfectibles de poids dans la mode. Comme Kate Moss, dont il avait créé la robe de mariée en juillet 2011, ainsi que la rédactrice en chef de Vogue US, Anna Wintour, qui était apparue en signe de soutien dans une robe Margiela par Galliano en décembre à Londres.

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