Le vélo, nouvel objet de désir

Loin de l'anonymat des bicyclettes en libre-service, le... (Photo Digital/Thinkstock)

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Loin de l'anonymat des bicyclettes en libre-service, le «bobo» ou le cadre pressé est en quête d'une monture distinguée, pour laquelle les designers rivalisent d'imagination.

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Luis TORRES DE LA LLOSA
Agence France-Presse
PARIS

Modèles personnalisés ou signés par de grands noms de la mode, les vélos haut de gamme sont de plus en plus convoités par une élite urbaine désireuse de «pédaler chic» à Paris, Milan ou Tokyo.

Loin de l'anonymat des bicyclettes en libre-service, le «bobo» (bourgeois bohème) ou le cadre pressé est en quête d'une monture distinguée, pour laquelle les designers rivalisent d'imagination.

La maison de luxe Hermès a ainsi lancé en France le modèle «Flâneur» (8 100 euros), d'aspect classique, mais doté d'un cadre en fibre de carbone, huit vitesses et d'une courroie silencieuse et non salissante.

«Ce vélo rencontre beaucoup de succès à la fois auprès des clients habitués  de la maison Hermès -car ils y retrouvent son esprit-, mais aussi auprès de personnes adeptes du vélo, qui y trouvent quelque chose de nouveau», assure François Doré, directeur général de Hermès Horizons.

Tous les points de contact sont gainés de cuir de taurillon, une finition reflétant le savoir-faire maroquinier de la maison française. «Nous avons souhaité affirmer notre vision du cyclisme comme moyen de locomotion fétiche du citadin moderne», explique encore François Doré. Le modèle existe aussi en version sportive.

De l'autre côté des Alpes, le fabricant italien de vélos de luxe «43 Milano» a fait appel à Pininfarina pour concevoir son «Fuoriserie» («Hors série») en acier chromé (8 400 euros), équipé d'un discret moteur électrique sur la roue arrière et inspiré d'un modèle d'automobile des années 1930 du fameux designer italien.

«Le cuir tressé de la selle et du guidon sont inspirés de l'intérieur de la voiture», explique à l'AFP Paolo Pininfarina, président de l'entreprise fondée par son grand-père, Gian-Battista «Pinin» Farina. Un produit en édition limitée, destiné aux «dirigeants qui vivent en centre-ville, où les rues sont généralement encombrées».

Inventé par le baron allemand Karl von Drais en 1817, le «cheval du dandy» est devenu un mode de transport populaire au milieu du 20e siècle. Aujourd'hui, c'est aussi un accessoire de luxe: Mercedes Benz, Porsche, Maserati, Lamborghini et Ferrari ont tous leurs modèles de vélos haut de gamme.

Vélos en bois d'acajou

«Avec le vélo les gens retrouvent l'indépendance qu'ils avaient avec la voiture sans avoir les inconvénients de la circulation: ils font de l'exercice, ils respirent et retrouvent la liberté», souligne Bruno Urvoy, un expert en marketing qui a ouvert à Paris la boutique «En selle Marcel».

Spécialisé dans les vélos haut de gamme, le magasin distribue des modèles de fabricants italiens, britanniques et allemands.

Pour 1450 euros, on peut repartir au guidon d'un modèle «Siegfried» de Schindelhauer, au look épuré en aluminium. Pour acquérir un «Ludwig 18», avec une transmission par courroie sans chaîne et selle de cuir, il faut débourser plus du double.

Des modèles à mille lieues de l'austère bicyclette hollandaise ou des vélos chinois produits à partir des années 1950 à des centaines de millions d'unités.

Mais «le vrai haut de gamme, c'est la personnalisation», souligne encore Bruno Urvoy. Dans sa boutique, les clients peuvent aussi apporter leur modèle fétiche, le vélo de leur adolescence ou de leur grand-père, pour remplacer certaines pièces, l'accessoiriser ou le peindre.

«Avant, la voiture c'était un peu la vitrine du statut social et le vélo est en train de récupérer ce rôle, juge Urvoy. Il leur permet de dire aux autres ''Voilà mon style de vie et mon image''. Pour certains, c'est aussi important que la marque des chaussures».

À Tokyo, c'est une version en bois d'acajou en provenance du Honduras que propose Sueshiro Sano, fabricant de yachts qui travaille selon une tradition remontant à neuf générations.

«Il s'agit de montrer que les performances de ces vélos sont identiques à celles des vélos dernier cri en fibre de carbone», dit-il dans son atelier tokyoïte. «Récemment, les vélos que j'ai fabriqués ont eu de bons résultats lors de compétitions», assure-t-il.

Sueshiro Sano crée une vingtaine de vélos, vendus à des clients japonais ou étrangers, Pays-Bas, Taïwan et Chine. Des modèles chers --quelque 18 000 dollars ou 14 500 euros--, qui «séduisent une clientèle d'amateurs relativement âgés», selon leur fabricant.

Et pour protéger ces prototypes luxueux contre les vols, une start-up du sud de la France doit lancer en 2015 le NigiBike, un dispositif de géolocalisation dissimulé dans le vélo qui avertit le propriétaire dès que son bolide s'éloigne de lui.

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