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La mort vous va si bien: exposition sur le deuil au Met de New York

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À travers des douzaines de robes, bijoux, chapeaux, accessoires et journaux d'époque, l'exposition retrace une époque où les Européennes et les Américaines devaient se conformer à des normes rigides en matière de deuil.

Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP

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Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
NEW YORK

La mort vous va si bien: l'Institut du Costume du Metropolitan museum de New York a emprunté à un film hollywoodien le titre de sa nouvelle exposition, consacrée aux vêtements de deuil.

La mort vous va si bien: l'Institut du... (Photo TIMOTHY A. CLARY, AFP) - image 1.0

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L'exposition ouvre mardi dans l'Institut rénové, qui porte désormais le nom d'Anna Wintour, la rédactrice en chef toute puissante de Vogue USA.

De la robe en taffetas noire portée par la reine du Royaume-Uni Victoria (1837-1901), aux robes françaises à sequins de sa belle-fille la reine Alexandra, la petite exposition explore les liens entre deuil et mode.

À travers des douzaines de robes, bijoux, chapeaux, accessoires et journaux d'époque, l'exposition retrace une époque où les Européennes et les Américaines devaient se conformer à des normes rigides en matière de deuil.

Mais tout n'est pas pour autant triste. L'exposition intitulée La mort vous va bien: un siècle de vêtements de deuil, raconte aussi la fière allure d'une jeune veuve libérée des obligations du mariage, et désormais convoitée par d'autres hommes.

«Le noir est séduisant, et les jeunes veuves, belles et bien en chair, avec leur sourire et regard malicieux sous leur voile noir sont très séduisantes», peut-on lire dans un livre américain sur la bienséance publié en 1855.

Le requiem de Gabriel Fauré accompagne le visiteur, invité aussi à découvrir des extraits de journaux intimes féminins, magazines et livres d'époque, qui apparaissent et disparaissent des murs à la façon de fantômes.

«Pour de nombreuses femmes, c'était une façon d'exprimer leur émotion, elles ressentaient vraiment que leurs vêtements de deuil traduisaient leur chagrin intérieur», explique la conservatrice adjointe Jessica Regan.

D'autres se plaignaient de la monotonie, ou du coût d'une garde-robe entièrement noire, qui progressivement pouvait céder le pas à des gris et mauves monochromes, quand la peine se faisait moins lourde.

Des satins plus opulents, taffetas et velours pouvaient être portés plus tard, mais étaient considérés trop somptueux lors de la première période du deuil.

La reine Victoria, un deuil de 40 ans

L'exposition ne serait pas complète sans une robe de 1894-95, ayant appartenu à la reine Victoria, la plus célèbre des veuves du 19e siècle, qui a porté le deuil pendant 40 ans après la mort de son mari.

Les plus impressionnantes sont celles portées par sa belle-fille la reine Alexandra, en soie mauve et noire, avec des sequins, faites en 1902 et portées l'année suivant la mort de la reine Victoria.

Organisées de manière chronologique, avec des robes allant de 1815 à 1915, les présentations viennent largement de la collection de l'Institut du Costume. Deux tenues venues d'Écosse ont été prêtées par le Victoria and Albert Museum de Londres.

Le deuil américain était largement inspiré par l'Angleterre, qui elle-même suivait la Cour royale. Le deuil pouvait durer deux ans pour un mari, un an pour un parent, et six mois pour un frère ou soeur.

C'était aussi un siècle où le deuil était devenu plus à la mode, une marque d'élégance, la teinture noire étant coûteuse.

Rien à voir avec le deuil de nos jours.

«Je pense que pour notre génération, la mort est tellement discrète», explique Harold Koda, conservateur du Costume Institute.

«Nous vivons une époque où nous n'avons pas eu (...) une crise dans laquelle nous aurions perdu beaucoup des personnes que nous connaissons», souligne-t-il. «Cela ne s'est juste pas produit».

L'exposition dure jusqu'au 1er février.

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