• Accueil > 
  • Vivre > 
  • Mode 
  • > Tokyo mise sur sa mode masculine avant-gardiste 

Tokyo mise sur sa mode masculine avant-gardiste

Le défilé de l'exubérant DRESSCAMP et ses hommes... (Photo Koji Sasahara, AP)

Agrandir

Le défilé de l'exubérant DRESSCAMP et ses hommes portant shorts, capes et mi-bas.

Photo Koji Sasahara, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Anne-Laure MONDESERT
Agence France-Presse
TOKYO

Si en matière de défilés de mode Tokyo ne peut rivaliser avec Paris, où les créateurs japonais reconnus présentent leurs collections, la vibrante capitale nippone mise sur la mode masculine avant-gardiste de ses jeunes designers pour rester une pionnière du style en Asie.

Looks exubérants inspirés de l'univers du manga, du «kawaï» (symbolisé par le personnage enfantin de Hello Kitty), tenues traditionnelles ou avant-gardistes: Tokyo peut s'enorgueillir de l'inventivité de son style de rue, de ses magasins branchés et de la réputation mondiale de ses designers.

Mais depuis plusieurs décennies les Kenzo, Issey Miyake, Yohji Yamamoto, et autres Comme des Garçons, ont choisi les podiums parisiens pour présenter leurs collections. Des marques à succès plus récentes leur ont emboîté le pas, comme Sacai. Jusqu'au très conceptuel Anrealage et ses prouesses techniques d'impressions éphémères sur tissus, qui a fait ses premiers pas à Paris en septembre.

Logique, car la Semaine de la mode parisienne leur offre bien plus de visibilité auprès des acheteurs et de la presse mondiale, qui se focalise sur quatre grands rendez-vous: New York, Londres, Milan et Paris.

«C'est dommage», juge Anna Dello Russo, une journaliste italienne de mode travaillant pour l'édition japonaise de Vogue, figure incontournable des Fashion Weeks. «Cette ville est tellement fascinante. J'aimerais voir ici à Tokyo les défilés de tous les designers japonais qui montent», dit-elle à l'AFP, avant le défilé de l'exubérant DRESSCAMP et ses hommes portant shorts, capes et mi-bas.

Pour les organisateurs de la Fashion Week de Tokyo, lancée il y a dix ans, le choix des Japonais de défiler à l'étranger n'est pas un problème. «C'est même une bonne chose, que les designers se préparent ici et aillent ensuite à Paris pour atteindre un marché mondial. Nous les encourageons à le faire», assure Akiko Shinoda, chargée des affaires internationales dans l'organisation de la Fashion Week japonaise.

Au total, une cinquantaine de créateurs, pour la quasi-totalité japonais, présentent leurs collections hommes et femmes lors de cet événement tokyoïte, qui met en avant la grande créativité de sa mode masculine et veut être un tremplin pour les jeunes designers.

«Notre mode homme est l'une des meilleures au monde», affirme Akiko Shinoda, comparant la Fashion Week de Tokyo à celle de Londres. «Ils ont beaucoup de jeunes designers, peu connus, mais très avant-gardistes, et sont très bons en mode masculine, comme nous».

Concurrence régionale croissante

Dans la région, la concurrence s'aiguise avec d'autres Fashion Weeks asiatiques, à Shanghai et Séoul par exemple. «Pour l'instant Tokyo est au top, mais nous devons faire attention», dit encore l'organisatrice, soulignant que les pays voisins investissent «beaucoup d'argent pour développer leurs Fashion Weeks».

Yu Amatsu, créateur japonais de 35 ans qui a conçu la nouvelle collection de Hanae Mori, présentée lors de cette Fashion Week, en plus de sa propre marque «A Degree Farhenheit», juge que le rendez-vous de Tokyo est «un rassemblement de brillants artisans».

«Mais le problème est que nous sommes parfois un peu renfermés, nous avons du mal à nous ouvrir sur le monde», regrette le jeune homme, qui comme la plupart des designers japonais, s'exprime très peu en anglais.

Face à une industrie du textile réputée, mais en proie à des difficultés depuis 1991, le gouvernement est soucieux de soutenir et mettre en avant les manufactures qui font la réputation des vêtements japonais.

Pour Géraldine Florin, acheteuse aux grands magasins français Les Galeries Lafayette, le «'made in Japan', que ce soit la maille, le coton, le jersey ou le denim» est synonyme de «très bonne qualité», mais «cela a une incidence sur le prix, évidemment».

«Cela positionne la mode japonaise en haut de gamme. C'est pour cela qu'on veut des produits d'autant plus créatifs et qui apportent quelque chose de différent, pour justifier ce prix», dit-elle.

La journaliste de mode japonaise Keiko Hirayama, juge aussi que l'avenir des designers japonais passe par leur «originalité», leur «vision» et leur savoir-faire dans la vente, dans un contexte économique plus difficile que pour la génération précédente. Mais elle est résolument optimiste: «Nous avons la tradition de la mode la plus longue en Asie, et les Japonais sont assez passionnés pour la faire perdurer».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer