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Le carré de soie Hermès, emblème du chic français

Du haut de ses 76 ans, il n'a pas pris un pli. Porté autour du cou, sur la tête... (PHOTO ERIC PIERMONT, AFP)

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PHOTO ERIC PIERMONT, AFP

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Audrey Kauffmann
Agence France-Presse
Paris

Du haut de ses 76 ans, il n'a pas pris un pli. Porté autour du cou, sur la tête et même en ceinture, le carré de soie Hermès est l'un des emblèmes du chic français et le fruit d'une fabrication artisanale fidèle à la tradition de la soie lyonnaise.

À l'origine, il y a des papillons. «Un couple de papillons, c'est un carré de soie», lance Kamel Hamadou, responsable de la communication de la holding textile de Hermès (HTH). «Un papillon, c'est 300 oeufs qui donnent 300 vers à soie, donc 300 cocons et 450 kilomètres de fil», dit-il en faisant pivoter entre ses doigts un cocon oblong de quelques centimètres.

À lui seul, un cocon peut procurer 1,5 km de filaments qui, une fois extraits, partent à la filature pour y être tordus, regroupés en une sorte de gros paquet de longs fils blancs, la flotte, puis «moulinés» -- une seule usine française mouline encore, en Ardèche --, tissés et enfin «décreusés», c'est-à-dire lavés au savon de Marseille pour rendre le tissu brillant, souple et soyeux.

Vient ensuite le temps de la gravure et de l'impression.

«Créer les couleurs, c'est de la cuisine: on fait bouillir la marmite», explique Kamel Hamadou. «Par exemple 22 g de jaune + 10 g de rouge + un litre de solvant + un peu d'eau bouillante. On arrête quand c'est all dente, au bout d'environ 7 minutes. Là, on y rajoute des gommes végétales pour faire épaissir».

À partir du dessin décomposé en différents calques sont conçus des sortes de pochoirs, un par couleur, fixés sur de grands cadres rectangulaires. Sur l'un d'eux, un artisan étale une épaisse pâte colorée. Le carré de soie est fixé en dessous, collé à une table. Clac! Un coup de racle plus tard, le rouge s'incruste dans la soie, remplissant les espaces libres du pochoir.

«On imprime couche par couche, du plus foncé au plus clair et du plus gros au plus petit», détaille M. Hamadou.

Au fil du temps, Hermès a créé 1500 dessins de carrés de soie. Le premier comptait 13 couleurs et le plus sophistiqué 46.

S'il est né en 1937, le carré de soie n'a toutefois pris son envol qu'après la guerre. «Mon grand-père Robert Dumas a alors pu trouver les partenaires qu'il fallait et, progressivement, c'est toute une filière que nous avons rachetée pour maîtriser le savoir-faire et le consolider», explique à l'AFP Guillaume de Seynes, directeur général du Pôle amont de Hermès.

Aujourd'hui, la production des carrés est répartie sur une trentaine de sites selon les étapes, indique Patrick Bonnefond, le directeur général de HTH.

Toute la fabrication a lieu en France, sauf pour le «roulotage», qui consiste à ourler le bord du carré et est réalisé à Madagascar depuis vingt ans, indique M. de Seynes, «pour des raisons de savoir-faire et aussi de prix».

Nul ne révèlera combien Hermès produit de carrés de soie chaque année ni combien il en vend dans ses 323 boutiques à travers le monde. Beaucoup, c'est sûr... La version classique, soit 90 cm x 90, coûte 320 euros. Des carrés plus petits ou plus grands existent.

La création ne s'arrête pas aux carrés. «Les écharpes et foulards mélangés cachemire et soie marchent très bien», souligne Patrick Bonnefond.

Mais comme pour la soie, l'approvisionnement en cachemire est une gageure. «Notre consommation en un an est l'équivalent d'un million de chèvres tondues», indique M. Bonnefond, qui va régulièrement en Mongolie «voir des chèvres» ou au Tibet «voir du yack».

Les ateliers Hermès produisent aussi de célèbres cravates et des écharpes pour hommes. Les premières ont moins le vent en poupe que les secondes, en plein boom.

Au total, l'activité Soie et Textiles représente 12% du chiffre d'affaires d'Hermès, soit 425 millions d'euros en 2012. Elle emploie 750 salariés. Sous-traitants inclus, c'est 2000 emplois, dit M. Bonnefond.

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