Des animaux au secours des sinistrés

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Durant leur formation, les sauveteurs doivent marcher 1,5 km avec leur chien sur leurs épaules.

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Michel Massouty et son chien Elliott sont prêts: en cas de séisme, de tsunami ou toute autre catastrophe naturelle, le binôme pourra être appelé à partir en mission de sauvetage ici comme à l'autre bout du monde.

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Des restes de repas sont placés devant Elliott, qui n'a pas le droit d'y toucher. Les chiens sont entraînés à résister aux tentations afin de rester concentrés sur leur mission : trouver des victimes encore vivantes.

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M. Massouty est le responsable depuis sept mois de la division Québec-Canada du Comité de secours internationaux (COSI), qui porte assistance aux populations au moment de catastrophes.

«Au Québec et au Canada, ce dont on a le plus besoin, c'est de la recherche en forêt, mais il s'avère qu'on est rarement sollicités. C'est lors du séisme en Haïti que j'ai vraiment pris conscience qu'on n'était pas assez formés pour ce type d'événement. Alors on a trouvé COSI en France, qui existe depuis 1985 [90 missions depuis sa création], et ils ont accepté de nous former pour les catastrophes naturelles à leurs frais depuis juillet 2010», explique-t-il.

L'équipe canine entièrement bénévole a pour but de trouver uniquement les victimes vivantes. Pour ce faire, ses membres suivent une formation en équipe homme/chien et recréent un environnement chaotique.

«On demande au maître-chien d'avoir un regard pointu sur son chien pour détecter tout ce qu'il dit avec son corps: un chien qui bouge la queue, donne des coups de tête dans l'air, jappe ou se couche là où il trouve une odeur», précise M. Massouty.

Formation

Toutes les races de chiens peuvent être formées au sauvetage dès l'âge de 4 ou 5 mois. L'ensemble de la formation se fait sur la base du jeu et dure environ deux ans.

Néanmoins, les chiens qui ont un nez assez long, comme les border collies, les bergers australiens, les bergers allemands, les labradors et les golden retrievers sont favorisés pour leur résistance et leur attachement à leur maître.

«On est dans un schéma de renforcement positif sur les atouts du chien. Il a des dispositions naturelles et c'est à nous d'embarquer dedans et de mettre des mots dessus. Le jour où j'ai vu mon chien ramasser quelque chose, j'ai mis un mot dessus et j'ai confirmé en le récompensant. Maintenant, quand je dis ramasse, il le fait!», lance Michel Massouty.

Un entraînement régulier et rigoureux est nécessaire puisqu'il faut passer chaque année un examen pour continuer à être sauveteur de manière locale ou internationale.

«L'examen est lié au binôme. Si on veut travailler avec un autre chien, il faut tout repasser. Il faut notamment être capable de porter son chien pendant 1,5 km sur les épaules pour simuler une situation où il serait blessé. Il faut aussi camper à la dure, faire de la récupération d'eau, etc.», dit-il.

Si la formation du chien est très importante, une foule de détails doivent aussi être pris en compte: papiers, vaccins, paquetage et les autres formalités doivent être à jour en tout temps.

«Faire du sauvetage quand on est bénévole, ce n'est pas juste avoir un chien, mais il faut aussi tout un équipement coûteux!», lance le responsable de COSI Québec/Canada.

Être attentif à son chien

Le chien sauveteur reçoit une formation complète, tout comme son maître, qui doit apprendre à connaître les atouts de son compagnon, mais aussi à le ménager pour optimiser les recherches.

«C'est un animal vivant qui a des besoins fondamentaux et physiologiques. Il ne faut jamais oublier de le réhydrater toutes les 20 minutes, sinon il va perdre 60% de ses formidables capacités olfactives: c'est l'humidité du mucus qui va donner l'information à la toison nasale», précise Michel Massouty.

«On doit raisonner chien et homme à la fois. La première chose que j'explique, c'est qu'il ne faut pas nourrir le chien avant l'entraînement: le sens olfactif est beaucoup plus développé quand le chien part à la chasse pour manger!», ajoute-t-il.

Toujours dans la même logique de maximiser les chances de retrouver d'éventuelles victimes, les chiens doivent faire de nombreux exercices comme rester couché devant leur nourriture sans y toucher. En cas de séisme, les denrées et les autres distractions sont nombreuses sur le terrain et le chien doit rester concentré sur le sauvetage.

Sur le terrain

Michel Massouty et son chien Elliott ont participé à la recherche de la petite Cédrika Provencher en 2007 lors de sa disparition.

«On a fait la vérification des maisons, des chalets, etc., mais à la fin de 10 mois de recherches qui se sont malheureusement avérées vaines, on a dû recommencer avec un programme intensif de remotivation pour remettre Elliot et les autres chiens dans la logique de sauvetage en forêt pour les garder sur une expérience positive. Ça prend de l'humilité pour un maître-chien confirmé de retourner avec des élèves qui viennent de commencer une formation!», dit-il.

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