En Corée du Sud, la course à la 5G est lancée pour 2018

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Le PDG de KT Chang-Guy Hwang a promis «des changements spectaculaires».

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Erwan LUCAS
Agence France-Presse
Barcelone

La volonté est affichée en grand sur le stand de l'opérateur sudcoréen KT au Mobile World Congress (MWC) de Barcelone, grand-messe des télécoms: dès 2018 pour les JO d'hiver de PyeongChang, la Corée du Sud sera le premier pays à déployer de la 5G.

La «5G», ou cinquième génération de technologie mobile, est le terme générique qui désigne un ensemble de technologies - de radio et de logiciels associés - qui permettra la transmission d'informations en quantité et qualité sans précédent, tant pour les machines que pour les humains.

La 5G fascine. Ainsi, en ouvrant le Congrès le roi d'Espagne Felipe VI a évoqué la «révolution dans nos vies et l'économie» qu'elle amènera.

Et lundi, le PDG de KT Chang-Guy Hwang a promis «des changements spectaculaires».

La commercialisation ne devrait débuter qu'en 2020 et le monde continue à négocier pour tenter d'harmoniser normes et fréquences permettant l'exploitation de la 5G.

Mais la Corée du Sud promet son arrivée dès l'an prochain, espérant profiter des Jeux olympiques pour étaler tout son savoir-faire.

«Nous allons mettre en place de nouveaux services qui ne seraient pas possibles avec les technologies radio actuelles et qui nous permettront d'avoir du haut débit mobile augmenté», détaille notamment un porte-parole de KT.

Si l'opérateur national ne parle que de test, celui-ci présentera la particularité de se faire sur une échelle inédite, qui lui donnera l'allure d'un déploiement réel.

Tous les visiteurs du site olympique seront potentiellement concernés soit plusieurs centaines de milliers de personnes qui auront ainsi accès à des contenus améliorés en très haute définition ou encore en réalité virtuelle.

«Les opérateurs voient dans la 5G un élément différenciant, particulièrement sur les marchés sur lesquels la 4G est omniprésente», comme en Corée du Sud, couverte à 100 %, explique Dexter Thillien, analyste sur l'industrie télécom pour le cabinet BMI.

Les industriels de la péninsule également y voient une opportunité, car en partant plus tôt que leurs concurrents, ils peuvent démontrer leur savoir-faire en matière de construction de réseau (les autoroutes par où circule l'information), essentiel pour ensuite remporter les marchés.

Par exemple, le sud-coréen Samsung, qui «parie depuis plusieurs années sur le développement des bandes millimétriques», en quelque sorte des super autoroutes qu'ils espèrent employer lors des JO, détaille ainsi Frédéric Pujol, responsable du pôle technologie radio et spectre à l'Idate, un centre de recherches spécialisé dans l'économie numérique.

Ces bandes permettront de véhiculer l'immense quantité de données qui sera émise grâce à la 5G.

Mais dans la course de vitesse qui s'engage, la Corée du Sud pourrait se faire griller la politesse.

«On va assister à des déploiements de 5G assez significatifs aux États-Unis, avec les premiers services commerciaux qui pourraient même être disponibles dès la fin de l'année», rappelle ainsi Frédéric Pujol.

Une offre qui serait avant tout centrée sur le développement de services nécessitant un niveau de débit très élevé comme la télévision 4K, offrant une image en ultra haute définition quatre fois plus fine que la HD, ainsi que la réalité virtuelle ou augmentée.

Mais pas forcément besoin pour cela de faire appel aux futurs standards de la 5G, selon divers experts, qui soulignent qu'une simple augmentation du débit sur la 4G actuelle peut suffire.

C'est d'ailleurs cette option qui sera mise en place en Corée du Sud, envisage Dexter Thillien.

Selon lui, «il s'agira avant tout de préstandards 5G, que l'on appellera LTE-avancée ou 4.5G. C'est avant tout un coup marketing, pour dire qu'ils sont le premier».

M. Pujol estime au contraire que les Sud-Coréens auront bien opéré une révolution en modifiant en profondeur les réseaux, qui seront en partie gérés depuis le «cloud» et plus depuis des ordinateurs physiques.

Pour les pays comme la Corée du Sud qui se voudront précurseurs, cependant, le risque est de voir les normes ou les fréquences utilisées ne pas être celles qui seront retenues au final par les autres, au niveau mondial.

«Nous savons par exemple que le spectre de fréquences qui sera employé en Corée du Sud (permettant la transmission de données, NDLR) n'est pas disponible en Europe, mais le sera aux États-Unis», insiste M. Thillien.

«Les acteurs les plus avancés vont chercher à imposer leurs standards», selon Frédéric Pujol.

Une course que la Corée du Sud, pays du tout connecté, ne veut donc surtout pas perdre.




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