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Google a accordé plus de 20 millions aux médias français en 2013

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Les éditeurs français réclamaient à Google des droits sur les bénéfices publicitaires réalisés en référençant leurs titres, et Google menaçait de ne plus les référencer.

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Agence France-Presse
PARIS

Google, via son nouveau fonds pour l'innovation numérique de la presse, a accordé en 2013 quelque 16 millions d'euros (environ 24 millions de dollars) à 23 médias français, en tête desquels figurent Le Nouvel ObservateurL'ExpressLe Figaro et Le Monde, dotés de près de 2 millions chacun, selon le bilan du fonds publié jeudi.

À travers ce fonds, créé par Google pour apaiser la presse française qui lui réclamait des droits au titre du référencement, Google a financé l'an dernier 23 éditeurs, allant des plus gros journaux à des titres comme Charlie Hebdo, Alternatives économiques ou Jeune Afrique. Il finance jusqu'à 60% d'un projet.

Ce fonds, cogéré par les éditeurs de presse et Google, a surtout aidé les projets des quotidiens (11 projets), des sites «pure players» (5) et des news magazines (3). Le directeur du fonds, Ludovic Blecher, s'est «félicité de la diversité des éditeurs retenus, venant de toutes les familles de la presse».

Le Nouvel Observateur, le mieux loti, a reçu 2 millions d'euros pour créer QuotidienObs, une édition numérique quotidienne. Le groupe Express-Roularta a obtenu 1,97 million pour une plateforme d'analyse de ses données utilisateurs, la clé pour mieux cibler ses offres commerciales. Le Figaro a reçu 1,8 million d'euros pour renforcer son site vidéo Figaro.tv, qui veut monter en puissance jusqu'à plus de 100 vidéos par  jour, et Le Monde 1,8 million pour une future édition du matin pour mobiles.

Ouest-France s'est vu accorder 1,4 million d'euros pour lancer deux éditions en ligne par jour, La Voix du Nord 840 000 euros pour créer 1524 portails hyperlocaux payants, La Croix 835 000 euros pour l'analyse de son audience et le site Slate 758 000 euros pour un service d'analyse des conversations numériques.

Viennent ensuite Sud Ouest (700 000 euros pour développer des abonnement multi-supports), Libération (649 000 euros pour une édition numérique du soir et des ebooks à la demande), Le Télégramme (640 000 euros pour créer une offre payante d'informations locales) et Les Échos (588 000 euros pour une application mobile de veille économique pour les entreprises).

Doté de 60 millions sur trois ans, ce fonds est né d'un accord entre Google et l'Association de la presse d'information politique et générale (AIPG) début 2013.

Les éditeurs français réclamaient à Google des droits sur les bénéfices publicitaires réalisés en référençant leurs titres, et Google menaçait de ne plus les référencer. L'État français était intervenu, enjoignant Google de trouver un accord avec la presse française, faute de quoi une loi serait votée.

D'autres titres plus diversifiés sont également aidés, comme la revue Alternatives économiques, qui reçoit 457 000 euros pour une créer une édition numérique, le site d'analyse politique Contexte (441 000 euros pour créer un modèle payant), le quotidien gratuit 20 Minutes (267 000 pour développer du «native advertising», forme moderne du publi-reportage), le site Rue89 (240 000 euros pour un cours en ligne sur le journalisme  numérique) et la chaîne d'info BFMTV (261 000 euros pour créer une plateforme «sociale» d'information politique).

Enfin La Montagne récolte 191 000 euros pour de l'affichage dynamique autour de l'information  locale, Le Parisien 144 000 euros pour du data  journalisme, Jeune Afrique 150 000 euros pour une plateforme de revente de contenus sur  l'Afrique, le site Marsactu 131 000 euros pour une lettre en ligne sur l'économie à Marseille, le mensuel satirique Charlie Hebdo 53 000 euros pour une appli dédiée aux caricatures d'actualité et le site Économie Matin 29 000 euros pour de nouvelles interfaces.

L'éventail des projets illustre la diversité des pistes des journaux pour trouver de nouveaux modèles : développement du payant, data journalisme, déclinaison vidéo, native advertising, parutions accélérées, analyse des données, éditions personnalisées ou ultralocales, nouvelles écritures pour mobiles.




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