Les mots de passe se cherchent des remplaçants

En Allemagne, «passwort» et «123456» sont les mots... (PHOTO FABRIZIO BENSCH, REUTERS)

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En Allemagne, «passwort» et «123456» sont les mots de passe les plus fréquemment utilisés, rappelle le porte-parole du salon de la high-tech de Hanovre.

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Marie JULIEN
Agence France-Presse
HANOVRE

Les mots de passe sont trop. Trop nombreux, trop compliqués ou trop peu sûrs. Au salon géant de la high-tech de Hanovre, plusieurs sociétés proposent des alternatives pour s'identifier sur son téléphone et ordinateur.

«Les mots de passe, cela ne marche pas aujourd'hui dans la vraie vie. Leur temps est compté», prophétise Steven Hope, directeur de la société Winfrasoft, sur le stand aux couleurs de l'Union Jack, le Royaume-Uni étant le pays invité de cette édition 2014 du Cebit, qui se déroule jusqu'à vendredi.

«Ils se font toujours pirater et chaque personne a 20, 30 ou 60 mots de passe, tous différents. Personne ne s'en souvient», ajoute-t-il.

Résultat, on finit par les noter quelque part, ce qui ferait bondir tout expert informatique. Sans parler du fait que les usagers font preuve de peu d'imagination, comme en Allemagne où «passwort» et «123456» sont les mots de passe les plus fréquemment utilisés, rappelle Hartwig von Sass, porte-parole du salon.

Pour contourner le problème, Winfrasoft, créée en 2005 et installée à l'ouest de Londres, propose une application se basant sur un motif et un cadran à quatre couleurs rempli de chiffres, s'apparentant à une grille de Sudoku, dont les numéros changent chaque minute.

Le propriétaire du téléphone définit, en choisissant six cases, un motif sur le cadran. Par exemple, les trois cases rouges du haut, deux vertes au centre et la jaune en bas à droite. Pour déverrouiller l'appareil, il faut taper sur le clavier (non sur le cadran) les six chiffres correspondant au motif, au moment présent.

«Il n'y a aucun moyen que quelqu'un voie quels chiffres vous êtes en train de regarder» sur le cadran et donc devine le motif, explique M. Hope, assurant que plusieurs milliards de combinaisons sont possibles avec cette application disponible pour les systèmes Apple, Windows ou Google.

Pas une alternative totale 

Alors que les révélations sur les écoutes de l'agence américaine de sécurité NSA ont mis plus que jamais sous le feu des projecteurs la sécurité des données informatiques, le créneau de l'authentification biométrique est aussi porteur.

Apple a déjà équipé sa dernière génération d'iPhone d'un lecteur d'empreinte digitale pour accroître la sécurité du téléphone intelligent. Rapidement, un groupe de hackers européens, le Chaos Computer Club basé en Allemagne, a montré que ce système aussi était piratable, au moyen d'une fausse empreinte en latex, ce qui n'est quand même pas à la portée du premier venu.

Fujitsu a étendu la technique à la paume de la main, dont le système veineux est propre à chaque être humain. Sur son stand du Cebit, le japonais fait la démonstration de sa technologie PalmSecure sur son nouvel ordinateur portable ultra-fin Lifebook U904 intégrant un petit capteur.

Le Suisse KeyLemon a lui mis au point une méthode de reconnaissance faciale. Via une webcam, l'ordinateur enregistre différents points du visage, «les yeux, les sourcils, la forme du nez, des pommettes, du menton etc.», explique un porte-parole de la société. La personne enregistrée n'a ensuite plus qu'à se placer devant l'écran pour être reconnue et que l'accès lui soit accordé.

Ce système, déjà utilisé par quelque 3 millions de personnes, présente encore des limites puisqu'il faut notamment penser à retirer ses lunettes ou à allumer la lumière.

«La reconnaissance faciale, tout comme celle des empreintes constituent des sécurités supplémentaires», davantage qu'une alternative totale aux mots de passe, estime le porte-parole de KeyLemon.

Ses potentiels de développement restent encore importants. Ainsi, les étudiants de l'institut d'ingénierie Hasso Plattner, rattaché à l'université allemande de Potsdam (est), ont développé un mode d'authentification permanent, l'empreinte de l'utilisateur d'un écran tactile n'étant pas vérifiée uniquement au moment d'ouvrir la session, mais à chaque fois qu'il touche l'écran. Leur projet Fiberio a reçu un prix de l'innovation au Cebit.




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