Google mise à fond sur l'intelligence artificielle

Erik Kay, un ingénieur de Google.... (PHOTO STEPHEN LAM, REUTERS)

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Erik Kay, un ingénieur de Google.

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Sophie Estienne
Agence France-Presse
Mountain View

Comme beaucoup de grands acteurs du secteur technologique, Google met le paquet sur l'intelligence artificielle, pour laquelle il envisage un champ d'applications toujours plus large, à commencer par de nouveaux produits dévoilés mercredi.

Le géant internet américain (filiale du groupe Alphabet) a donné le coup d'envoi de sa conférence annuelle pour les développeurs (I/O) à Mountain View en Californie, en dévoilant un nouvel appareil connecté pour la maison, Google Home, et une application de messagerie, Allo. Ils ont pour point commun d'être rendus plus «intelligents» par l'intégration d'un assistant virtuel («Google assistant») nourri d'intelligence artificielle et capable d'apprendre au fur et à mesure qu'on l'utilise.

Google Home se positionne comme un concurrent pour Echo, un appareil qu'Amazon avait lancé fin 2014 et qui combine une enceinte et un assistant personnel à commande vocale, capable de répondre à des questions ou de contrôler des objets connectés dans la maison.

Echo a l'aspect d'un cylindre noir vertical. Google Home a également une forme assez cylindrique, mais l'utilisateur peut choisir la couleur de sa base arrondie pour l'assortir à son intérieur.

Comme Echo, Google Home a vocation à devenir «un centre de contrôle pour toute votre maison», a assuré Mario Queiroz, un vice-président de Google. Il peut jouer de la musique, y compris en simultané dans plusieurs pièces, contrôler des objets connectés pour éteindre ou allumer la lumière...

L'intégration de Google assistant lui permet en outre de dialoguer avec l'utilisateur, avec une éventuelle extension de ces interactions dans le monde réel. On peut lui demander de vérifier un itinéraire de voyage, ce qui lui permet de vous signaler que le vol est retardé; puis lui demander en conséquence de changer l'heure de la réservation pour le dîner après l'atterrissage.

Google assure qu'on peut même l'interroger sur absolument n'importe quoi: l'assistant virtuel intègre son moteur de recherche, ainsi que des années de développement de technologies d'intelligence artificielle, et peut donc «répondre à des questions difficiles à gérer pour d'autres assistants», selon Mario Queiroz.

Pour Patrick Moorhead, analyste chez Moor Insight and Strategy, Google Home «pourrait réduire énormément le potentiel de ventes pour Echo», car la qualité de la technologie d'intelligence virtuelle risque d'avoir un effet déterminant, et «Google gagnera probablement face à Amazon».

Promesses

Les mêmes technologies d'intelligence artificielle sont également intégrées à l'application Allo, lui permettant d'aller plus loin que l'échange classique de texte ou de photos des nombreux services déjà sur le marché.

Cela permet de suggérer à l'utilisateur plusieurs réponses possibles pour le dernier message reçu, sur lesquelles il n'y a qu'à taper pour accepter ou pas une invitation à dîner, mais aussi commenter des photos, avec des propositions du genre «miam des palourdes» suite à une image d'un plat avec cet ingrédient.

«Ceci est seulement possible parce que nous avons marié notre force dans la reconnaissance visuelle et dans la compréhension du langage naturel par l'ordinateur», a commenté Erik Kay, un ingénieur de Google.

Plutôt qu'avec un interlocuteur réel, Allo peut aussi permettre de dialoguer avec Google assistant, et dispose en outre d'un mode «incognito» à sécurité renforcée, où les messages sont cryptés ou peuvent se voir fixer une date d'expiration par exemple.

Le patron de Google, Sundar Pichai, s'est enthousiasmé des progrès faits en matière d'intelligence artificielle et d'apprentissage par l'ordinateur, grâce auxquels «des choses qu'on pensait auparavant impossibles pourraient en fait être possibles».

Il a évoqué des systèmes informatiques capables de reconnaître ce qu'ils «voient» et de s'améliorer au fil du temps utilisés pour détecter des cancers. «C'est encore tôt (...), mais on peut voir les promesses de l'utilisation de machines qui apprennent», a-t-il noté.

Et d'appeler à imaginer «ce que les meilleurs chercheurs sur le changement climatique ou enseignants pourraient faire avec la puissance de l'intelligence artificielle pour les assister».

Facebook teste déjà lui aussi depuis l'année dernière l'intégration d'un assistant virtuel («M») à son service de messagerie Messenger, mais seulement un nombre limité d'utilisateurs de Messenger ont déjà pu l'essayer.

Microsoft, qui a aussi un assistant virtuel, Cortana, a également beaucoup parlé d'intelligence artificielle lors de sa propre conférence de développeurs il y a quelques semaines.

«Jusqu'ici, les grands acteurs -Microsoft et Facebook- font de grandes promesses. Maintenant Google arrive et dit qu'il peut le faire», juge toutefois Danny Sullivan, fondateur du site spécialisé Search Engine Land.




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