Intelligence artificielle: au tour de Microsoft de miser sur Montréal

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Après Google, c'est au tour de Microsoft de débarquer à Montréal avec un investissement en intelligence artificielle.

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L'effervescence qui entoure Montréal dans le secteur de l'intelligence artificielle se confirme. Le géant Microsoft annoncera aujourd'hui la création d'un fonds de capital de risque entièrement voué à l'intelligence artificielle. Et le tout premier investissement de ce fonds sera fait à Montréal, dans la plateforme Element AI, lancée il y a à peine un mois et demi.

Cette nouvelle survient trois semaines après l'annonce par Google de la création d'une division d'intelligence artificielle dans la métropole québécoise. Google avait aussi annoncé une subvention de 4,5 millions à la recherche universitaire du secteur à Montréal.

« En faisant son premier investissement dans le domaine ici, à Montréal, je pense que Microsoft envoie le signal que nous sommes vraiment un endroit de choix pour l'intelligence artificielle dans le monde », a dit à La Presse Jean-François Gagné, cofondateur et PDG d'Element AI.

Le montant de l'investissement de Microsoft n'a pas été dévoilé.

Element AI, qui se définit comme une « usine à start-up », a été créée par les entrepreneurs Jean-François Gagné et Nicolas Chapados, le chercheur montréalais de renommée mondiale Yoshua Bengio et l'investisseur Jean-Sébastien Cournoyer, du fonds de capital de risque montréalais Montreal Ventures. Son objectif : créer des solutions basées sur l'intelligence artificielle pour aider les grandes entreprises à être plus performantes. Le groupe souhaite ensuite lancer des entreprises autour des produits développés afin de les commercialiser à plus grande échelle.

C'est Microsoft Ventures, le bras de capital de risque du géant de Seattle, qui investit dans Element AI. Il se retrouvera donc à avoir des parts dans les entreprises qui, si tout va bien, émergeront de cette plateforme assez unique. Element AI dit vouloir lancer des dizaines d'entreprises et créer des centaines d'emplois à Montréal.

« Pour nous, l'investissement de Microsoft est plus que de l'argent. Il fournit une validation de notre équipe et de notre modèle, et nous donne un accès privilégié à leurs plateformes de calcul, leurs centres de recherche et leurs clients. Ça nous fait faire un bond en avant sur plusieurs fronts. » - Jean-François Gagné, cofondateur et PDG d'Element AI

Selon M. Gagné, d'autres investisseurs se joindront bientôt à la ronde de financement à laquelle Microsoft vient de participer. L'entrepreneur affirme aussi s'être fait contacter par environ 80 entreprises de grande taille qui cherchent des solutions en intelligence artificielle depuis le lancement d'Element AI, il y a six semaines.

« C'est incroyable comme ça décolle vite. On pense être 40 employés d'ici février et on prévoit lancer nos premières entreprises dès le début de l'année prochaine », dit le jeune entrepreneur.

GOOGLE VU D'UN BON OEIL

Element AI dit ne pas voir d'un mauvais oeil l'arrivée de Google à Montréal. Fait intéressant, Google avait annoncé en novembre qu'il financerait les travaux de huit chercheurs en intelligence artificielle. Parmi ceux-ci se trouve Yoshua Bengio, qui est l'un des cofondateurs d'Element AI. Le professeur Bengio est considéré comme l'un des trois plus grands experts mondiaux en apprentissage profond, une branche particulièrement en vogue de l'intelligence artificielle.

« On voit vraiment Google comme "coopétiteur" plutôt qu'un compétiteur. Son arrivée donne beaucoup de crédibilité à l'écosystème et on voit déjà que ça aide à attirer les talents. Parce qu'on ne parle plus seulement de retenir les cerveaux à Montréal, mais bien d'attirer les meilleurs au monde », dit Jean-François Gagné.

La division d'intelligence artificielle de Google sera d'ailleurs dirigée par Hugo Larochelle, un Québécois qui revient au bercail après avoir travaillé pour Twitter.

L'intelligence artificielle est déjà présente dans nos vies, notamment quand Netflix nous propose des choix de film ou que l'application Siri de notre iPhone tente de comprendre nos instructions vocales. Mais Element AI fait le pari qu'elle est appelée à transformer plusieurs autres secteurs, des banques qui veulent détecter la fraude aux compagnies aériennes qui cherchent à gérer leurs horaires, en passant par l'automatisation des usines, la gestion des centres d'appel et les fameuses voitures qui se conduisent seules.

LES ANNONCES RÉCENTES À MONTRÉAL EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

6 septembre 2016

Le gouvernement du Canada investit 93 millions dans IVADO, une initiative de l'Université de Montréal, de Polytechnique Montréal et de HEC Montréal qui vise à utiliser l'intelligence artificielle pour traiter de grands ensembles de données.

26 octobre 2016

Les Montréalais Jean-François Gagné, Nicolas Chapados, Yoshua Bengio et Jean-Sébastien Cournoyer créent Element AI, une plateforme qui veut lancer des entreprises dans le domaine de l'intelligence artificielle.

21 novembre 2016

Google annonce la création à Montréal d'une division d'intelligence artificielle et octroie une subvention de 4,5 millions pour y soutenir les travaux de huit chercheurs universitaires.

12 décembre 2016

Microsoft Ventures annonce le premier investissement de son nouveau fonds voué à l'intelligence artificielle dans la plateforme montréalaise Element AI.




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