• Accueil > 
  • Techno 
  • > Le retour réussi des mythiques platines vinyle Technics 

Le retour réussi des mythiques platines vinyle Technics

La résurrection des SL-1200, reconnaissables à leur couleur... (AFP)

Agrandir

La résurrection des SL-1200, reconnaissables à leur couleur argentée, leur bouton rectangulaire start/stop, leur curseur «pitch» ou leur lumière stroboscopique, est l'oeuvre de Michiko Ogawa, une pianiste de jazz qui a plus d'une corde à son piano, dont celle de directrice de Technics.

AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Karyn NISHIMURA-POUPEE
Agence France-Presse
UTSUNOMIYA

Mythique série choyée des DJ du monde, les platines vinyle SL-1200 Technics sont de retour, prouvant un regain d'intérêt pour la haute-fidélité audio, à rebours de la pourtant récente tendance MP3.

«On les malmenait, mais elles tenaient le choc, les SL-1200», se souvient un ancien d'une radio libre de Bourgogne du milieu des années 1980.

La marque Technics sonne anglophone, mais elle est japonaise. Ces platines, fabriquées à partir de 1972 par Matsushita Electric Industrial (aujourd'hui Panasonic), se sont imposées dans tous les studios et discothèques avant de disparaître en 2010.

Interrompue quatre ans, victime de la déferlante MP3 qui a porté un coup dur aux CD (eux-mêmes tueurs des vinyles) et au matériel de lecture, Technics, marque née en 1965 également connue pour ses enceintes et amplificateurs, a repris vie en 2014.

«Nous avons eu nombre de demandes pour redonner vie à la gamme de platines», assure un des techniciens chargés de superviser la production de ces appareils dans une usine d'Utsunomiya, au nord de Tokyo.

Pour les nouvelles variantes, «il a fallu faire revenir des anciens qui avaient quitté la société afin qu'ils nous donnent les secrets», raconte-t-il.

Silencieusement, une équipe de techniciens d'élite gantés, masqués et coiffés d'un bonnet, s'appliquent, dans une salle blanche, à façonner le produit, avant de le transférer à un collègue qui l'inspecte sous toutes les coutures et fait disparaître la moindre trace, la moindre poussière.

En coulisses, une pianiste

La résurrection des SL-1200, reconnaissables à leur couleur argentée, leur bouton rectangulaire start/stop, leur curseur «pitch» ou leur lumière stroboscopique, est l'oeuvre de Michiko Ogawa, une pianiste de jazz qui a plus d'une corde à son piano, dont celle de directrice de Technics.

Son don: savoir transcrire en notions chiffrées les écarts entre un son émis et sa reproduction par un appareil électronique.

«J'ai grandi avec un papa qui, tous les jours, écoutait des disques de jazz, j'ai commencé le piano à l'âge de trois ans. Alors je voudrais que, non seulement des hommes entre deux âges, mais aussi des filles, des mamans, deviennent des mélomanes audiophiles, attachées à la qualité du matériel d'écoute», explique à l'AFP cette musicienne et ingénieur.

«Nous avons certes beaucoup de clients de 40-50 ans, qui reviennent au vinyle, mais aussi récemment des personnes d'une vingtaine d'années attirées par cette qualité et qui ont tout à découvrir», constate Satoshi Yamaya, patron de la boutique spécialisée Kikimimi Records de Tokyo.

Les rayons sont très fréquentés aussi chez Recofan et HMV Record, boutiques de vinyles du quartier jeune et branché de Shibuya.

Quant aux platines, outre Technics, on en trouve divers modèles moins légendaires signés Sony, Denon ou Teac.

Mixage de techniques

«Ce n'est pas de la nostalgie: c'est mixer des techniques d'aujourd'hui et d'hier pour tirer le meilleur de la qualité originelle», insiste Mme Ogawa.

«Le vinyle enregistre le signal sonore tel qu'il est produit, un niveau que n'égale pas le numérique, où le son est échantillonné (reproduit et extrapolé à partir d'échantillons)», rappelle-t-elle.

Les pros le savent: les illustres studios londoniens Abbey Road (The Beatles, enregistrements de La Callas remastérisés, etc.) se sont immédiatement dotés des nouvelles SL-1200.

Dans un monde où domine l'image (TV, écrans de téléphones), faire entendre et comprendre la profondeur d'un son tel qu'il est créé par un instrument, une voix dans toute son authenticité, est un défi, d'autant plus grand que toutes les conditions sont aujourd'hui réunies pour que la reproduction musicale soit infidèle: écoute en situation de mobilité dans un environnement bruyant, avec un téléphone et un casque ou, pire pour les audiomaniaques, des oreillettes sans fil.

Mais «la capacité des réseaux a été démultipliée au point de pouvoir désormais créer, transmettre et stocker des fichiers audio haute résolution (Hi-Res) non compressés», ce qui permet de conjuguer la commodité d'internet avec une qualité proche du son originel et d'inciter à redécouvrir les vinyles qui sont aussi des objets de collection», analyse Mme Ogawa, selon qui «la qualité audio est une chose qui ne se perçoit «que si elle se goûte, comme un aliment».

«Les 300 premiers exemplaires des nouvelles Sl-1200 pour le Japon ont été vendus en 30 minutes», se félicite-t-elle. D'où la décision d'en fabriquer plus et d'étendre encore la gamme dont le prix va jusqu'à 3500 euros.




publicité

publicité

Les plus populaires : Techno

Tous les plus populaires de la section Techno
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer