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CES: le «big bang» de l'intelligence artificielle

L'intelligence artificielle a fait des progrès fulgurants depuis... (Photo Rick Wilking, Reuters)

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L'intelligence artificielle a fait des progrès fulgurants depuis quelques années et ces derniers s'expriment de multiples façons. Sur la photo, le président et cofondateur de Nvidia, Jen-Hsun Huang.

Photo Rick Wilking, Reuters

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Jean-François Codère

Envoyé spécial

La Presse

(LAS VEGAS) L'action du fabricant de puces informatiques Nvidia a triplé en 2016, pour une raison qui est bien visible cette semaine au Consumer Electronics Show : l'intelligence artificielle s'infiltre partout.

Fondée en 1993, Nvidia était surtout connue dans l'univers du jeu vidéo, où ses processeurs graphiques ont permis de faire exploser la qualité visuelle. C'était jusqu'à tout récemment, quand les chercheurs en apprentissage profond, la branche la plus en vue de l'intelligence artificielle présentement, ont découvert le potentiel des processeurs graphiques.

« L'apprentissage profond avait un immense handicap, et c'était que la capacité de calcul nécessaire, la quantité de données qu'il était nécessaire de traiter, était absolument énorme », a raconté dans le discours d'ouverture officiel du CES le président et cofondateur de Nvidia, Jen-Hsun Huang.

« Et un jour, un jour, les chercheurs ont croisé le processeur graphique, que nous avons inventé, et le big bang de l'intelligence artificielle moderne est survenu. »

- Jen-Hsun Huang, président et cofondateur de Nvidia

À TOUTES LES SAUCES

Ces progrès fulgurants s'expriment maintenant de multiples façons. Dans la reconnaissance du langage, d'abord.

Dans une présentation sur les tendances de l'année 2017, l'économiste en chef et directeur de la recherche pour la Consumer Technology Association, Shawn DuBravac, rappelait cette semaine les progrès réalisés dans ce domaine. Le taux d'erreur y est ainsi passé de presque 100 % en 1995 à 23 % en 2013... puis à la parité avec l'être humain en 2016.

Cette amélioration rapide dans une période d'environ 30 mois « nous a fait passer de la théorie à la pratique, de "voici ce que je ferais si la reconnaissance vocale fonctionnait juste un peu mieux" à des produits innovants qui fonctionnent », dit-il.

Il prédit d'ailleurs que les ventes d'assistants personnels contrôlés par la voix, notamment ceux utilisant la technologie Alexa d'Amazon, vont doubler aux États-Unis en 2017. Le grand nombre de produits ayant annoncé une compatibilité avec Alexa à Las Vegas cette semaine tend à lui donner raison.

Ce n'est pas tout. Au cours des derniers mois, l'intelligence artificielle a aussi appris à jouer au célèbre jeu chinois Go, réputé très difficile, allant jusqu'à battre le champion du monde cette semaine. Elle a aussi appris à reconnaître les styles de peintres célèbres et à en extraire des filtres pouvant être appliqués à des photos, à identifier des visages avec un taux de succès comparable à l'humain, sans compter la conduite automobile, entre autres choses.

Au CES cette semaine, elle est utilisée à toutes les sauces, notamment par LG. Le géant coréen a annoncé qu'à compter de 2017, tous ses appareils électroménagers seraient équipés du WiFi. Dans la plupart des cas, ils pourront ainsi exploiter un système d'intelligence artificielle baptisé DeepThinQ pour apprendre à s'adapter à leur environnement et mieux faire leur travail. Les systèmes d'air conditionné, par exemple, pourront apprendre vos habitudes et se concentrer sur les pièces où vous vous trouvez normalement à certaines heures.

À QUAND LA CONDUITE AUTONOME ?

La conduite automobile autonome représente actuellement l'un des grands défis les plus en vue pour l'intelligence artificielle. Ce fut l'un des sujets les plus fréquents cette semaine et les avis diffèrent. Alors que la plupart des intervenants se montrent très optimistes, parlant parfois du sujet comme si c'était chose faite, le président de l'Institut de recherche de Toyota, Gill Pratt, s'est montré plus pessimiste lors de la conférence de presse de l'entreprise.

Selon lui, l'industrie automobile « n'est même pas près » de pouvoir lancer sur les routes des voitures autonomes de « niveau 5 », soit des véhicules qui ne nécessiteraient jamais d'intervention humaine, dans toutes les conditions routières ou environnementales normalement tolérables pour un humain.

Selon lui, la faible tolérance humaine pour des blessures ou des morts causées par une machine est en partie à blâmer. Ainsi, il ne serait pas acceptable pour lui que l'intelligence artificielle réussisse à un niveau comparable à celui de l'humain ni même deux fois mieux.

« La société tolère l'erreur humaine. Nous ne sommes que des humains. Mais nous attendons des machines qu'elles soient meilleures que nous. Accepterions-nous qu'il y ait 35 000 morts sur les routes américaines chaque année aux mains de machines, plutôt que d'humains ? »

- Gill Pratt, président de l'Institut de recherche de Toyota

« Nous ne croyons pas plausible que d'être aussi sécuritaire qu'un humain soit accepté comme standard. Et qu'arriverait-il si la machine était deux fois meilleure et que 17 500 vies étaient perdues sur les routes chaque année ? Accepterions-nous une telle autonomie ? Émotionnellement, nous ne le croyons pas. Historiquement, les humains n'ont montré pratiquement aucune tolérance pour la mort ou des blessures causées par des machines. »

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