Confiance, collectif, Lagerbäck: les raisons de craindre l'Islande

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L'Islande a causé une énorme surprise, lundi, en éliminant l'Angleterre en huitièmes de finale de l'Euro 2016.

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Emmanuel Barranguet, Corentin Dautreppe
Agence France-Presse
Nice

«Peut-être que nous pourrons faire encore un peu plus dans ce tournoi», a calmement averti l'ailier Jon Dadi Bodvarsson. Armés d'une confiance et d'un sens du collectif à toute épreuve, les Islandais ont humilié l'Angleterre et seront loin d'être des partenaires d'entraînement dimanche en quarts contre la France.

«Fierté islandaise»

«Les gens pensaient que nous aurions peur de l'Angleterre mais c'est juste du football, nous sommes onze contre onze. Personne ne pensait que l'Islande se qualifierait pour un grand tournoi et encore moins qu'elle irait si loin», a fanfaronné l'attaquant Johann Gudmundsson après avoir signé un des plus grands exploits de l'histoire de l'Euro.

Cette petite équipe que personne n'attendait à l'Euro, ni à ce niveau, a en effet une confiance impressionnante. «C'est ce qui nous a permis d'aller si loin, nous avons une sorte de fierté islandaise qui fait qu'on ne s'incline devant personne, cet esprit d'équipe nous aide beaucoup», avait confié Ragnar Sigurdsson, encore phénoménal en défense centrale face à l'Angleterre, après avoir éliminé l'Autriche.

«Quand je joue, je n'admire plus personne, j'essaie juste de les battre», avait-il encore déclaré, bravache, dans les couloirs du Stade de France. «Bien sûr, quand vous regardez à la télé un joueur comme Iniesta, vous appréciez de voir son talent, mais si je l'affronte, je m'en moque.» Il n'aura pas à le faire: le génie espagnol a été éliminé par l'autre équipe qui évolue... en équipe dans cet Euro, l'Italie.

Discipline collective

Le contraste face à l'Angleterre a été saisissant: l'Islande attaque et défend en équipe, avec un rôle clairement défini et assigné à chacun. Cette discipline tactique doit beaucoup au sélectionneur, le Suédois Lars Lagerbäck, qui raccrochera après la compétition après avoir fait des miracles avec cette équipe islandaise.

«Ce qui m'a le plus surpris, c'est que l'Islande a vraiment très bien joué», a d'ailleurs apprécié mardi le coach champion du monde allemand Joachim Löw. «Ils sont super bien organisés, ce qui est à mettre au crédit de leur entraîneur Lagerbäck qui avait déjà réussi à rendre la Suède très difficile à jouer. Ils ont une très, très bonne structure défensive. Et la façon dont ils ont attaqué avec audace et confiance en eux, c'était vraiment fort».

Il ne faut en effet pas faire de l'Islande une machine à défendre: «beaucoup de gens pensent que nous sommes juste une équipe ennuyeuse et défensive, mais en fait nous avons aussi la possession, nous avons de bons joueurs qui savent tenir le ballon», a prévenu Jon Dadi Bodvarsson. «Nous l'avons montré sur le second but», une action collective digne des meilleures équipes européennes, «et peut-être que nous pourrons faire encore un peu plus dans ce tournoi.»

Vie de groupe excellente

C'est un des grands clichés du football mais quand «le groupe vit bien», cela se ressent sur le terrain. «Il existe une grande amitié dans ce groupe, ils travaillent les uns pour les autres», avait expliqué à l'AFP le président de la fédération islandaise (KSI), Geir Thorsteinsson. «La plupart évoluent ensemble depuis les sélections de jeunes.»

Quand la star portugaise Cristiano Ronaldo, frustré par le match nul inaugural de son équipe contre les Islandais (1-1), a fustigé leur «petite mentalité», le tir de barrages ne s'est pas fait attendre. Surtout, alors que le capitaine islandais Aron Gunnarsson avait demandé à son homologue portugais s'ils pourraient échanger leur maillot à la fin du match, ce que Ronaldo n'a pas consenti, ses coéquipiers ont décidé de lui... en acheter un.

Lorsque la photo a fuité sur les réseaux sociaux, les médias ont demandé au capitaine à l'impressionnante barbe rousse où il avait trouvé ce maillot, il a répondu: «Je pensais que ce dossier était classé! Mes coéquipiers ont décidé de m'acheter un maillot de lui pour qu'on continue à rigoler avec cette histoire!»

Pas question pour autant de faire de ces joueurs de clubs de second ou troisième rang européen des rigolos. «C'est sans aucun doute le plus grand résultat de l'histoire du foot islandais», a encore réagi un autre défenseur au sommet, Kari Arnason, «on a choqué le monde». Choqueront-ils la France?

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