Impact: l'heure est critique, le ton monte

Nick De Santis, vice-président, relations internationales et développement... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Nick De Santis, vice-président, relations internationales et développement technique chez l'Impact

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L'heure est critique quand Joey Saputo, au lendemain d'une défaite sans gloire, fait publiquement part de son mécontentement par l'entremise d'une déclaration écrite. Elle est exceptionnelle quand on demande à Nick De Santis de prendre la parole au sein même du vestiaire.

Selon une source consultée par La Presse, le vice-président, relations internationales et développement technique, a haussé le ton pendant 10 minutes lors de la séance de dimanche matin. Dans un discours empreint d'émotions et qui « partait dans tous les sens », De Santis a notamment demandé aux joueurs de « se regarder dans le miroir » après la défaite de 3-2 contre Minnesota United FC.

Plusieurs piliers du vestiaire, dont Blerim Dzemaili, Nacho Piatti, Hassoun Camara ou Marco Donadel, ont ajouté leur voix au débat. Ils ont notamment souligné que chacun devait prendre ses responsabilités au sein du club. Ils ont également insisté sur le fait que la présente situation n'était pas seulement le résultat d'un mauvais mois de septembre et que bien des points avaient été échappés en début d'année.

Du même souffle, les joueurs ont rappelé que personne n'était contre Mauro Biello, vers qui les frustrations du public se cristallisent. Hier midi, l'entraîneur a d'ailleurs rappelé la nature même du sport. Quand une équipe va bien, les joueurs reçoivent la quasi-totalité des louanges. Quand une équipe va mal, c'est l'entraîneur qui est, en priorité, la cible du courroux populaire. Dans le contexte actuel et après la sortie de son président, Biello garde le cap.

« J'ai de la confiance en moi-même et en mes joueurs. Je dois faire ce qu'il faut pour aider cette équipe. C'est mon travail chaque jour. Ça fait deux ans et demi que je suis [à ce poste] et on a eu du succès avant. Maintenant, c'est une saison difficile avec ce groupe, mais on va se battre jusqu'à la fin et tout donner. Je suis comme ça, et c'est ce que je peux contrôler. »

Un écart de trop

Cela faisait des années que De Santis n'avait pas pris la parole dans le vestiaire de l'Impact. De son côté, Saputo a déjà utilisé diverses plateformes pour exprimer publiquement sa déception envers son équipe. Au printemps 2014, il s'était servi de son compte Twitter, délaissé depuis, pour promettre du changement après une énième humiliation à domicile. Dimanche, il a préconisé la patience, mais a tout de même promis d'« apporter les changements nécessaires pour atteindre [les] objectifs » de son plan quinquennal. À six matchs de la fin de la saison, l'Impact est en passe de manquer tous ses objectifs. Battu en finale du Championnat canadien, le onze montréalais va probablement manquer les séries éliminatoires pour la première fois en trois saisons.

Dans cette campagne décevante par rapport aux ambitions initiales, la défaite face au pauvre Minnesota a été l'écart de trop pour Saputo. Il l'a bien fait savoir lors d'une rencontre avec le personnel technique, dimanche. 

« Joey n'était pas content. C'est normal parce que c'était un match qu'on ne devait pas perdre et que l'on devait contrôler. À la fin, c'est son équipe, et il en veut plus de son équipe », a dit Mauro Biello.

Comme leur entraîneur, les joueurs n'ont pas été étonnés par le procédé choisi par Saputo. Entre les résultats et le contenu des dernières rencontres, le onze montréalais n'a pas atteint le niveau exigé par le contexte. Les quatre victoires consécutives, au mois d'août, auraient pu (dû ?) être une formidable rampe de lancement en vue de la dernière ligne droite de la saison. Les quatre défaites qui ont suivi, avec un ressort qui a semblé se briser avec la défaite contre le Fire de Chicago (1-0), entraînent plutôt leur lot de questions. L'heure n'est pas encore au bilan, mais pourquoi l'Impact n'est-il pas parvenu à passer à la vitesse supérieure ? Et pourquoi, malgré autant d'expérience en ses rangs, fait-il preuve d'une telle défaillance mentale à chaque obstacle ? De l'intérieur, les réponses restent, pour l'instant, floues.

« Dernièrement, on est clairement fragiles même si on a de bons joueurs et des joueurs désignés parmi l'élite de la ligue. Samedi, de la façon dont a débuté le match, tout le monde, moi inclus, pensions qu'on allait gagner 2 ou 3 à 0, a admis Patrice Bernier. On a pris un but et on a joué sur les talons. Il y a plusieurs facteurs, mais maintenant, on ne peut plus se poser trop de questions. Il faut penser vers l'avant et au match de [demain] à Toronto. »

« On a une très bonne équipe et une bonne organisation qui font en sorte qu'on avait pratiquement tous les ingrédients pour surfer sur la dynamique de l'an dernier », a poursuivi Hassoun Camara.

L'Impact affronte le Toronto FC, demain, avant de se rendre à Atlanta pour la première fois depuis l'époque de la deuxième division. Une rotation de l'effectif sera effectuée dans cette semaine de la toute dernière chance. Avec la défaite de samedi, les probabilités d'une participation en séries ont chuté à... 4 %, selon le site FiveThirtyEight.com, repris par la MLS.




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