Zoom sur les célébrations de l'Impact

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Que retiendra-t-on de la victoire de l'Impact dans l'arène des Red Bulls de New York lors de ces séries éliminatoires de 2016? Le doublé de Nacho Piatti? Certainement. Le penalty repoussé par Evan Bush? Assurément. Et pourquoi pas, ensuite, les célébrations d'après-match dans ce qui constitue une rare incursion dans la vie d'un vestiaire professionnel?

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et ont même été reprises par quelques sites étrangers. Après un bref haka, rituel mondialement popularisé par l'équipe de rugby de la Nouvelle-Zélande, les joueurs forment un cercle autour du préparateur mental, Antoine Guldner. «Y'en a qui ont des problèmes de dos», lance Patrice Bernier, espiègle, en regardant Didier Drogba, l'un des joueurs qui filment la scène de joie. Puis, tout ce beau monde se met à taper des mains sur des caisses en métal et à «zoomer». Vous ne connaissez pas le «zoom-zoom»? C'est normal puisque, à défaut d'y avoir été inventé, il se veut un rituel avant tout ancré dans la culture de l'Académie de l'Impact.

«C'est un ancien coéquipier, Nana Diderot, qui nous a montré ça après les victoires en Équipe du Québec, raconte Serge Dinkota, entraîneur de l'équipe des moins de 13 ans de l'Académie. Il avait une chanson différente à chaque fois, puis, un jour, il a zoomé. Selon lui, ça venait du club français de Saint-Étienne. L'année suivante, je l'ai instauré avec l'Académie de l'Impact et c'est devenu un rite et une tradition d'après-victoire. [...] J'ai quitté l'Académie en 2011, en tant que joueur, et quand je suis revenu comme entraîneur, trois ans plus tard, j'ai été surpris de voir que les plus jeunes connaissaient le zoom. J'ai repris ça avec les U13 et les U14 et même avec les U18, il y a deux ans.»

Le zoom est simple, festif, mais, surtout, peut être facilement entonné par les différentes nationalités que compose un vestiaire professionnel.

Il laisse également place à l'improvisation puisque Dinkota adapte les paroles en fonction des performances collectives et individuelles. Sur la vidéo mise en ligne par l'Impact, on peut voir Bernier s'avancer pour danser au milieu de ses partenaires. Dans les minutes qui ont suivi la qualification au New Jersey, on pouvait d'ailleurs entendre les célébrations montréalaises jusque dans la salle de conférence des Red Bulls.

«Dans la culture du haut niveau, on ne se permet pas toujours de célébrer et c'est normal. C'est quand même la normalité de gagner et il faut rester concentré après une victoire. C'est important de rester relativement constant parce que, au moins, tu peux mieux gérer la difficulté, modère Guldner. Mais on a la conviction, au club, que d'obtenir de grands succès sans les célébrer, ça ne sert à rien. C'est une citation un peu drôle, mais ne pas célébrer les grandes victoires, c'est comme jouer au foot sans ballon. Ça permet de se lâcher et c'est quand même pour avoir des émotions qu'on fait ce métier.»

Par l'intermédiaire du préparateur mental, les joueurs de l'équipe première montréalaise ont découvert cette célébration en Floride, au cours de la présaison. Hassoun Camara se rappelle une autre séance de «zoom-zoom», après une victoire obtenue face au Galaxy de Los Angeles, au mois de mai. «Sincèrement, on n'est pas l'équipe la plus expressive sur les célébrations, en fin de match. On arrive rapidement à passer à autre chose et à se concentrer sur le prochain objectif, explique l'arrière droit. En même temps, ça rapproche de marquer le coup, de se remémorer des instants comme ça, lors de grosses victoires, et de vivre ces moments de communion.»

«Nos meilleurs moments ensemble»

En MLS, il est difficile de trouver un vestiaire plus international que celui de l'Impact. En tout, 12 nationalités se côtoient dans une mosaïque de cultures rassemblées autour d'un objectif commun. Depuis plusieurs semaines, de nombreux joueurs s'évertuent même à dire que ce vestiaire a l'unité nécessaire pour franchir les obstacles de l'automne.

«C'est dur d'expliquer ce qu'on ressent du vestiaire et de mettre ça en confrontation avec ce qui est dit dans les journaux. J'avais l'impression de me battre, à chaque intervention, pour dire que le vestiaire va très bien et qu'on vit peut-être nos meilleurs moments ensemble, assure Camara. C'est bien que cette vidéo montre ce qui se passe dans le vestiaire, mais on n'a pas attendu ce match pour vivre nos meilleurs moments. Ça fait deux ou trois mois qu'on est comme des enfants, dans le vestiaire, et qu'on est contents de se retrouver pour travailler ensemble.»

Et parfois, donc, pour festoyer et danser ensemble. Les meilleurs à ce petit jeu-là? Ambroise Oyongo et Drogba. Les moins doués? «Y'en a pas mal, en fait», rigole Camara, qui ne lâche finalement de noms.

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