Gianni Infantino élu président de la FIFA

Le nouveau président de la FIFA, Gianni Infantino.... (Photo Fabrice Coffrini, AFP)

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Le nouveau président de la FIFA, Gianni Infantino.

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Éric Bernaudeau, Diego Reinares
Agence France-Presse
Zurich

Gianni Infantino est le nouveau patron du soccer mondial: le numéro 2 de l'UEFA a succédé vendredi à Joseph Blatter pour devenir le neuvième président de la FIFA et aura la lourde tâche de restaurer l'image de l'institution, ravagée par les scandales de corruption et cernée par la justice.

Le juriste italo-suisse de 45 ans, jusque-là secrétaire général de la Confédération européenne, l'a emporté au deuxième tour avec 115 voix en devançant l'autre grand favori de l'élection, le Cheikh bahreini Salman, président de la Confédération asiatique (88 voix), le prince jordanien Ali, unique concurrent de «Sepp» Blatter en 2015 (4), et le Français Jérôme Champagne (0).

Infantino avait déjà basculé en tête au premier tour en recueillant 88 voix, juste devant le Cheikh Salman (85), les deux autres postulants étant loin derrière.

Peu avant le début du scrutin, le Sud-Africain Tokyo Sexwale, ex-militant anti-apartheid aux côtés de Nelson Mandela, dont les chances étaient quasi nulles, avait annoncé qu'il abandonnait la bataille pour se mettre «au service du futur président».

Les reports de voix entre le premier et le deuxième tour ont donc largement bénéficié à Infantino alors que le Cheikh Salman pensait compter sur le soutien officiel de la Confédération africaine, habituelle juge de paix de l'élection à la FIFA et disposant du plus gros réservoir de voix au Congrès.

Trajectoire météorique

Très ému, l'ancien bras droit de Michel Platini à l'UEFA a d'emblée placé son mandat de quatre ans sous le signe de la «restauration de l'image de la FIFA», minée par les affaires.

«Tout le monde doit être fier de la FIFA», a-t-il insisté à la tribune en anglais et en français, se félicitant de ce «grand signe de démocratie».

«Je veux travailler avec vous tous, pour instaurer une nouvelle ère à la FIFA où l'on puisse de nouveau mettre le foot au centre du jeu. La FIFA a traversé des moments tristes, une crise, mais c'est derrière nous, nous devons aller de l'avant et appliquer les principes de bonne gouvernance», a-t-il également déclaré.

Il est vrai que la tâche qui l'attend s'annonce herculéenne: il s'agit de redorer le blason auprès du grand public et des commanditaires d'une organisation qui traverse la plus grave crise de son histoire.

Et son poste sera exposé. Aura-t-il à gérer les suites de nouvelles poursuites judiciaires? Cette éventualité est dans toutes les têtes.

L'étiquette d'Européen et de technocrate siglé UEFA ne l'a en tout cas pas empêché d'arriver au sommet du soccer mondial. Sa trajectoire a été météorique. Secrétaire général de l'UEFA depuis 2009, Infantino a longtemps navigué dans l'ombre de son patron, Michel Platini, avant de devenir le candidat de substitution de l'Europe dès le début des ennuis de son mentor, suspendu huit ans par la FIFA avant de voir sa sanction réduite à six années.

Dès l'annonce de sa candidature, ce polyglotte s'est lancé dans un véritable tour du monde, se vantant même d'avoir l'appui de plusieurs pays africains.

Ironie du sort: alors qu'il est censé tourner la page des années Blatter, Infantino ne manque pas de points communs avec son prédécesseur. Il est né à Brigue, à 10 km du village natal de Blatter (Viège), il est également issu de l'administration et a lui aussi gagné sur des promesses d'aide au développement.

Dans son discours précédant le vote, il avait ainsi indiqué vouloir «redistribuer 25% des revenus de la FIFA aux fédérations», un argument qui a sans doute fait mouche.

«Environnement économique difficile»

Le Cheikh Salman a lui été peut-être victime des critiques récurrentes des ONG de défense des droits de l'Homme sur son rôle présumé dans la répression du soulèvement démocratique dans son pays en 2011. Une poignée de manifestants anti-Salman s'était même postée devant le Hallenstadion, centre des congrès de Zurich où la FIFA était réunie.

Une telle carte de visite aurait fait désordre au moment où l'instance mondiale tente de se refaire une virginité.

Sur le plan économique, Infantino va également devoir affronter un «environnement économique difficile», selon les termes employés par le secrétaire général intérimaire Markus Kattner. Malgré des réserves de 1,5 milliard de dollars, la FIFA est «en retard de 550 millions de dollars» sur ses objectifs financiers d'ici à 2018, a-t-il confié, maintenant tout de même «l'objectif de chiffre d'affaires de 5 milliards de dollars pour la période 2015-2018».

Selon une source proche de l'organisation, la FIFA devrait enregistrer en 2015 des pertes un peu supérieures à 100 millions de dollars.

Durant la matinée, le Congrès a également validé le train de réformes censé la remettre sur le droit chemin. Elles visent essentiellement à améliorer la gouvernance avec une limitation à 12 ans du cumul des mandats du président, à contrôler de l'intégrité des élus et à augmenter la transparence des rémunérations.

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