FIFA: Blatter réélu au milieu du chaos

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Joseph S. Blatter

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Graham Dunbar
Associated Press
Zurich

Sepp Blatter a été reconduit à la présidence de la FIFA à la suite de l'abandon d'Ali ben al-Hussein et malgré les enquêtes menées par les États-Unis et la Suisse concernant des allégations de corruption.

Le Suisse de 79 ans se voit ainsi confier un cinquième mandat à la présidence de la fédération internationale de soccer, frappée par le plus important scandale de ses 111 ans d'histoire, alors qu'al-Hussein avait pourtant promis de «faire le ménage».

«Je vous aime, j'aime mon travail, a déclaré Blatter. Je ne suis pas parfait - personne ne l'est - mais je suis certain que nous ferons du bon travail ensemble.»

Blatter a aisément remporté le premier tour du scrutin par une avance de 60 voix (133-73, trois bulletins invalidés) sur le Jordanien de 39 ans, mais il devait obtenir les deux tiers des voix, soit 140, pour l'emporter directement.

Avant que le deuxième tour de scrutin ne soit amorcé - à l'issue duquel une majorité simple aurait été suffisante pour couronner le gagnant - al-Hussein a consulté son entourage avant d'annoncer qu'il concédait la victoire à son adversaire.

L'élection a eu lieu même si les enquêtes américaine et suisse ont frappé au coeur de la «famille football» de Blatter cette semaine. Deux vice-présidents et un membre récemment élu au comité exécutif de la FIFA ont fait partie des sept personnes interpellées mercredi. Ils étaient toujours emprisonnés vendredi au moment de compter les votes.

Malgré cela, les leaders mondiaux du soccer ont décidé de faire confiance à leur président des 17 dernières années, même si al-Hussein aurait pu pousser l'élection à un deuxième tour.

«Je veux remercier tous ceux qui ont été suffisamment braves pour m'appuyer, a-t-il plutôt déclaré avant qu'un autre scrutin ne soit relancé. Ça a été une aventure fantastique que d'apprendre à vous connaître et de travailler avec vous.»

Blatter rejette le blâme

Blatter a blâmé un peu tout le monde pour la honte et l'humiliation que ressent le sport. En s'adressant aux 209 nations membres avant l'élection, Blatter a indiqué qu'il était impossible pour la FIFA et lui de superviser tout le monde et d'être tenus responsable pour tout ce qui se passait dans le monde du soccer.

L'Helvète a aussi remporté l'élection après avoir refusé d'accéder à la demande de Michel Platini, président de l'UEFA, qui lui a demandé jeudi de remettre sa démission. Platini avait même ajouté que l'UEFA pourrait se retirer de la FIFA et ne pas prendre part aux Mondiaux sous Blatter.

Les commanditaires principaux de la FIFA ont aussi demandé à la fédération d'apporter d'importants changements à ses façons de faire. Visa a notamment menacé de rompre son contrat, d'une valeur de 25 millions de dollars US d'ici 2022.

Dans une réponse qui semble directement liée aux demandes de l'UEFA, Blatter a plutôt promis de changer son très influent comité exécutif, où huit des 25 sièges sont actuellement détenus par des Européens.

Platini n'a pas applaudi pendant le discours de la victoire de Blatter.

Al-Hussein a été un vice-président de la FIFA au cours des quatre dernières années. Il a été un témoin privilégié du dernier mandat de Blatter, frappé par les scandales.

Blatter avait été réélu sans opposition en 2011 après avoir promis de combattre la corruption et d'appuyer des enquêtes sur l'octroi des Coupes du monde de 2018 et 2022 et un scandale de pot-de-vin qui a forcé le retrait de son opposant qatari d'alors.

Ces enquêtes ont été conduites par la FIFA elle-même.

Les plus récentes enquêtes, menées par les autorités fédérales américaines et suisses, promettent d'être plus problématiques pour la fédération. Sept hauts dirigeants de la FIFA ont été arrêtés mercredi, tandis que les quartiers généraux de la FIFA ont été perquisitionnés par la police suisse. L'octroi des Mondiaux de 2018 et 2022 fait l'objet d'une enquête séparée en Suisse.

Russie et Qatar à l'origine du scandale

En matinée, Blatter avait déclaré que le pire scandale de corruption de l'histoire du soccer trouvait son origine dans la décision de la FIFA d'octroyer les deux prochaines Coupes du monde à la Russie et au Qatar.

Blatter a refusé de démissionner après que la FIFA eut été la cible des autorités américaines et suisses, qui ont mené deux enquêtes distinctes sur des allégations de corruption.

En 2010, la Russie a été choisie pour accueillir le Mondial 2018 et le Qatar s'est vu confier l'organisation du tournoi de 2022 dans la tourmente, alors que plusieurs estimaient que des actes répréhensibles avaient été commis pour truquer ces deux votes.

«Si les noms de deux autres pays étaient sortis de l'enveloppe, je pense que nous n'aurions pas tous ces problèmes aujourd'hui, a déclaré Blatter. Mais nous ne pouvons pas revenir en arrière. Nous ne sommes pas des prophètes. Nous ne pouvons dire ce qui serait arrivé.»

Les États-Unis cherchaient à obtenir la Coupe du monde de 2022. Mercredi, le FBI a accusé 14 personnes de corruption, de fraude et de blanchiment d'argent pour des événements qui remontent jusqu'aux années 1990. Sept de ces personnes, dont deux vice-présidents de la FIFA, ont été arrêtées à Zurich mercredi.

«Je ne vais pas utiliser le mot ''coïncidence'', mais je me pose la question», a remarqué Blatter au sujet du moment choisi pour mener ce raid.

Coca-Cola attend des «actions concrètes»

ATLANTA - Le groupe Coca-Cola, un des plus importants partenaires de la FIFA, a appelé l'instance mondiale à des «actions concrètes» contre la corruption, vendredi après la réélection de Joseph Blatter à la tête de la fédération internationale de football.

«Nous appelons la FIFA à prendre des mesures concrètes, de façon rapide et transparente, pour répondre à tous les problèmes qui ont été soulevés», a indiqué le géant des boissons gazeuses dans un communiqué «La FIFA doit maintenant profiter de l'occasion pour commencer à regagner la confiance qu'elle a perdue», a ajouté le groupe.

Coca-Cola, qui verse une trentaine de millions de dollars à la FIFA chaque année, avait fait part de ses «inquiétudes» après l'inculpation pour corruption de plusieurs dirigeants, actuels et anciens, de la FIFA.

- Agence France-Presse

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