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Soccer: les Ukrainiens contraints de jouer loin de leurs terres

Depuis la reprise, les joueurs du Shakhtar s'entraînent à... (Photo Alexander KHUDOTEPLY, AFP)

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Depuis la reprise, les joueurs du Shakhtar s'entraînent à Kiev. Ils n'ont jamais remis les pieds à Donetsk, principal bastion dans l'est de l'Ukraine des rebelles prorusses, encerclé par l'armée ukrainienne qui ressert jour après jour son étau autour de la ville. Ci-dessus, le stade déserté de Donetsk.

Photo Alexander KHUDOTEPLY, AFP

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Marion THIBAUT
Agence France-Presse
DONETSK

Les abords du stade sont déserts, les boutiques fermées et les affiches défraîchies de la saison dernière toujours en place. Dimanche, le Shakhtar débute le championnat de football d'Ukraine bien loin de Donetsk, sa ville d'origine, où les combats font rage.

Pour son premier match de la saison, le champion d'Ukraine en titre joue officiellement à domicile. Pourtant les joueurs fouleront le terrain de Lviv, une ville de l'ouest du pays à plus de mille kilomètres de leur stade, la Donbass Arena.

Depuis la reprise, les orange et noir s'entraînent à Kiev. Ils n'ont jamais remis les pieds à Donetsk, principal bastion dans l'est de l'Ukraine des rebelles prorusses, encerclé par l'armée ukrainienne qui ressert jour après jour son étau autour de la ville.

Au sud de la commune, l'immense centre d'entraînement du club est déserté. Seuls les gardiens chargés de l'entretien du site - qui comprend huit terrains, des salles de sport et un centre de formation pour les jeunes - s'activent derrière les majestueuses grilles en fer forgé, avec en fond sonore le bruit des détonations.

«Il n'y a plus personne depuis des semaines, mais il faut entretenir l'herbe pour que les terrains restent en état. Mais jusqu'à quand? Tous les jours, les combats sont plus proches et plus intenses», explique Konstantin, responsable des équipes d'entretien du site.

À quelques centaines de mètres de l'entrée, sur une route refaite il y a peu, l'impact d'une roquette est en effet visible.

Dans ce contexte, malgré leur éloignement de la zone des combats, certains joueurs étrangers ont refusé la semaine passée, après un match amical, de prendre l'avion pour rentrer en Ukraine.

«Tout est chamboulé: les étrangers ont peur, tous les matchs seront à l'extérieur et donc les joueurs devront sans cesse voyager et prendre l'avion. C'est une catastrophe pour le club», regrette Andreï, qui s'occupe de la sécurité du complexe.

«Ma ville est en guerre et mon club en exil»

«Je suis à la fois frustré, énervé et désespéré par la situation. Ma ville est en guerre et mon club, que je suis depuis tout petit, est en exil», raconte Denis, 28 ans, un habitué de la Donbass Arena.

Ce jeune partisan ne vit plus à Donetsk depuis déjà plusieurs semaines, à l'instar de nombreux groupes de supporters du club. Ces derniers, pour avoir longtemps assuré la sécurité des manifestations pro-ukrainiens, ont en effet fui la ville par peur des représailles des prorusses.

«Je rêve de voir l'armée reprendre rapidement la ville de Donetsk, que je puisse avec ma famille rentrer à la maison et retrouver mon stade», confie-t-il.

Depuis quelques années et la reprise du club par l'oligarque Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine, la ferveur autour du club grandit.

Le Shakhtar Donetsk (Shakhtar signifie mineur en ukrainien) est parvenu à rompre la domination du Dynamo Kiev et est devenu un club incontournable. Les orange et noir viennent en effet de remporter en mai dernier leur 5e titre d'affilé portant le nombre de trophées à neuf.

«Je vais essayer d'aller jusqu'à Lviv en voiture pour les voir joués, mais c'est loin et donc cher même si je suis à Kiev. Mais il faut montrer aux joueurs que nous sommes derrière eux», estime Dima, abonné du club.

Ce jeune de 23 ans est intarissable quand il s'agit d'évoquer «l'ambiance incroyable» du stade de 50 000 personnes avec «ses chants et sa ferveur sans équivalent en Ukraine».

«Donetsk sans le Shakhtar ce n'est pas Donetsk!», assène-t-il, dépité.




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