Jesse Marsch et la doctrine De Santis

Résignation forcée, congédiement caché ou coup de poker... (Photo: PC)

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Résignation forcée, congédiement caché ou coup de poker (encore) raté de la part de Jesse Marsch? On ne connaîtra pas de sitôt le fin fond de l'affaire.

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Patrick Leduc, collaboration spéciale
La Presse

Ce n'est pas beau, un divorce. On a beau souhaiter le contraire en le faisant, ça déprime plus que ça soulage. Il y avait trop de chicanes dans la cabane. L'air frais de la Toscane n'aurait rien changé.

À l'Impact de Montréal, il n'était pourtant pas question d'amour, mais de philosophie. Un différend devenu irréconciliable entre la doctrine De Santis et l'utilitarisme de Marsch. Une histoire - et un poste d'entraîneur - à vous en faire perdre la tête!

Résignation forcée, congédiement caché ou coup de poker (encore) raté de la part de Marsch? On ne connaîtra pas de sitôt le fin fond de l'affaire. Qu'à cela ne tienne, ce ne sont pas les motifs qui manquaient pour qu'on procède à un changement d'entraîneur.

Et pourtant, tout dans le timing et la manière de l'annonce - un pastiche des meilleures conférences du CH sous Pierre Gauthier - dégageait une odeur nauséabonde. Un malaise inquiétant qui contribue à entretenir l'idée que l'état-major du club est un régime dictatorial plus tyrannique que bienveillant.

Quand un entraîneur cloue au banc pendant sept matchs le joueur qui s'avérera le plus utile du club, un héros local de surcroît, il ne devrait pas y avoir de scandale le jour de son départ. Or, c'est clairement la direction qui a décroché le rôle du méchant dans cette histoire. Après tant de mélodrames, on aurait cru qu'ils l'auraient mieux vu venir. N'y avait-il pas une meilleure stratégie pour lancer la vente d'abonnements de saison aujourd'hui?

Côté sombre du club

On a beaucoup parlé du choc des cultures chez l'Impact depuis le début de la saison. On voulait un entraîneur qui apporte une certaine expérience en MLS et qui ne néglige pas de prendre en considération les racines du club montréalais. Marsch semblait répondre aux deux critères.

De son côté, l'Américain avait entendu parler du caractère bouillant de ses patrons, mais il pensait bénéficier d'une plus grande marge de manoeuvre pour monter son projet. A-t-il fait preuve de trop d'arrogance en tentant de façonner l'équipe à son image? Au bout du compte, la culture de l'organisation s'est avérée moins malléable dans les bureaux que sur la pelouse du stade Saputo.

Il faut dire que le club a une tradition de méfiance à l'égard de ceux qui n'adhèrent pas à la «philosophie» maison. Qu'il s'agisse de dissensions au sein du caucus d'entraîneurs ou bien de journalistes jugés trop audacieux, la critique est rarement bienvenue. À force de travailler dans un tel milieu, rares sont ceux qui osent s'exprimer ouvertement, de peur de froisser l'autorité. Cette approche très manichéenne ne fait pas dans la nuance. Au diable le compromis: vous êtes pour l'Impact de Montréal ou vous êtes contre.

Malgré un bilan de saison plutôt positif et de belles initiatives pour se rapprocher de son public en cours d'année, les circonstances de ce divorce nous rappellent que, même après son passage en MLS, l'Impact ne fait pas toujours preuve de maturité.

Retour à la case départ

En attendant le grand ménage qui s'annonce dans l'effectif du onze montréalais, Mauro Biello agira en tant qu'entraîneur par intérim. Se pourrait-il que Biello y reste plus longtemps que prévu? On est en droit de se demander quel type d'entraîneur acceptera de venir travailler dans un tel environnement. Spontanément, on imagine que seul un technicien qui accepte de se plier aux volontés du directeur sportif Nick De Santis serait en mesure d'occuper le poste. Mais quel respect obtiendrait un tel béni-oui-oui aux yeux des joueurs?

En est-on réduit à confier la tâche à quelqu'un dont la réputation est si grande que même l'état-major montréalais n'oserait pas remettre en question la justesse de chaque décision? Cette fausse solution est potentiellement plus malsaine que le drame de cette saison.

Au-delà de la doctrine à suivre, le futur entraîneur devra également composer avec des joueurs comme Nesta, Ferrari et Di Vaio, qui sont en voie de devenir les consiglieri des dirigeants de l'Impact - un club où tous les joueurs sont égaux, mais certains plus que d'autres. Pauvre Mauro, tu ne mérites pas d'être pris entre l'arbre et l'écorce...

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