La FIFA a annoncé mardi une série de mesures pour lutter contre les matchs truqués, prévoyant notamment de faire appel à Interpol et d'instaurer des programmes de protection pour les informateurs dénonçant ces pratiques illégales générant des milliards d'euros.

«Le soccer fait actuellement face à des difficultés sans précédent concernant les matchs arrangés, dont les effets sont ressentis à l'échelle nationale, régionale et internationale», a précisé la Fédération internationale de soccer.

Ces pratiques criminelles «endommagent l'intégrité de la FIFA et la réputation des organisations dirigeantes du soccer», a souligné l'organisme, qui a fait face l'année dernière à des scandales de corruption sans précédent.

«La plus grande menace provient aujourd'hui de criminels internationaux qui conspirent et réussissent parfois à manipuler des matchs internationaux de soccer», a poursuivi la FIFA.

Afin de lutter contre ces pratiques, liées aux paris sportifs illégaux, l'organisation veut mettre en place dès cette année un système d'alerte avancé permettant de détecter en amont des risques de trucage.

La FIFA fera ainsi appel à l'organisation policière internationale Interpol, aux polices nationales ou à ses propres moyens pour lutter contre les matchs arrangés.

Cette année, l'organisation, dont le siège est à Zurich, prévoit de déployer ses enquêteurs en Asie, dans les Amériques et au Moyen Orient. Elle veut également mettre en place une amnistie, un programme de protection pour les sources révélant des matchs truqués et un numéro de téléphone dédié permettant de dénoncer de façon anonyme des matchs arrangés.

La Fédération internationale veut aussi mettre en place un programme de réhabilitation pour des joueurs, des responsables ou des administrateurs compromis dans ce genre de dossier.

Pour Chris Eaton, responsable de la sécurité à la FIFA, «2012 sera l'année où le soccer va réagir contre les matchs truqués, ce sera une année fondamentalement importante».

«Il est trop facile de corrompre le sport», a-t-il estimé durant une conférence de presse. Le plus grave problème provient du manque de coordination internationale et de législation nationale pour lutter contre ces pratiques, a-t-il ajouté.

M. Eaton, citant Interpol, a estimé entre 400 à 500 milliards d'euros par an les revenus générés par les paris légaux et illégaux, très répandus en Asie du sud-est. De cette somme, environ 5 à 15 milliards d'euros sont engrangés chaque année par la manipulation de matchs, a-t-il précisé.

Ces montants représentent «un attrait énorme pour le crime organisé», a souligné le responsable de la FIFA.

Le phénomène des matchs truqués a été illustré lundi par Simone Farina. Cet obscur joueur de deuxième division italienne à Gubbio a été l'invité de la FIFA à la cérémonie du Ballon d'Or à Zurich, qui a honoré son attitude exemplaire: le refus de participer au trucage de matches pour des parieurs malhonnêtes et la dénonciation de la corruption.