Olivier Rochon réalisera son rêve de gymnaste... aux Jeux d'hiver 2018

Après deux rêves olympiques brisés -à Vancouver et... (Photo Ryan Remiorz, La Presse canadienne)

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Après deux rêves olympiques brisés -à Vancouver et Sotchi-, de sérieuses blessures à un genou et au visage et une suspension «pour grandir», Olivier Rochon a enfin reçu sa veste de l'équipe olympique canadienne. On le voit ici en compagnie de la chef de mission d'Équipe Canada, Isabelle Charest.

Photo Ryan Remiorz, La Presse canadienne

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Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Le hasard fait parfois bien les choses. Le Québécois Olivier Rochon a récemment fait un retour en arrière et mesuré tout le chemin parcouru depuis son adolescence lors du dévoilement de l'équipe de ski acrobatique qui représentera le pays aux Jeux de PyeongChang, à l'école Antoine-de-Saint-Exupéry.

Le spécialiste des sauts de 28 ans, qui est né à Bucarest, en Roumanie, mais qui a été adopté par une famille québécoise à l'âge d'un an, a fréquenté cette école secondaire de Montréal pendant son adolescence. Par un froid matin de janvier, c'était la première fois qu'il y mettait les pieds depuis l'époque où il avait commencé à la fréquenter, à 15 ans.

«Quand j'ai vu que le dévoilement se tiendrait ici, ça m'a fait tout drôle en dedans, a confié le Gatinois. C'était un retour aux sources. Et ç'a été un choc lorsque j'ai réalisé que rien n'avait changé - sauf la couleur des murs dans les corridors.

«À l'époque, je pratiquais la gymnastique artistique - les six appareils -, et tranquillement, avec les années, je suis devenu assez bon, a-t-il poursuivi. L'équipe nationale voulait que je vienne m'entraîner avec elle à Montréal, donc j'y ai déménagé tout en faisant mon secondaire 4 et 5 ici. Je faisais même partie des espoirs pour les Jeux de Londres en 2012 à ce moment-là.»

Rochon s'était donc trouvé un appartement tout juste derrière l'école située dans le quartier Saint-Léonard, et rêvait de représenter le Canada aux jeux d'été.

«Mes parents ne m'ont pas suivi, j'ai donc été jumelé avec un autre athlète qui venait de Chicoutimi - Francis Croft, qui travaille maintenant pour le Cirque du Soleil -, avant de me trouver un appartement seul à l'âge de 15 ans», a-t-il raconté.

Malheureusement, peu de temps après, des fractures de stress aux poignets ont mis un terme à son rêve en tant que gymnaste. Il fallait donc qu'il réoriente sa carrière sportive, à défaut de quoi il devrait y mettre un terme. Fort heureusement pour lui, ses connaissances acrobatiques lui ont ouvert une porte insoupçonnée.

«En saut, il y a un gros débat à savoir si on doit prendre des acrobates et leur apprendre à skier, ou des skieurs qui doivent apprendre à être acrobates, a-t-il expliqué. Je crois que la première option est la meilleure - c'est ce que fait la Chine, l'une des puissances en saut -, parce que la mécanique des sauts est plus complexe que le ski.

«Et puis, en parallèle à ça, je faisais aussi du ski de bosses au niveau provincial pour le club Mont-Saint-Sauveur, a-t-il évoqué. Et un jour en 2006, l'ex-champion de saut Nicolas Fontaine m'a approché. J'ai fait mes premiers tests sur les rampes d'eau à Québec - j'avais encore des plâtres aux deux bras, à cause de mes fractures de stress -, et ç'avait super bien été. Tout a commencé là.»

Après deux rêves olympiques brisés - à Vancouver et Sotchi -, de sérieuses blessures à un genou et au visage et une suspension «pour grandir», Rochon a enfin reçu sa veste de l'équipe olympique canadienne.

Rochon, un très bon cousin

Rochon fait partie d'une équipe de trois sauteurs complétée par Lewis Irving, de Lévis, et Catrine Lavallée, de Montréal, qui en seront tous à leur première expérience olympique.

«Olivier, c'est comme un grand frère. Il est là depuis plus longtemps que Lewis et moi, il a donc plus d'expérience que nous deux, a expliqué Lavallée, qui est âgée de 22 ans. Il est plus calme et m'amène une certaine expertise.»

Rochon, un athlète plutôt calme et réservé, s'est alors empressé de rectifier la déclaration de sa jeune coéquipière.

«Je ne suis pas un grand frère, parce que ma relation n'est pas aussi personnelle que ça avec elle (Catrine), assure-t-il. Je me vois davantage comme un cousin. Je suis près d'elle parce que nous sommes pratiquement les deux seuls sauteurs du circuit qui effectuons nos vrilles vers la droite, donc c'est plus facile de lui expliquer la mécanique du saut.»

S'il parvient à se faufiler jusqu'en super-finale à PyeongChang, Rochon a indiqué qu'il comptait tenter un saut qu'il n'a pas effectué jusqu'ici cette saison.

«C'est un triple salchow arrière avec quatre vrilles, que je pratique depuis près de quatre ans sur les rampes d'eau. Je l'ai fait pour la première fois sur la neige l'année passée, et j'ai réussi mon atterrissage - j'ai donc jusqu'à maintenant un taux de réussite de 100%», s'est esclaffé le détenteur du globe de cristal en saut en 2012.

Rochon compte sur ce saut pour réaliser son deuxième podium de la saison, après avoir grimpé sur la troisième marche lors de la dernière Coupe du monde avant les jeux, à Lake Placid, le 19 janvier. Son nom pourrait alors être associé à ceux des légendaires sauteurs québécois Philippe Laroche et Lloyd Langlois, respectivement médaillés d'argent et de bronze aux Jeux de Lillehammer en 1994.




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