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Jesperi Kotkaniemi devra se boucher les yeux et les oreilles

À certains égards, Jesperi Kotkaniemi rappelle un peu... (Photo Graham Hughes, archives La Presse canadienne)

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À certains égards, Jesperi Kotkaniemi rappelle un peu l'ancien capitaine du Canadien, Saku Koivu.

Photo Graham Hughes, archives La Presse canadienne

Le premier choix du Canadien en juin, Jesperi Kotkaniemi, amorcera de façon officielle sa carrière avec le CH jeudi lors de l'ouverture du camp d'entraînement de l'équipe.

Il a bien sûr endossé l'uniforme avec des recrues de l'équipe le weekend dernier, mais la lumière risque d'être plus éblouissante à compter des prochains jours.

Kotkaniemi semble un garçon sûr en ses moyens et intelligent. Terre à terre. Un bel amalgame d'humilité et de confiance. Tant mieux. Il aura de la pression. Il a déjà dû le remarquer. Les reporters l'encerclent déjà en grand nombre après chaque séance. Il n'en serait pas ainsi à San Jose ou à Dallas.

Les questions des journalistes ne sont pas méchantes, mais on a évoqué le mot «pression» des dizaines de fois déjà lors de ses points de presse à l'occasion du repêchage, du camp de développement et du tournoi des recrues. Jusqu'ici, Kotkaniemi évite bien les pièges.

À certains égards, Kotkaniemi rappelle un peu l'ancien capitaine du Canadien, Saku Koivu, que j'ai suivi pas à pas de son arrivée en 1995 à son départ en 2009, et avec qui j'ai eu le bonheur d'approfondir des liens lors d'une visite estivale chez lui à Turku en 2002.

Le peuple finlandais est calme, discipliné, travaillant. N'ont-ils pas repoussé les Russes sur leurs raquettes de bois au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939 alors qu'ils étaient largement inférieurs en nombre et que la température frôlait les -43o Celsius?

Saku est un héros national en Finlande, mais il n'a pas été reconnu à sa juste valeur ici. On voulait une superstar; il a été un très bon centre offensif. Malheureusement pour lui, Koivu a été très mal entouré. Oleg Petrov, Brian Savage et Martin Rucinsky n'étaient pas nécessairement des ailiers de premier plan. Mark Recchi a été meilleur, mais il n'y avait pas de grands défenseurs offensifs non plus.

Pourtant, dès sa deuxième saison, il était en voie de devenir ce sauveur, avec 56 points en 50 matchs, lorsqu'une horrible blessure au genou a mis fin à sa saison. Il n'a plus été le même par la suite.

Malgré tout, Koivu n'avait pas de pression à son arrivée ici en 1995. Il avait été repêché 21e au total deux ans plus tôt. Il y avait déjà deux centres de premier plan devant lui, Pierre Turgeon et Vincent Damphousse.

Le cas de Kotkaniemi, né en 2000 alors que Koivu entamait déjà sa sixième saison à Montréal, diffère. Le Canadien n'a pas eu de centre numéro un digne de ce nom depuis le départ de Koivu. Le jeune homme a été repêché troisième au total. L'avenir du CH semble passer par lui et quelques autres jeunes. Même le DG Marc Bergevin le martèle régulièrement lors de ses rencontres avec les médias.

Ses coéquipiers sauront lui donner les bons conseils. Carey Price, le premier, lui dira sans doute d'entrer dans une bulle. De se boucher les yeux et les oreilles. De bloquer toute information, rumeur, supposition provenant de l'extérieur du vestiaire.

Déjà vendredi, lors du premier match du tournoi des recrues contre Ottawa, certaines mauvaises langues ont commencé à se délier, lorsque Brady Tkachuk s'est débarrassé de lui après une mise en échec et déjoué comme un enfant le gardien du Canadien pour le premier de ses deux buts.

Tkachuk a été repêché un rang après lui par les Sénateurs et le Finlandais devra s'habituer. On les comparera souvent au cours des prochaines années.

Les parallèles étaient un peu injustes vendredi. Ces deux espoirs ont été repêchés la même année, mais Tkachuk a dix mois de plus que Kotkaniemi, et il est plus développé physiquement.

L'espoir des Sénateurs avait d'autres avantages que celui du Canadien ne possédait pas. Il jouait sur une petite surface nord-américaine, à laquelle le Finlandais n'était pas habitué. Il jouait aussi avec deux espoirs expérimentés, Colin White et Filip Chlapik, qui ont terminé la saison dans la LNH après un hiver dans la Ligue américaine, tandis que Kotkaniemi avait des ailiers fraîchement sorti des rangs juniors.

Kotkaniemi montre un beau potentiel, même s'il n'a pas épaté la galerie ce dernier weekend. Il est créatif. Hargneux. Il lui reste néanmoins beaucoup de choses à polir. C'est normal. Il vient d'avoir 18 ans. Il est encore frêle. Il sort de l'adolescence.

Il deviendra fort probablement un bon joueur de centre offensif dans la LNH. Pas une grande vedette, mais un solide centre. Je serais tenté de comparer son parcours à celui du frère de Saku, Mikko, dont il s'agira cette année de la 13e saison chez le Wild du Minnesota.

Un solide centre, pas explosif, mais fiable et capable de produire offensivement. Si les gens s'attendent à le voir devenir le prochain Anze Kopitar, peut-être seront-ils déçus. Aussi bien garder les attentes plus modestes, sans rien enlever à la très belle carrière de Mikko.

Le Canadien a accumulé les choix au repêchage et les espoirs depuis un an. Tant mieux. Kotkaniemi aura besoin d'être bien entouré. Tout ne doit pas reposer sur ses épaules quand même.

L'arrivée de Ryan Poehling, un centre comme lui, aidera. Peut-être même Jacob Oloffson, que personne n'attend. Jesse Ylolen, Nick Suzuki sont des ailiers explosifs. Brendan Gallagher, Max Domi, Artturi Lehkonen et Jonathan Drouin, s'il ne se dispute pas avec la direction comme plusieurs anciennes vedettes du club (il a le même agent que Pacioretty, après tout), pourraient le côtoyer pendant une bonne partie de sa carrière.

J'ai bien hâte de le voir à l'oeuvre avec de bons joueurs au camp. Je crois que le Canadien a fait un bon choix, même si, sentimentalement, mon coeur penchait du côté du petit défenseur offensif Quinn Hugues, repêché par les Canucks de Vancouver.

En raison de son jeune âge et ta maturité physique, je serais surpris qu'il perce la formation cette année. J'espère qu'on l'enverra jouer à Laval, dans la Ligue américaine. Joël Bouchard est un formidable pédagogue. Il l'aidera à se développer non seulement physiquement, mais moralement.

Rester à Laval l'aidera aussi à se familiariser avec le hockey nord-américain et lui permettra aussi de couper le cordon ombilical d'avec papa, qui serait son entraîneur en chef à Pori.

Le camp risque d'être fort intéressant, pour ceux qui s'intéressent à la progression des jeunes joueurs de talent!




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