Guy Lapointe: «Comme si on avait perdu notre père»

Anciens coéquipiers, Guy Lapointe et Jean Béliveau avaient... (Photo Edouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Anciens coéquipiers, Guy Lapointe et Jean Béliveau avaient discuté à l'occasion du lancement de sérigraphies en 2011 au restaurant de Guy Lafleur. Lapointe et Béliveau se sont revus une dernière fois il y a moins d'un mois.

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(Chicago) À l'occasion du retrait de son chandail par le Canadien, Guy Lapointe a reçu un courriel d'Élise, l'épouse de Jean Béliveau. Elle lui faisait savoir que le Grand Jean souhaitait bien avoir sa visite le lendemain de la cérémonie.

«Il était encore un peu lucide, mais ce n'était pas facile, confie Lapointe à propos de cette dernière visite, le 9 novembre. Il parlait un peu, puis il fermait les yeux... Ça m'a fait tout un choc de le voir dans cet état-là. C'était mon idole, après tout.»

Quarante-cinq ans plus tôt, le père de Lapointe avait tenté de le persuader de participer au camp d'entraînement du Canadien plutôt que de poursuivre une carrière dans la police. Du coup, prononcer le nom de Jean Béliveau avait été magique.

«Il m'a dit: "Imagine, tu vas patiner avec Béliveau!" Ça a pesé lourd dans ma décision», se souvient l'ancien défenseur étoile.

Mieux que quelques coups de patin aux côtés d'une icône du Tricolore, Lapointe a gagné la Coupe Stanley avec lui en 1971.

Le jeune Lapointe venait à peine d'obtenir un poste régulier dans la LNH tandis que Béliveau, lui, avait déjà décidé que sa carrière se terminait cette année-là.

«Toutes les Coupes qu'il a remportées ont sûrement été importantes, mais je crois qu'il a retiré une certaine fierté de la dernière parce qu'Henri Richard et lui l'ont gagnée avec plusieurs jeunes, avec une nouvelle génération qui arrivait.»

Durant cette saison, l'imposant capitaine a enseigné à Lapointe le respect de la notion d'équipe et le respect des amateurs, envers qui il ne comptait pas son temps. Déjà à l'époque, au milieu de certains joueurs plus prosaïques, Béliveau avait cette prestance et ce charisme qui allaient continuer d'imprégner ses ex-coéquipiers des années plus tard. Lorsqu'ils se retrouvaient pour des matchs des Anciens Canadiens, ils s'empressaient de demander «si Jean va passer faire son tour».

«C'est comme si on avait perdu notre père», résume Guy Lapointe.

Sa dernière rencontre avec Béliveau n'aura pas été longue, mais il la chérira longtemps. «Il a mis sa main sur la mienne, et j'ai pu le voir sourire, dit-il. J'en ai encore des frissons.»

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