Un matin pas comme les autres chez le Canadien

Brendan Gallagher et ses coéquipiers portaient un numéro... (Photo Ann Heisenfelt, AP)

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Brendan Gallagher et ses coéquipiers portaient un numéro 4 sur leur casque en l'honneur de Jean Béliveau, mercredi soir.

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(St. Paul, Minnesota) Ce n'était pas un matin de match comme un autre, mercredi.

En temps normal, le retrait de Mike Weaver de la formation aurait été le sujet du jour dans les médias montréalais. On aurait aussi parlé de l'absence du défenseur Ryan Suter, possiblement la cinquième victime d'une histoire un peu folle d'oreillons qui se propagent dans le vestiaire du Wild du Minnesota.

En temps normal, Carey Price ne parle pas aux journalistes les matins de match. Mercredi, il l'a fait. En temps normal, un entraîneur-chef attend la première question avant de prendre la parole lors de son point de presse. Mercredi, l'entraîneur du Wild, Mike Yeo, a rendu hommage à Jean Béliveau avant même que la première question soit posée.

Non, ce n'était pas un matin de match comme les autres. La mort de Jean Béliveau, annoncée en fin de soirée la veille, banalisait toute question de hockey.

Le 500e

Chacun avait son histoire à raconter. À commencer par Michel Therrien, qui était au Forum, le 11 février 1971, quand Jean Béliveau a marqué son 500e but. Il devenait alors seulement le quatrième joueur à atteindre le chiffre magique.

«Je me souviens exactement où j'étais assis. Entre la ligne bleue et le but dans lequel il a marqué, du côté du banc du Canadien», s'est remémoré l'entraîneur-chef.




Therrien a même raconté qu'il a visionné le but avec ses adjoints dans son bureau mercredi matin. «Je l'ai décrit avant qu'on aille le revoir sur YouTube! Ce sont de beaux souvenirs quand tu y repenses, et de beaux souvenirs avec mon père.»

La rencontre

Pour P.K. Subban, l'admiration pour le Gros Bill passait plutôt par son père, Karl, grand partisan du CH devant l'éternel.

«J'avais 10 ans la première fois que je l'ai rencontré, il était venu dans le vestiaire de notre équipe à Toronto. Il avait eu de très bons mots pour nous», a-t-il d'abord raconté.

«Mon père était un grand partisan du Canadien. Il pleurait quand il l'a rencontré, je ne comprenais pas trop pourquoi! Quand tu es petit, ton père est ton idole, et il était un grand partisan du Canadien. Quand j'ai rencontré Jean Béliveau, c'est là que j'ai voulu devenir partisan du Canadien.»

Le paquet de gomme

En tant que gérant de l'équipement, Pierre Gervais fait partie des plus anciens employés du Canadien. C'est d'ailleurs au vieux Forum qu'il a rencontré Jean Béliveau pour la première fois.

«Ça devait être en 1984, à mon premier camp d'entraînement, a confié Gervais à La Presse. Il n'y a pas grand monde qui m'impressionne dans la vie, mais lui et Guy Lafleur, la première fois que tu les rencontres, tu t'en souviens. Ils te regardent dans les yeux.»

Pierre Gervais s'est joint au CH plus de 10 ans après la retraite de Jean Béliveau. Évidemment, il n'a donc pas eu à affûter ses patins ou à réparer ses épaulettes. Mais il a tout de même pu servir, de façon bien banale, l'ancien numéro 4.

«À la fin, il devait mâcher beaucoup de gomme pour contrôler sa salive, raconte-t-il. Quand il venait aux matchs, il me prenait toujours un paquet de gomme. "Est-ce que je peux encore t'achaler pour un paquet de gomme?" "OK, combien de boîtes en voulez-vous?"»

L'autographe

Quelques minutes après l'annonce de la mort de M. Béliveau, La Presse s'entretenait avec Dan Robertson, descripteur des matchs du Canadien à la radio anglaise, croisé dans le lobby de l'hôtel où séjournent les membres des médias. Robertson racontait avoir été frappé par la calligraphie de Jean Béliveau dans un autographe qu'il a reçu de lui. «C'était la première fois que je pouvais lire un nom sur un autographe!», a-t-il souligné.

Robertson n'est visiblement pas le seul à avoir retenu ce détail. Douze heures plus tard, dans le vestiaire du Canadien, Max Pacioretty en parlait lui aussi.

«Ce qui m'a frappé de lui, c'était son autographe. Je lui avais fait signer une photo et sa signature était absolument parfaite. Il avait pris son temps pour l'écrire. Je me suis dit que tout ce qu'il faisait semblait parfait. C'était comme si, dans la vie, il ne tournait jamais les coins rond. Il faisait tout de la bonne façon. C'est un exemple anodin, mais je vais m'en souvenir toute ma vie.»

On notera par ailleurs qu'on a ici un joueur de la Ligue nationale qui raconte avoir demandé un autographe, après en avoir tant signé depuis ses débuts dans la LNH. Un autre témoignage de l'impact de Jean Béliveau.

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