Trevor Timmins doit sortir un lapin de son chapeau

Le chef du recrutement du Canadien, Trevor Timmins.... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Le chef du recrutement du Canadien, Trevor Timmins.

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(Chicago) Trevor Timmins en est à sa 15e année chez le Canadien et il assure avoir ressenti chaque jour la pression de livrer la marchandise, au cours de ces 15 années. Mais plus le bilan laisse à désirer, plus la pression augmente.

Le chef du recrutement du Tricolore est de retour en fond de grille cette année, avec le 25e choix de la première ronde, zone qui ne lui est que trop familière. C'est là une partie du problème, car la plupart du temps, les joueurs d'impact sont déjà sur le tableau à ce moment-là. Mais la difficulté avec laquelle doivent composer Timmins et son groupe de recruteurs n'est pas seulement de dénicher un joueur d'impact; c'est aussi d'obtenir un meilleur rendement dans les rondes subséquentes.

On sait tous que Timmins a réussi le repêchage de sa vie en 2007 en sélectionnant Ryan McDonagh, Max Pacioretty, P.K. Subban et Yannick Weber. Or, lors des neuf repêchages suivants, les résultats sont à peu près à sens unique.

Il y a certes des circonstances atténuantes. En première ronde, il a repêché en moyenne au 18e rang, moyenne qui le place dans le dernier tiers des équipes de la ligue. De plus, une seule formation depuis 2008 a eu moins de choix de deuxième ronde que le Tricolore. Et le total des choix qu'il a eus à sa disposition - toutes rondes confondues - a également été l'un des plus petits de la ligue. Les Blackhawks de Chicago, par exemple, ont bénéficié de 20 sélections de plus durant cette période que le Canadien.

Il est plus difficile dans ces circonstances de bâtir par le repêchage.

Cela dit, Marc Bergevin ne se mettra pas à faire de l'acquisition de choix au repêchage une priorité. Il y a un équilibre à trouver, dit-il, et il échangera ses choix pour de l'aide immédiate quand la situation le demandera.

«À l'approche des séries, on veut donner une chance à notre équipe de les faire, et souvent, le prix à payer, c'est des choix au repêchage, a expliqué le DG. L'année où l'on n'a pas fait les séries, on est allés chercher des choix. On ne veut pas en donner, mais je préfère à 100% être en position, au mois de février, de devoir donner des choix afin d'entrer en séries.»

Peu de joueurs ont joué

Timmins a donc eu moins d'occasions de choisir des joueurs, mais qu'est-il arrivé des 57 sélections faites par le Canadien à partir de 2008?

L'équipe vient au 29e rang pour le nombre de matchs joués, un total qui est de moitié inférieur à la moyenne de la ligue. De plus, si l'on met en rapport le nombre de matchs joués et le nombre de choix à la disposition de l'équipe, on constate que le CH est l'organisation ayant la plus faible moyenne de la ligue. On parle de 24 matchs en moyenne par choix au repêchage. La moyenne des 30 équipes est près du double (47).

Il est clair que les élus ont été plus rares qu'ailleurs. Heureusement, si l'on s'attarde au rendement de ceux qui ont atteint la LNH, le 0,41 point par match accumulé par la relève du Canadien lui confère le 10e rang de la ligue, ce qui est tout à fait honorable.

Le risque

Une solution possible pour améliorer la «moyenne au bâton» d'un recruteur serait de se tourner en première ronde vers un choix plus sûr, vers un joueur qui n'a peut-être pas le plus grand potentiel, mais qui a plus de chances de l'atteindre. Or, à ce sujet, Timmins se dit prêt à être plus offensif cette année et à prendre davantage de risques.

Il rejoint d'une certaine façon le point de vue de John Chayka, le jeune DG des Coyotes de l'Arizona.

«On cherche des gars qui peuvent faire pencher la balance, nous a dit le jeune et controversé dirigeant. Des gars qui vont seulement jouer, on peut les acquérir sur le marché des joueurs autonomes ou en faisant des transactions. J'aime mieux avoir un taux de succès moindre sur des joueurs qui sont susceptibles de faire partie de la fondation de notre équipe et d'être des leaders que d'avoir un bon taux de succès sur des joueurs qui ne font que jouer ou qui seront de bons joueurs de la Ligue américaine. Et c'est surtout vrai quand on repêche en première ronde.»

La gestion de risque, ça aussi, ça fait partie de la pression.

Un vote de confiance

Après trois années à avoir les mains liées, Trevor Timmins aura enfin des choix de deuxième tour à sa disposition. C'est dans cette ronde qu'il a pu naguère mettre la main sur Subban ou, plus récemment, sur Artturi Lehkonen. C'est aussi la monnaie d'échange que pourrait utiliser Bergevin afin d'améliorer son rang de sélection au premier tour.

«Nous avons des munitions, cette année, et nous sommes prêts à tirer», a illustré Timmins en notant toutefois qu'il était très heureux de ses sélections de l'an dernier, même s'il n'avait pas de choix de deuxième ronde.

«Ça ne nous a pas empêchés de sélectionner plus tard deux joueurs qui ont de bonnes chances d'être choisis au sein d'Équipe Canada Junior [Victor Mete et William Bitten] en plus de repêcher en première ronde Mikhail Sergachev qui nous a permis d'aller chercher tout un joueur [Jonathan Drouin].»

Timmins sait qu'il a un bilan à défendre, et c'est peut-être la raison pour laquelle il a paru survolté devant les journalistes, hier. Prêt à en découdre, même avec le sourire. Il peut néanmoins compter sur l'appui de son DG qui lui a donné un vote de confiance, hier.

«Toutes les équipes ont des choix au repêchage qui ne se sont pas rendus au bout de ce qui était projeté, a dit Bergevin. Je sais que Trevor Timmins est l'un des tops dans la Ligue nationale et je suis très heureux de l'avoir dans l'organisation du Canadien de Montréal.»




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