Les leçons du jeune Nathan Beaulieu

«Est-ce que je vais inscrire 50 points cette... (Photo Kevin Hoffman, USA Today Sports)

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«Est-ce que je vais inscrire 50 points cette année? Non. Mais est-ce que je vais le faire d'ici cinq ou six ans? J'en suis sûr à 100%», dit Nathan Beaulieu.

Photo Kevin Hoffman, USA Today Sports

La vie est pleine de leçons, et Nathan Beaulieu en a eu son lot.

Un soir, lorsqu'il évoluait dans les rangs atomes, son père ne pouvait pas être là pour diriger son équipe car il était aussi entraîneur adjoint chez les Knights de London.

Nathan en avait profité pour se la couler douce et ne pas trop forcer. Jusqu'à ce qu'il aperçoive son père du coin de l'oeil.

«Il était venu voir la première période avant de partir et m'avait dit: «Visiblement, tu ne veux plus être un attaquant.» Mais aucun enfant ne veut jouer en défense. C'est terrible, on ne fait que sortir la rondelle de la zone... Tous les enfants veulent marquer des buts!

«Or, j'en ai marqué trois dans les deux dernières périodes et j'ai vu que je pouvais avoir du fun à la ligne bleue aussi...»

Et c'est ainsi que Nathan Beaulieu est devenu défenseur.

Entre confiance et arrogance

De la confiance, Beaulieu n'en a jamais manqué.

Pendant longtemps, il a même dû lutter contre une certaine perception selon laquelle il serait un peu trop sûr de lui.

«Dans le junior, j'étais très cocky, reconnaît-il sans gêne. Selon moi, être cocky, c'est avoir une grande confiance en soi sans que ça accable ses coéquipiers. On m'a enseigné qu'il n'y avait rien de mal là-dedans en autant qu'on ne soit pas arrogant.

«La ligne est mince, et il ne faut pas la franchir. C'est facile de s'en sauver quand on est jeune car on peut plaider l'immaturité. Mais plus tard, on ne peut pas se promener dans un vestiaire en bombant le torse et en agissant comme si on était le meilleur.

«Si tu franchis la ligne et que tu deviens arrogant, il y a 20 gars qui vont te le faire savoir.»

C'est peut-être dans cet esprit qu'un jour, on lui a fait comprendre que de baptiser son compte Twitter «Nate the Great» pouvait sembler présomptueux.

«J'avais 16 ans quand j'ai créé mon compte et, la première année, il n'y a que mes coéquipiers qui me suivaient, précise-t-il. Ce sont eux qui m'appelaient comme ça. J'aurais peut-être dû le changer plus vite, mais je n'en fais pas une grosse affaire. Ce n'était qu'une blague.»

En dépit de l'image extérieure qu'il a déjà projetée, son père assure que Nathan ne dépasse pas les bornes.

«C'est un petit gars qui est extrêmement confiant, qui croit en lui-même et qui sait qu'il est capable de jouer dans la LNH, décrit Jacques Beaulieu. Certaines personnes le perçoivent comme étant arrogant, mais ceux qui le connaissent bien savent qu'il ne l'est pas.»

Non seulement le jeune arrière ne voit rien de mal à avoir un peu de panache dans son jeu, mais encore il entend bien retrouver cette dimension-là dans la LNH.

«Pour l'instant, je ne fais que me mouiller les pieds, je n'en suis qu'à mon premier contrat, mais j'espère ramener ce côté cocky quand ça fera cinq ou six ans que je suis dans la ligue.»

Un incident familial... et public

En avril 2013, un incident a secoué la famille.

Une altercation opposant le père et le fils à deux autres hommes a incité ceux-ci à déposer des accusations contre les Beaulieu. Ils ont plaidé coupables et ont reçu une absolution conditionnelle du juge, mais Jacques Beaulieu a été congédié par le Sting de Sarnia, et toute l'affaire a entaché leur nom.

«Notre relation est maintenant plus forte, estime le paternel qui n'a toujours pas d'emploi dans le hockey. C'est sûr que de traverser quelque chose comme ça, ce n'est pas facile. Ça se retrouve dans les journaux et à la télé, tout le monde pense qu'on n'est pas de bonnes personnes...»

Nathan, lui, se doute bien que l'opinion publique a porté un regard sévère sur ce fait divers.

«Les gens qui ne sont pas de ma ville ont probablement porté des jugements, convient-il. C'est une histoire de merde où du monde jaloux a voulu profiter d'une situation. Je ne veux pas entrer là-dedans, mais les personnes qui me sont le plus chères savent ce qui est arrivé et elles comprennent la situation.

«On aurait voulu que rien de tout cela ne se produise, mais des erreurs surviennent parfois et il s'agit de ne pas les faire deux fois.»

En haut, en bas, en haut, en bas...

Sur le plan hockey, Nathan Beaulieu a appris sa plus grande leçon au cours des derniers mois, à force de se promener entre Montréal et Hamilton. Après avoir été l'un des meilleurs partout où il était passé, il a frappé un mur à son arrivée dans la LNH.

«C'est dur, rendu à ce niveau-là, de devoir changer son style, d'apprendre à être meilleur défensivement et à jouer de façon professionnelle sans prendre les mêmes risques qu'avant, explique son père. C'est une courbe d'apprentissage, et les joueurs ont besoin de millage pour y arriver.

«Nathan a appris que de faire la navette [entre la LNH et la Ligue américaine], ce n'est pas le fun. Il n'aimait pas ça pantoute.»

Ce constant va-et-vient peut tuer un joueur, lance Beaulieu. «Si tu n'es pas suffisamment fort mentalement, ça peut te dévorer tout rond.»

Mais on dirait que ce n'est pas tant de jouer à Hamilton qui lui pesait que de toujours se sentir sur la corde raide à Montréal.

«J'étais très mauvais à jouer 10 minutes par match, avoue Beaulieu. J'ai essayé tellement de choses, j'ai consulté du monde... C'était tellement difficile. Je ne suis pas fait pour cela! On reste assis pendant trois minutes et quand on saute sur la glace, on a peur de faire une erreur car on pourrait rester ensuite assis pendant sept ou huit minutes...

«C'est la pire attitude à avoir quand on joue au hockey.»

Frustré envers lui-même, sachant qu'il avait plus à offrir dans la LNH, il s'est finalement roulé les manches pour s'extirper de cette situation.

«Je ne souhaite à personne de traverser ce processus-là, ce n'est pas le fun. J'ai un nouveau respect pour tous ceux qui l'ont fait avant moi, et ç'a été une leçon d'humilité pour moi.»

L'étudiant

Depuis presque deux mois, tout va bien.

Le métier rentre plus aisément, les minutes se jouent plus facilement, et la présence de Sergei Gonchar à ses côtés, dixit son père, est «un don du Ciel».

La direction du Canadien l'a rassuré en lui disant qu'il n'avait pas à se soucier de ses statistiques. Avec P.K. Subban, Andrei Markov et Gonchar devant lui, on ne lui fera pas de gros yeux parce qu'il n'a que 5 mentions d'aide en 32 matchs et qu'il est toujours à la recherche de son premier but dans la LNH.

«Est-ce que je vais inscrire 50 points cette année? Non. Mais est-ce que je vais le faire d'ici cinq ou six ans? Je suis sûr à 100%. Il s'agit juste de me trouver. Et de ne pas oublier que j'ai seulement 22 ans. Je n'ai pas à forcer le jeu. J'apprends à reconnaître les moments où je peux y aller et les moments où je dois me retenir.

«On ne va pas passer un examen sans avoir étudié. En ce moment, j'étudie.»




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