NFL: Trump sur la défensive sur les questions raciales

Les critiques du président Donald Trump envers les... (Photo Manuel Balce Ceneta, AP)

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Les critiques du président Donald Trump envers les joueurs qui déposent le genou au sol pendant l'hymne national ont provoqué une réaction massive à travers la NFL, dimanche.

Photo Manuel Balce Ceneta, AP

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Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
Washington

Après avoir alimenté tout le week-end de vives tensions avec le monde du football, Donald Trump a poursuivi lundi sa croisade contre le «manque de respect» envers le drapeau, mais s'est aussi retrouvé sur la défensive sur les questions raciales.

Les images à travers les États-Unis de dizaines de joueurs posant un genou à terre en signe de protestation lors des matchs de la NFL dimanche ont marqué les esprits. Et la cascade de réactions outrées à la virulence des propos présidentiels a donné un relief particulier à la controverse.

«Le problème du genou à terre n'a rien à voir avec les questions raciales. Il s'agit du respect pour notre Pays, notre Drapeau, note Hymne. La NFL doit respecter ça!», s'est défendu le président américain lundi dès l'aube sur Twitter.

Or si le débat touche au respect des symboles nationaux - sujet sensible aux États-Unis - il est parti d'une contestation contre les injustices sociales et raciales qui traversent la société américaine.

«Oui, il s'agit bien sûr des questions raciales, des inégalités qui frappent nos communautés», a réagi sur CNN Michael Thomas, joueur noir de l'équipe des Dolphins de Miami. «Les gens vont continuer à faire entendre leur voix, ils vont continuer à protester pour braquer les projecteurs sur cette question».

La pratique remonte à l'été 2016, lorsque l'ancien quart-arrière des 49ers de San Francisco Colin Kaepernick l'avait effectué - et provoqué un vif débat - pour protester contre les meurtres de plusieurs Noirs abattus par des policiers blancs.

Comme à chaque fois que Donald Trump lance - ou alimente - une polémique, il est difficile de distinguer ce qui relève d'un calcul politique ou d'un emportement passager.

Il est certain que cette nouvelle querelle est susceptible de galvaniser une partie de sa base électorale. Et pourrait représenter une diversion bienvenue au moment où les républicains se préparent à un nouveau revers sur leur tentative de supprimer Obamacare, réforme emblématique du système de santé de Barack Obama.

Mais elle n'est pas sans danger pour un président qui s'est retrouvé il y a quelques semaines en difficulté pour ses atermoiements et ses propos ambigus après les violences racistes qui ont secoué la petite ville de Charlottesville.

Tom Brady et LeBron James

Dimanche, lors des 14 matchs de NFL, plus de 150 joueurs ont posé un genou à terre et nombre d'entre eux se tenaient par les bras durant l'hymne américain, traditionnellement interprété avant le début de la rencontre.

«Beaucoup de gens ont hué les joueurs qui ont mis un genou à terre hier (qui représentaient un petit pourcentage du total). Ce sont des fans qui exigent le respect de notre Drapeau!», a réagi M. Trump lundi matin sur Twitter, où un drapeau américain a fait son apparition sur son profil.

Tom Brady... (Photo Michael Dwyer, AP) - image 5.0

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Tom Brady

Photo Michael Dwyer, AP

Fait remarquable: Tom Brady qui fut, un temps, proche de Donald Trump, a marqué clairement sa différence avec le locataire de la Maison-Blanche.

«Je suis clairement en désaccord avec ce qu'il a dit. Je pense que cela crée tout simplement des divisions», a déclaré le joueur-vedette des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, champions en titre, sur une radio de Boston.

«M. Trump a réussi à faire l'unité des joueurs et des propriétaires dirigeants de club contre lui, même si plusieurs de ces derniers l'avaient soutenu durant sa campagne», résumait le Wall Street Journal dans son éditorial.

Les attaques du 45e président des États-Unis contre Colin Kaepernick, actuellement sans club, lors d'un rassemblement en Alabama vendredi soir ont particulièrement choqué.

Sans le nommer, il s'en était pris avec une virulence peu commune à ce joueur de 29 ans: «Est-ce que vous n'aimeriez pas voir un de ces propriétaires (d'équipe) de la NFL dire, quand quelqu'un manque de respect à notre drapeau, "sortez-moi ce fils de pute du terrain, il est viré, viré!"».

La star du basket LeBron James, qui avait déjà pris Donald Trump à parti sur Twitter, a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse: «C'est le peuple qui dirige ce pays, pas un seul individu. Et sûrement pas lui!»




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