Olivier Jean ignore ce que l'avenir lui réserve

Olivier Jean a tenté une incursion en patinage... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Olivier Jean a tenté une incursion en patinage de vitesse longue piste pendant la première moitié de la saison 2015-16. Cette expérience lui a toutefois coûté du précieux temps pour s'entraîner en courte piste.

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Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Ces derniers temps, le patineur de vitesse Olivier Jean est un peu pris entre deux chaises. Et il aime ça.

Jean, un médaillé d'or olympique et champion du monde en courte piste, a tenté une incursion en patinage de vitesse longue piste pendant la première moitié de la saison 2015-16. Ses résultats enregistrés lors des quatre premières Coupes du monde de longue piste, tant au 1500 m qu'au départ de groupe, démontrent une belle progression.

Cette expérience lui a toutefois coûté du précieux temps pour s'entraîner en courte piste. Jean n'a d'ailleurs recommencé à s'entraîner à temps plein sur l'ovale de glace de 111 m que jeudi dernier, en prévision des Championnats canadiens seniors de patinage de vitesse courte piste, du 15 au 17 janvier à l'aréna Maurice-Richard.

«C'est sûr qu'en ce moment je n'ai pas les mêmes sensations - confort, confiance, habitudes -, même si je suis très en forme physiquement, a-t-il reconnu en entrevue téléphonique mercredi. Je patine bien, j'ai beaucoup d'expérience, mais j'ai l'impression que je vais vraiment me rendre compte que j'ai des lacunes au niveau de l'agilité et de la fluidité. Surtout quand je me retrouve au sein d'un peloton, ou lorsque je vais tenter des dépassements.»

L'athlète de 31 ans originaire de Lachenaie ignore ce que l'avenir lui réserve, mais une chose est certaine, il souhaite obtenir des réponses à ses nombreuses questions.

«Les Championnats canadiens me permettront de savoir si je dois travailler un peu plus en courte piste, ou si je dois plutôt me concentrer sur le longue piste, a-t-il expliqué. C'est un peu une année exploratoire, parce que j'aime ça le longue piste. Est-ce que c'est possible de ne pas faire de compromis, d'être bon dans les deux disciplines? Est-ce que j'aime le longue piste parce que c'est nouveau et que mes résultats sont encourageants? Ce sont à ces questions-là que je veux répondre cette année.

«C'est certain qu'en ce moment je fais un compromis - je ne suis pas à 100% en courte piste, ni en longue piste. Et je ne suis certainement pas en train d'atteindre mon plein potentiel dans les deux disciplines. Mais ce compromis-là, cette année, c'est un investissement pour l'avenir.»

Jean croit d'ailleurs que ses expériences, tant en courte piste qu'en longue piste, lui ont permis de devenir un athlète plus complet au fil des derniers mois.

«En sortant du courte piste, j'ai pu innover, a-t-il mentionné. J'ai une autre équipe d'entraîneurs, un nouveau sport, des nouveaux préparateurs physiques et mentaux et des idées différentes. C'est super rafraîchissant. Et en même temps, si je décide de rester en courte piste, je sais que c'est un bagage d'expérience qui sera très utile.»

Le champion du monde sur 500 m en 2012 ne veut pas se mettre de pression et a laissé entendre qu'il n'avait pas d'objectifs précis pour ce week-end. Pour l'instant, donc, tous les scénarios sont sur la table.

Même s'il se qualifie pour les deux dernières Coupes du monde de courte piste, soit celles de Dresden, en Allemagne, du 5 au 7 février, et de Dordrecht, aux Pays-Bas, du 12 au 14 février, Jean n'écarte pas la possibilité de participer également à la Coupe du monde de longue piste de Stavenger, en Norvège, du 29 au 31 janvier.

«Ce sont différents scénarios, et on va mettre des "X" sur ceux qui seront écartés après la performance de ce week-end, a-t-il confié. Ensuite, on verra ce que je ferai pour les Championnats du monde de courte piste (à Séoul, du 11 au 13 mars), mais c'est sûr que je ne veux pas me présenter là-bas la langue à terre pour me faire détruire.

«Ceci étant dit, je devrais avoir une idée assez claire de ce que je veux faire vers la fin de la saison.»

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