Des scientifiques canadiens testent le Zika sur des moustiques locaux

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L'université de St. Catharines, en Ontario, est la seule institution académique au Canada équipée d'un laboratoire de confinement de niveau 3 contenant un insectarium.

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Sheryl Ubelacker
La Presse Canadienne
TORONTO

Une équipe de scientifiques de l'Université Brock commencera à étudier les moustiques originaires du Canada afin de déterminer s'ils peuvent être infectés par le virus Zika et potentiellement le transmettre aux humains.

L'université de St. Catharines, en Ontario, est la seule institution académique au Canada équipée d'un laboratoire de confinement de niveau 3 contenant un insectarium. L'établissement a reçu cette semaine un échantillon du virus Zika envoyé par le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg - la seule autre installation canadienne ayant un tel endroit hautement sécurisé où de telles recherches peuvent être effectuées.

La chercheuse principale, Fiona Hunter, qui se spécialise dans les moustiques, notamment, se réjouit que son équipe « puisse maintenant être proactive ». Elle explique que les chercheurs n'ont maintenant plus à attendre qu'un voyageur atteint du virus ne revienne au Canada et soit piqué par un moustique local afin de voir si la transmission est possible ou non.

On a observé une explosion des cas d'infections par le virus Zika en Amérique du Sud et en Amérique centrale, au Mexique et dans les Caraïbes depuis l'éclosion des premiers cas au Brésil, en mai.

La majorité des personnes infectées ne présentent aucun symptôme. Ceux qui en ressentent auront de la fièvre, des douleurs aux articulations, des éruptions cutanées et des rougeurs aux yeux. La maladie se guérit généralement en une semaine.

Le virus a cependant été potentiellement lié, au Brésil, à plus de 4400 cas de microcéphalie chez les bébés nés de femmes pouvant avoir été infectées lorsqu'elles étaient enceintes, de même que certains cas du syndrome de Guillain-Barré, une condition neurologique pouvant causer une faiblesse musculaire et même une paralysie partielle.

Les chercheurs tentent toujours de déterminer si le virus Zika cause effectivement ces deux conditions.

Mme Hunter souligne que les scientifiques ont été pris de court par le Zika, détecté pour la première fois chez un singe rhésus dans la forêt de Zika, en Ouganda, en 1947. Depuis, la maladie transmise par les moustiques s'est propagée de l'Afrique au Sud-est asiatique, dans les îles du Pacifique, puis au Brésil et dans la majeure partie de l'Amérique du Sud. La maladie est également présente en Amérique centrale, dans plusieurs pays des Caraïbes et dans une partie du Mexique.

Plusieurs voyageurs canadiens et américains s'étant rendus dans ces pays sont revenus infectés par le virus.

Mercredi, le laboratoire de Fiona Hunter a reçu quatre fioles contenant une souche du virus originaire de la Thaïlande. Les chercheurs produiront ensuite en laboratoire une grande quantité du virus avant de tenter d'infecter différentes espèces de moustiques originaires du sud de l'Ontario.

« Depuis 2012, lorsque nous avons eu le laboratoire de confinement de niveau 3, nous pouvons travailler sur des moustiques vivants, les infecter avec différents virus et voir s'ils sont capables de les transmettre par une piqûre, explique la chercheuse. C'est ce qui est important: le moustique peut obtenir un résultat d'infection positif pendant une épidémie, mais est-il capable de transmettre le virus? »

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