Une queue de dinosaure retrouvée dans de l'ambre

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Telles des capsules de temps, «les morceaux d'ambre préservent de petits clichés des écosystèmes anciens».

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Agence France-Presse
Washington

Une partie de la queue d'un dinosaure vieux de 99 millions d'années, avec os, tissus mous et plumes, a été découverte dans de l'ambre, trouvaille inédite qui permet d'en apprendre beaucoup sur l'évolution et la structure du plumage de ces animaux disparus.

«Cette portion de la queue qui provient d'un jeune animal comprend huit vertèbres entourées de plumes en bon état, avec des détails microscopiques», explique Ryan McKellar du Musée Royal de Saskatchewan, un des scientifiques qui a participé à cette découverte publiée jeudi dans la revue scientifique américaine Current Biology.

«Nous pouvons être sûrs qu'il s'agit bien d'un dinosaure car les vertèbres ne sont pas soudées sur un croupion comme c'est le cas pour les oiseaux modernes ou leurs ancêtres», précise-t-il.

«Cette queue est au contraire longue et souple avec des plumes réparties de chaque côté, ce qui signifie que nous sommes bien en présence d'un dinosaure, pas d'un oiseau préhistorique», ajoute le paléontologue.

Même si la totalité de cette queue était recouverte de ce type de plumes, le dinosaure «aurait probablement été incapable de voler», selon lui. Un tel plumage a probablement eu d'autres fonctions, comme la séduction, ou a joué un rôle de régulation thermique, suppute le scientifique.

Des plumes datant de l'époque des dinosaure ont déjà été retrouvées piégées dans de l'ambre mais c'est la première fois qu'il est possible de clairement établir un lien entre une partie d'un plumage bien préservée et un dinosaure, note la paléontologue Lida Xing de l'Université de Géophysique de Chine, principal auteur de cette découverte.

Cela permet aux chercheurs de mieux comprendre l'évolution et la structure des plumes de ces animaux préhistoriques disparus il y a 62 millions d'années, fait-il valoir.

En fait, ce morceau de résine semi-translucide de la taille et de la forme d'un abricot sec a saisi l'un des premiers moments de la divergence entre le plumage des oiseaux et celui des dinosaures, pointent ces chercheurs.

Ils ont utilisé un scanner et un microscope pour étudier le spécimen dans ses plus petits détails.

Ils ont déduit que les plumes étaient de couleur marron foncé sur le dessus et blanches ou très claires dessous.

Les parties de plumes proches de la surface de l'ambre ont permis de faire des analyses de la couche extérieure des tissus mous entourant les os. Les scientifiques ont détecté des traces de fer, un résidu du sang piégé dans la résine.

Ce spécimen a été découvert sur un marché d'ambre en Birmanie en 2015 par Linda Xing.

Les ambres sont utilisées comme des bijoux ou des curiosités pour des collectionneurs.

Telles des capsules de temps, «les morceaux d'ambre préservent de petits clichés des écosystèmes anciens, mais aussi des détails microscopiques en trois dimensions et des tissus fragiles qui sont difficiles à étudier dans les autres fossiles», relève Ryan Kellar.

«C'est une nouvelle source d'informations qui vaut la peine d'être recherchée, exploitée et protégée comme ressource fossile», estime-t-il.

Dans le film de science-fiction Jurassic Park, les scientifiques arrivent à cloner des dinosaures à partir d'ADN retrouvé dans un morceau d'ambre.




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