Le leadership ne s'apprend pas chez les poissons

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Pour étudier la capacité des suiveurs à devenir meneurs, et inversement, des chercheurs ont utilisé des épinoches, petits poissons vivant en groupes qui comptent dans leurs rangs des individus timides et d'autres beaucoup plus audacieux.

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Agence France-Presse
Paris, France

La capacité à diriger s'acquiert difficilement, assure une étude menée sur des poissons dont elle a inversé les rôles naturels pour vérifier si cela provoquait des problèmes au sein du groupe.

En règle générale, un groupe a tendance à être plus efficace s'il est composé d'individus suivant volontairement des meneurs, qui sont chez la plupart des espèces animales plus audacieux et plus extravertis que la moyenne.

Pour étudier la capacité des suiveurs à devenir meneurs, et inversement, des chercheurs ont utilisé des épinoches, petits poissons vivant en groupes qui comptent dans leurs rangs des individus timides et d'autres beaucoup plus audacieux.

Ils ont commencé par les observer durant plusieurs semaines en train d'évoluer dans de grands aquariums, afin de distinguer les meneurs des autres poissons plus timides. Contrairement aux autres, les meneurs avaient facilement tendance à quitter le fond de l'aquarium, un lieu «sûr», pour se rendre à la surface, une zone «risquée» où les attendait de la nourriture.

Les épinoches ont alors été réparties en paires, composées chacune d'un poisson audacieux et d'un autre timide, expliquent les auteurs de l'étude publiée dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society B.

Pour la première expérience, on récompensait les poissons lorsqu'ils suivaient leur penchant naturel: le meneur était nourri lorsqu'il prenait l'initiative et son acolyte lorsqu'il le suivait.

Puis, les scientifiques ont inversé la donne, récompensant le poisson timide lorsqu'il s'élançait de lui-même vers la surface et l'audacieux lorsqu'il se contentait de suivre son congénère.

«Nous nous attendions à ce que les individus audacieux n'aient pas de bons résultats lorsqu'ils étaient contraints d'adopter le rôle du suiveur, étant donné qu'ils sont moins influencés par le comportement des autres», explique à l'AFP l'un des auteurs, Shinnosuke Nakayama, zoologue à l'Université de Cambridge.

Surprise pour les chercheurs, les meneurs ont en réalité très rapidement adopté le rôle de suiveur, alors que les poissons timides peinaient à endosser l'uniforme du meneur.

«Les poissons peuvent apprendre à suivre, mais ils ont du mal à apprendre à diriger», résume M. Nakayama.

Conclusion de l'étude: «On naît chef, on ne le devient pas» chez les poissons.

A l'échelle du groupe d'épinoches, cette inversion des rôles s'est traduite par une nette baisse du succès des expéditions alimentaires en direction de la surface.

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