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L'Atlantique traversé pour la première fois en avion solaire

L'aventurier et pilote Bertrand Piccard a pris un... (Photo Solar Impulse 2 via AP)

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L'aventurier et pilote Bertrand Piccard a pris un selfie à bord du Solar Impulse 2 lors de sa traversée de l'Atlantique.

Photo Solar Impulse 2 via AP

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Cristina QUICLER, Laurence BOUTREUX
Agence France-Presse
Madrid et Séville

Pour la première fois dans l'histoire de l'aviation, un avion solaire a traversé l'Atlantique, un vol de trois jours au service des énergies propres qui s'est achevé jeudi à Séville, dans le sud de l'Espagne.

« C'est la première traversée de l'Atlantique par un avion solaire », s'est félicité à l'arrivée l'aventurier Bertrand Piccard, son pilote, épuisé et ravi, en espérant que les chefs de gouvernement retrouveront aussi cet « l'esprit pionnier », nécessaire à la promotion des énergies renouvelables.

L'avion expérimental Solar Impulse 2 s'est posé à 7 h 38 (5 h 38 GMT), achevant la quinzième étape de son tour du monde avec le Soleil pour seul carburant, après 71 heures et 8 minutes de vol sans interruption.

« Ce n'était pas un vol facile, il fallait se frayer la voie entre les nuages, passer par-dessus, prendre des turbulences », a déclaré à l'AFP le pilote de 58 ans.

Mais, dès que possible « j'essayais simplement de m'imprégner de cette expérience-là, qui est magique », a-t-il ajouté lors de cet entretien téléphonique, en avouant avoir beaucoup pensé à l'aviateur américain Charles Lindbergh, autre pionnier de l'aviation, qui avait relié pour la première fois New York à Paris en solitaire et sans escale, en 1927.

Piccard lui-même a déjà traversé deux fois l'Atlantique en ballon. Son père l'a fait en sous-marin.

Lindbergh voulait « mettre le monde en contact » grâce au voyage en avion, moi « j'aimerais participer à développer l'utilisation des technologies propres », a-t-il dit à l'AFP.

L'avion avait décollé lundi de New York à 2 h 30 (6 h 30 GMT).

« Bravo, c'était magnifique à voir », a dit au pilote le Prince Albert de Monaco, un des parrains de l'expédition, à distance, depuis le centre de contrôle installé dans la principauté où ingénieurs et techniciens s'embrassaient, enthousiastes d'avoir participé à l'aventure.

« Au milieu d'une réunion aérienne »

À son arrivée dans la capitale andalouse, l'avion à la silhouette ultrafine et aux longues ailes a été salué par une parade d'avions de chasse et la patrouille de l'armée de l'air espagnole.

« Je suis arrivé au milieu d'une réunion aérienne, c'était absolument extraordinaire, ça m'a gardé réveillé ! », a dit Bertrand Piccard au prince de Monaco.

Puis, après s'être posé le pilote a lancé, comme un slogan : « l'avenir est propre et il commence maintenant ! », en vantant l'efficacité des nouvelles technologies propres pour sauvegarder les ressources naturelles de la planète.

« Fonctionner au solaire pour l'aviation commerciale est encore très loin. Mais toutes ces technologies peuvent être appliquées au sol », a-t-il expliqué.

Le projet est financé grâce à des partenariats avec des entreprises privées ou des dons de particuliers.

L'avion doit encore faire une étape en Égypte avant de se revenir à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, d'où il était parti le 9 mars 2015, faisant ensuite différentes étapes à Oman, en Inde, en Birmanie, en Chine, au Japon et aux États-Unis.

Pour ce tour du monde, Bertrand Piccard et son compatriote André Borschberg, 63 ans, autre aventurier et militant de l'énergie propre, se relaient dans l'avion.

Ce dernier avait piloté l'appareil pour son plus long voyage entre Nagoya (Japon) et l'archipel d'Hawaï dans le Pacifique : 8924 kilomètres en cinq jours et cinq nuits, le plus long vol de l'histoire de l'aviation.

L'avion a ensuite été immobilisé une dizaine de mois dans l'archipel américain d'Hawaï, pour une remise en état notamment de ses batteries, avant de reprendre son vol au-dessus des États-Unis, pour atterrir à New York d'où il a redécollé lundi.

Pesant seulement 1,5 tonne, mais aussi large qu'un Boeing 747, l'aéroplane en fibre de carbone est surnommé le « paper plane » (avion de papier).

Il vole à une vitesse moyenne de 50 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l'énergie solaire captée par quelque 17 000 cellules installées sur ses ailes.

Les deux aviateurs ont annoncé jeudi la création d'un Comité international des technologies propres, dont la fonction sera de devenir « un interlocuteur crédible pour tous ceux qui ont besoin de savoir comment utiliser ces technologies ».

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