Des sapins de Noël à recycler

Les sapins sont commandés sur internet, livrés et... (PHOTO CHANTAL DE BRUIJNE, SHUTTERSTOCK.COM)

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Les sapins sont commandés sur internet, livrés et récupérés pour être replantés jusqu'à l'année suivante.

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Saône-et-Loire

Entre un champ de maïs et des tracteurs, un épicéa est emballé dans un sac blanc. Il sera livré à domicile puis récupéré après les fêtes de Noël pour être replanté et servir l'année suivante, un concept qui prend racine en France.

Il a commandé à une grande pépinière du Morvan 400 arbres qu'il propose à la location: le client commande son sapin en pot sur internet, le reçoit chez lui, et n'a pas à abandonner le conifère sur le trottoir en janvier. Le sapin est en effet récupéré par un transporteur et replanté sur une parcelle de l'agriculteur.

Sa première commande était destinée à une Parisienne du XIe arrondissement, Élodie Drouard: «Quand j'étais petite, j'avais l'habitude de replanter le sapin dans ma résidence. Là, habitant sur Paris, c'est un peu difficile», explique-t-elle, ravie à l'idée que son sapin ne finisse pas «désenchanté dans un caniveau».

«L'année prochaine, peut-être que quelqu'un d'autre voudra ce sapin-là et il finira dans une nouvelle maison et il vivra un nouveau Noël avec d'autres personnes», s'enthousiasme-t-elle.

Benoît Virot ne livre pour l'instant que Paris et quelques cantons de Bourgogne mais il espère s'étendre jusqu'à la Méditerranée dès la saison prochaine.

«Des gens appellent déjà depuis la Drôme et la Côte d'Azur pour dire qu'ils sont intéressés», dit-il, reconnaissant sans détour que ses sapins sont plutôt destinés à des clients «qui gagnent bien leur vie» car leur prix (88 à 101 dollars) est deux fois plus élevé que la moyenne en raison des frais de livraison et d'entretien.

Un sapin frais

Il travaille avec la société Écosapin, créée par le Suisse David Berreby en 2009.

«On a commencé avec 150 sapins la première année à Genève et aujourd'hui on en propose 3000 dans toute la Suisse», se réjouit l'entrepreneur, par ailleurs gestionnaire d'une société de prêt-à-porter.

«On voulait proposer une alternative entre le sapin en plastique, fabriqué avec des matériaux polluants, et le sapin coupé, explique David Berreby. Il y a toute une réflexion pour que ce soit vraiment respectueux de l'environnement, par exemple on s'interdit de livrer loin et rationalisons au maximum les déplacements».

Au moment de lancer un «Ecosapin» français, Benoît Virot pensait être seul en France sur ce créneau, qui existe déjà en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne.

Mais quatre diplômés d'une école d'ingénieurs, âgés de 25 à 26 ans, ont eu la même idée et mis en ligne le site de location «Treezmas». Ils frôlaient la rupture de stock en début de semaine malgré des prix jusqu'à 120 dollars.

Leurs sapins, livrés à Paris et dans sa proche banlieue, ont grandi dans une pépinière de Normandie qu'ils retrouveront après les fêtes.

«L'écologie n'est pas le premier argument mis en avant, c'est pour nous un moyen de proposer un meilleur produit : un sapin frais», affirme Alexandre Cipriani, chargé de la communication et du marketing de la start-up.

«Notre système permet d'avoir un beau produit livré à domicile, tout en ayant la satisfaction de ne pas avoir gâché une ressource naturelle», ajoute-t-il.

Les quelques centaines de conifères mis à la location représentent encore une goutte d'eau dans un marché estimé à cinq millions de sapins naturels vendus à Noël en France, selon une étude de TNS Sofres pour FranceAgriMer.

«Il y a de la place pour tout le monde», sourit Benoît Virot.

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