Noël tabou: les princesses

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Si les fillettes ont un tel intérêt pour les princesses, c'est parce qu'elles servent de modèles, croit la psychologue Geneviève Djénati.

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Non, les princesses n'ont pas très bonne presse. Peu de mères se vantent d'habiller leurs fillettes en paillettes, toujours en rose, sept jours sur sept. On est féministes, fières de l'être, et les stéréotypes, très peu pour nous. Mais pour notre enfant, est-ce vraiment si dramatique?

Vous trouverez toujours quelqu'un pour vous dire que les princesses sont une fabrication de Disney, que la machine encourage la surconsommation, sans parler de l'abrutissement des gamines, qui ne rêvent du coup que d'être les plus belles, en attendant le jour où, enfin, leur prince viendra. Comme modèle d'émancipation, il y a mieux, on en conviendra.

Bien sûr que les fillettes doivent aussi être confrontées à d'autres univers: jouets de construction, voitures, livres, etc. Mais si ce sont des princesses qu'elles veulent à Noël, faut-il les leur refuser? Sinon, est-ce qu'on encourage leur superficialité, une féminité exacerbée, hyper stéréotypée?

Si les fillettes ont un tel intérêt pour les princesses, c'est parce qu'elles servent de modèles, répond Geneviève Djénati, psychologue et auteure de Le prince charmant et son héros. «La princesse est la représentation idéalisée de la fillette», dit-elle. Elle a donc toutes les qualités pour se faire aimer, et sert de «modèle pour le narcissisme et l'estime de soi».

Et surprise: il s'agit ici d'un modèle tout à fait positif, poursuit l'auteure de Psychanalyse des dessins animés.

«On se demande pourquoi certains adultes s'acharnent à vouloir priver l'enfant de cette identification à une figure positive pour lui.»

Non, le phénomène n'a rien de neuf et précède largement Disney. «Le concept a toujours existé et se perpétue peu importe ce qu'en pensent les adultes.»

Mieux: le fait de croire aux princesses serait même bénéfique plus tard, une fois l'enfant devenu grand. «Pour devenir un adulte qui se sent bien, le merveilleux [...] laisse des traces de satisfaction et de capacité d'émerveillement qui sont de bonnes ressources plus tard.» Qui dit mieux?

Bien sûr, si les princesses sont le seul et unique intérêt de votre enfant, et que leur univers envahit son quotidien et l'empêche d'être fonctionnel, il y a peut-être sujet à inquiétude.

Mais pour le reste? «Le reste est une confusion temporelle de personnes qui ne se souviennent pas de leurs rêveries enfantines et veulent faire grandir trop vite leurs enfants en en faisant des adultes en miniature», conclut la psychologue.

À garder en mémoire, lors de votre prochaine overdose de rose.

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