Maximiser l'escalier

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Indispensable dans une maison, l'escalier prend de la place, on n'y échappe pas. Pourquoi ne pas récupérer l'espace perdu pour y intégrer d'astucieux rangements ou même des fonctions structurales?

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Indispensable dans une maison, l'escalier prend de la place, on n'y échappe pas. Pourquoi ne pas récupérer l'espace perdu pour y intégrer d'astucieux rangements ou même des fonctions structurales? Nous avons visité deux projets qui ont tiré parti du dessus et du dessous de leurs escaliers!

La bibliothèque garde-corps

Pour accéder à cet appartement au troisième étage d'un plex d'Outremont, on doit monter une longue volée de marches. Et dès qu'on parvient en haut, on se trouve face à... un nouvel escalier! Celui-là, par contre, mène jusqu'à une terrasse aménagée sur le toit de l'immeuble.

Au-delà de sa fonction purement pratique, cet escalier intègre une bibliothèque dans le mur de briques adjacent, dont les étagères sont au même niveau que les marches. Même s'il s'agit d'une idée de rangement ingénieuse, elle découle en fait d'une contrainte: celle de fournir un garde-corps, explique l'architecte Godefroy Meyer, qui a travaillé sur le projet pour le Studio MMA.

Puisque le mur de briques existant se trouve en recul par rapport à celui qui se poursuit plus haut, il y avait un espace d'environ huit pouces de ce côté de l'escalier, qui aurait pu être dangereux pour les chutes.

«Donc l'idée, ç'a été d'aménager des tablettes en continuité avec les marches, qui devenaient à la fois notre limite physique et notre garde-fou», estime l'architecte Godefroy Meyer.

Il s'agit quand même d'une bonne façon de joindre l'utile à l'esthétique, puisque les propriétaires ont pu y disposer leurs jolis livres, qui se marient très bien avec les pièces d'art parsemées dans l'appartement.

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Au-delà de sa fonction purement pratique, cet escalier intègre une bibliothèque dans le mur de briques adjacent, dont les étagères sont au même niveau que les marches.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

La terrasse

Le but premier de cet escalier est d'accéder à la terrasse sur le toit du logement. L'accès se fait par une petite pièce au sommet des marches, qui sert aussi de bureau. Les architectes ont dû se soumettre à une réglementation assez serrée pour construire cet appentis. «La superficie d'une sortie au toit comme celle-ci doit avoir un maximum de 10 m2», souligne l'architecte.

Il faut dire qu'à l'origine, ce projet n'était pas celui que les clients avaient en tête. Le propriétaire précédent avait obtenu un permis pour la construction d'une mezzanine, mais au moment où l'appartement a été vendu, la réglementation avait changé. Résultat, les nouveaux propriétaires ont dû faire une croix sur l'ajout - et les nombreux pieds carrés supplémentaires qu'il leur aurait procuré.

Mais après un moment de réflexion, ils ont plutôt métamorphosé le projet en autre chose, poursuit Godefroy Meyer: «Une fois l'idée de la mezzanine oubliée et digérée, ils ont plutôt voulu faire l'équivalent d'une cour extérieure sur le toit.»

Le résultat illumine l'appartement, grâce à l'éclairage intégré dans les marches et le puits de lumière qui a été ajouté dans la cage d'escalier.

Aussi, si l'escalier semble léger et aérien, c'est grâce à la structure de câbles d'acier qui le soutient. Confrontés à un véritable casse-tête structural, les architectes ont dû trouver une solution astucieuse pour faire tenir cet ajout sans intervenir chez les voisins du dessous. En renforçant les murs latéraux et porteurs, tout en doublant les solives, la structure tient par elle-même, mais vers le haut.

«Donc le résultat qu'on voit aujourd'hui, c'est l'amalgame de contraintes réglementaires et structurales assez importantes», résume l'architecte. Comme quoi, des plus grands problèmes naissent parfois les plus belles idées!

Dans la famille d'Isabelle Gingras, les objets qui... (Photo Raphaël Thibodeau, fournie par Catherine Catherine) - image 3.0

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Dans la famille d'Isabelle Gingras, les objets qui traînent dans l'entrée sont chose du passé! Souliers, sacs d'école, boîtes à lunch, manteaux et autres accessoires sont tous rangés dans un meuble modulaire en bois qui se glisse sagement sous l'escalier menant à l'étage supérieur.

Photo Raphaël Thibodeau, fournie par Catherine Catherine

Cachez ces manteaux...

Dans la famille d'Isabelle Gingras, les objets qui traînent dans l'entrée sont chose du passé! Ils ne sont pas inexistants, au contraire, mais plutôt bien cachés. Souliers, sacs d'école, boîtes à lunch, manteaux et autres accessoires sont tous rangés dans un meuble modulaire en bois qui se glisse sagement sous l'escalier menant à l'étage supérieur.

Cette famille de quatre occupe le rez-de-chaussée et le sous-sol d'un duplex de Rosemont-La Petite-Patrie. À l'origine, il y avait bel et bien un rangement sous l'escalier du deuxième, mais il n'était ni pratique ni pleinement sécuritaire.

Premier problème, son accès se situait dans les marches qui mènent au sous-sol, explique la cliente, mère de deux filles de 5 et 8 ans. Fermé par un rideau, le petit espace contenait une tringle avec des cintres, ainsi que des boîtes empilées au sol. «Quand je voulais aller jusque dans le fond, il fallait que je me mette en petit bonhomme!», lance Isabelle Gingras en riant.

Elle a alors fait appel aux designers de l'atelier Catherine Catherine pour maximiser l'espace de rangement. Face à cette demande, Catherine Breton-Potvin et Catherine Gomes-Aubin ont imaginé diverses propositions pour construire un meuble qui irait vraiment chercher toute la hauteur disponible sous les marches du haut, tout en condamnant l'accès par la cage d'escalier du bas.

La solution est composée de deux parties, l'une fixe et l'autre amovible, qui occupent un long pan de mur dans le couloir. La section mobile est constituée d'une structure de bois qui se range sous l'escalier, mais qui peut se tirer au moyen d'une poignée, comme un chariot. Les occupants y disposent de tout l'espace nécessaire pour suspendre leurs manteaux et ranger tous leurs accessoires.

Lorsque la structure est dégagée, on peut voir qu'elle est séparée en deux parties. À l'origine, l'une était prévue pour les enfants, l'autre, pour les adultes, mais l'usage en a décidé autrement. «Finalement, la section qui est à l'avant est celle des manteaux de tous les jours et, à l'arrière, ce sont ceux qu'on met moins souvent, explique Isabelle Gingras. Comme ça, quand on tire, on n'a pas toujours besoin de tirer au complet. Aussi, en dessous, j'ai une petite case où je peux ranger les sacs d'école», ajoute-t-elle.

Sans compter qu'on peut retirer le meuble au complet et y ajouter davantage de rangement derrière, par exemple pour entreposer les vêtements qui n'est pas de saison. Quant aux petites filles, elles adorent aller s'y cacher, à l'abri des regards!

La partie fixe est composée d'un grand rangement collé au mur, qui entoure la partie amovible. Encore une fois, son design a été réfléchi pour créer le plus de rangement possible. Et ça fonctionne. «Il y a plusieurs petites cases où on peut rentrer tous, tous, tous nos souliers. C'est bien pratique», observe la propriétaire.

Unifier le rez-de-chaussée

Le projet incluait également toute la rénovation de la cuisine. Fidèles à leurs habitudes, Catherine Catherine ont voulu imaginer une solution de design intégré, pour créer un lien visuel allant de l'entrée jusqu'au bout de la cuisine. Le long mur de rangement en bois joue en quelque sorte ce rôle unificateur.

Mais, plus important encore, l'entrée est dégagée. Aujourd'hui, on y trouve seulement un petit banc pour enlever les bottes. Les occupants ont dit adieu aux patères et aux rangements à souliers... sans aucun regret.




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