Récupération: ceintures mur à mur

Des ceintures noires, pour marquer l'espace bar, dans... (Photo fournie par California Closets)

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Des ceintures noires, pour marquer l'espace bar, dans un repaire d'hommes.

Photo fournie par California Closets

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Il fallait y penser: les bonnes vieilles ceintures de cuir, patinées par des années de frottement, se transforment en matériau de finition, un matériau de caractère, texturé, unique en son genre.

On le retrouve en devant de comptoir, en insertion sur porte, en fond de bibliothèque, en façade de tiroir, sur les murs des placards de luxe et même, cas exceptionnel, comme revêtement de banquette et d'appui-tête.

«Partout où l'on pose une telle finition, ça alimente les conversations, rapporte l'avocat Christian Nadeau, cofondateur, avec sa compagne Bernice Lord, de l'entreprise Écodomo. Le résultat est marqué. Il a de l'impact. Tout le monde apprécie.»

Fondée en 2005 par le couple de Québécois, ÉcoDomo, installée à Rockville, au Maryland, est vouée aux revêtements en cuir recyclé. La niche bien particulière des ceintures de cuir récupérées, qui ne cesse de grandir, l'entreprise l'occupe depuis trois ans, avec sa collection Phoenix.

«Nous récupérons des centaines de ceintures de cuir usagées par mois, rapporte Me Nadeau. Nous avons une entente commerciale avec Goodwell, un organisme qui rappelle un peu l'Armée du salut.»

Les teintes sont noires ou brunes, sans accent métallique avec, plus rarement, un peu de couleur rouge. «On ne peut pas teindre les vieilles ceintures, explique Christian Nadeau. La teinture ne prend pas sur elles. Il faut les accepter comme elles sont.»

Exceptionnellement, pour répondre à une commande, EcoDomo a envoyé un employé en Floride pour récupérer une quantité de ceintures blanches!

S'étant fait offrir des lots de ceintures neuves, l'entreprise a tenté de reproduire un effet de vieillissement, sans obtenir un aussi beau résultat que le vieillissement naturel.

Un travail d'artisan

Alors que le déchiquetage du cuir et la fabrication de panneaux revêtus de cuir sont réalisés dans des usines de l'État de New York, le revêtement de ceintures est fait par des artisans.

«L'artisan trie les ceintures, les nettoie et les place sans les coller jusqu'à ce que le résultat soit satisfaisant, explique Me Nadeau. Les ceintures sont ensuite collées sur des panneaux de bois de l'épaisseur souhaitée.»

Au Canada, on peut se procurer les revêtements EcoDomo chez Quincaillerie Richelieu et California Closets.

L'approche de Stéphane Leblanc

Stéphane Leblanc a toujours été bricoleur. À partir de ceintures de cuir usagées, dans sa jeunesse, il avait fabriqué un damier au verso d'une planche de Scrabble. Toute sa vie de travailleur autonome - comme guide touristique, comédien-animateur et autres -, M. Leblanc a été à la recherche du petit meuble à restaurer, pour s'amuser autant que pour meubler son propre appartement.

Il y a un an et demi, désireux de se consacrer totalement à ses activités d'artiste-artisan, Stéphane Leblanc a ressorti son ancienne technique. Il a d'abord réalisé une lampe, puis des miroirs. «Quand je me suis mis à faire un coffre, j'ai réalisé que je perpétuais une très vieille tradition, celle de la courtepointe. Rapiécer et réorganiser des pièces de cuir, ça ressemble beaucoup à composer un patron avec des pièces de tissus. Ce faisant, j'ai l'impression de rendre hommage à ma mère et à ma grand-mère.»

M. Leblanc n'utilise que des ceintures usagées, en cuir ou en vinyle, «une belle matière, souvent texturée».

Mais où prend-il toutes ces ceintures? «La ceinture de seconde main ne se vend pas bien, explique-t-il. Les comptoirs d'entraide les laissent partir pour une bouchée de pain.» Stéphane Leblanc en a 6000 à 7000 dans son atelier de Victoriaville, plus des caisses de boucles de ceinture, avec lesquelles il fabrique des colliers.

«J'essaie d'utiliser la matière au complet, de ne pas gaspiller. J'ai le souci de la planète.» Le souci, également, de faire des oeuvres abordables.

«Ça me fait doublement plaisir si, en plus d'avoir un coup de foudre pour un de mes meubles, le client réalise qu'il peut se l'offrir», dit Stéphane Leblanc.

On trouve les petits objets de Stéphane Leblanc dans deux boutiques-coopératives: la galerie Axart, à Drummondville, et Manufactum, à Nicolet. «Il me manque encore une voie de distribution pour les plus gros objets, comme les meubles et les coffres», confie l'artisan.

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