S'entourer de livres

Si les romans ont plus de chances de... (Photo Jessica Garneau, collaboration spéciale)

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Si les romans ont plus de chances de se retrouver au salon ou dans la chambre d'amis, les livres de recettes trouvent évidemment leur place à la cuisine.

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André Laroche

Collaboration spéciale

La Presse

Une maison emplie de livres n'est jamais inhabitée. Des centaines de personnages de romans y vivent, parfois dans chaque recoin, attendant que leurs hôtes s'assoient dans leur fauteuil préféré pour partir à l'aventure. Visite chez une amoureuse des livres. Et astuces pour intégrer les livres à son milieu de vie.

Pour un amateur de livres, la maison de la romancière Mylène Gilbert-Dumas est une île aux trésors. Partout où l'on porte le regard se trouvent des romans, des essais ou des recueils de recettes. Dès le seuil franchi, on ressent l'envie de s'y installer à demeure.

Le salon de l'écrivaine est révélateur. Seul un petit canapé est orienté vers un téléviseur dissimulé... dans une bibliothèque. Inondés de soleil, deux fauteuils confortables et un grand divan adossé à une large fenêtre se font face tout près du foyer. Et au fond, sur deux murs complets s'entassent des centaines de romans et d'essais en tout genre. «Il y en a deux rangées de profondeur», glisse l'auteure de La Yukonnaise comme une invitation à s'installer.

L'ambiance incite en effet à la détente. L'idée de se glisser dans un roman, bien calé dans le divan, avec un café ou une coupe de vin pas trop loin, apparaît bien tentante. C'est d'ailleurs ainsi que Mylène et son conjoint Pierre passent leurs soirées, jusque tard dans la nuit, réchauffés par leurs deux caniches, Dali et Laska - nommé en référence au roman Anna Karénine de Tolstoï. «Nous lisons ensemble comme d'autres écoutent la télé ensemble», explique simplement Mylène.

Sur la table de salon traîne un livre sur le hygge (prononcez «hugueu»). Cet art de vivre danois célèbre la vie au ralenti, emplie de petits et grands moments de confort, de chaleur, de convivialité. La lecture tient le haut du pavé dans cette recette du bonheur. «Je pratiquais déjà le hygge et je l'ignorais», s'étonne l'auteure en riant.

Cette masse de bonheur imprimé se décante de manière naturelle dans chaque pièce de la maison.

Si les romans ont plus de chances de se retrouver au salon ou dans la chambre d'amis, les livres de recettes trouvent évidemment leur place à la cuisine. Les dizaines d'ouvrages historiques, eux, garnissent le bureau de l'écrivaine. La veille de notre passage, ceux-ci gisaient, empilés ou entrouverts, sur une grande table de travail.

«On a ramassé un peu», avoue l'écrivaine en plein rush d'écriture pour son prochain roman politico-religieux (sortie prévue au printemps). S'astreint-elle à un classement particulier? «Je classe par auteur... et par hauteur», dit-elle, face à un manque perpétuel d'espace dans ses bibliothèques.

Pour un amateur de livres, la maison de... (Photo Jessica Garneau, collaboration spéciale) - image 2.0

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Pour un amateur de livres, la maison de la romancière Mylène Gilbert-Dumas est une île aux trésors.

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L'appel du livre

Que ce soit dans la cuisine, le salon ou le bureau de Pierre à l'étage, les livres confèrent une âme à cette petite maison toute simple, construite dans les années 50 dans un quartier ouvrier de Sherbrooke. «Je vis dans une maison habitée de toutes ces histoires. Il me suffit de regarder un titre pour me replonger dans un autre univers. Je vois Le grand blanc de Francine Pelletier et, soudain, je suis à Schefferville.»

Aucune technologie électronique ne lui procure cet éternel dépaysement. «J'ai bien essayé une liseuse. Mais elle s'est détraquée en voyage, au beau milieu du roman Le nom de la rose d'Umberto Eco. Et puis, jamais un nom de fichier caché au fond d'un ordinateur ne donnera autant le goût de lire qu'un livre qui traîne sur une table.»

Mylène Gilbert-Dumas a toujours vécu ainsi parmi les livres. Même si elle a grandi dans une famille pauvre, dit-elle, elle a toujours eu des recueils de contes, des histoires illustrées et des ouvrages de référence autour d'elle, pas bien rangés ni tout propres dans une bibliothèque.

«Les livres n'étaient pas des objets sacrés dans ma famille. Ils faisaient partie de nos jouets. Ma mère nous laissait écrire dedans et déchirer les pages. C'était comme de la vaisselle ; les livres faisaient partie de la vie, raconte-t-elle. J'ai élevé ma fille de la même manière. Chez nous, Barbie lisait des livres.»

Encore aujourd'hui, l'écrivaine ne peut lire sans annoter les livres dans les marges ni surligner des passages sans réserve. «Je lis avec un crayon», dit-elle.

Difficile, avec cette approche de la chose littéraire, d'emprunter des livres à la bibliothèque municipale et d'espérer les rendre intacts la semaine suivante. «J'ai toujours acheté mes livres. Mes préférés, je les possède depuis que je suis partie étudier au cégep. Cela ne me dérange pas de les prêter, même s'ils me reviennent rarement. Certains titres, j'ai dû les acheter trois ou quatre fois dans ma vie», glisse-t-elle avec un haussement d'épaules.

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