Des «crimes de guerre» dans des prisons au Yémen, dénonce Amnistie

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Amnesty International évoque des «violations flagrantes, y compris des disparitions forcées, des tortures et autres mauvais traitements assimilables à des crimes de guerre».

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Agence France-Presse
Dubaï

Amnistie Internationale a fait état jeudi de violations des droits de l'Homme au Yémen dans des prisons secrètes gérées par les Émirats arabes unis, qui peuvent être «assimilées à des crimes de guerre».

Les Émirats sont un pilier de la coalition militaire sous commandement saoudien intervenant depuis 2015 au Yémen pour aider le pouvoir à stopper l'offensive des rebelles Houthis qui s'étaient emparés de larges pans du territoire.

Le conflit a déjà fait près de 10 000 morts et provoqué «la pire crise humanitaire au monde», avec des millions de personnes au bord de la famine, selon l'ONU.

Dans un rapport publié un an après les premières informations sur ces prisons, Amnistie évoque des «violations flagrantes, y compris des disparitions forcées, des tortures et autres mauvais traitements assimilables à des crimes de guerre».

L'ONG a appelé «les partenaires des Émirats dans le domaine du contre-terrorisme dont les États-Unis» à «enquêter sur le rôle de personnel américain dans les abus liés à ces détentions au Yémen (...)».

Le rapport intitulé «Dieu seul sait s'il est vivant» décrit les souffrances des proches des dizaines de personnes arrêtées qui n'arrivent pas à obtenir des informations sur leur sort.

«Lorsqu'ils exigent de savoir où sont détenus leurs proches ou même s'ils sont encore en vie, leurs demandes sont accueillies avec silence ou intimidation», a déploré, dans le rapport, Tirana Hassan, directrice des situations de crise à Amnistie International.

L'organisation indique avoir enquêté entre mars 2016 et mai 2018 sur les cas de 51 hommes arrêtés et détenus dans le sud du Yémen par les forces des Émirats et celles du gouvernement yéménite. Amnistie affirme que «19 de ces hommes sont portés disparus».

Les Emirats ont démenti avec force diriger ou encadrer des prisons secrètes dans le sud du Yémen.

«Nous rejetons le rapport d'Amnistie», a affirmé le gouvernement émirati dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle WAM. «Les prisons au Yémen sont sous l'autorité des Yéménites et les Émirats ont exhorté le gouvernement yéménite à mener une enquête indépendante sur cette question».

Ce rapport est «politiquement orienté» et «vise à nuire aux efforts de soutien des Émirats au gouvernement yéménite», selon lui.

Depuis 2015, les Émirats ont créé, formé, équipé et financé diverses forces de sécurité locales. Ce pays a également noué, selon Amnistie International, des alliances avec les responsables yéménites de la sécurité qui agissent hors de l'autorité du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Ce dernier s'est récemment réconcilié avec les Emirats après une brouille concernant la présence de forces émiraties sur l'île yéménite de Socotra.

Lundi à Aden, la ministre d'État émiratie à la Coopération internationale Rim al-Hachémi a évoqué la question des prisons avec M. Hadi et le ministre de l'Intérieur Ahmed Maisari qui a insisté sur la «fermeture de prisons et la nécessité de les soumettre au contrôle de la justice».




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