Gaza: reconstruction et paix au menu de la conférence du Caire

Le secrétaire d'État américain John Kerry va plaider... (Photo Mike Theiler, Reuters)

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Le secrétaire d'État américain John Kerry va plaider pour une relance du processus de paix israélo-palestinien lors de la conférence qui se tiendra au Caire.

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Agence France-Presse
LE CAIRE

Le Caire accueille dimanche une Conférence internationale sur la reconstruction de la bande de Gaza au cours de laquelle le secrétaire d'État américain John Kerry veut plaider pour une relance du processus de paix israélo-palestinien.

Les délégués d'une cinquantaine de pays, une trentaine de ministres des Affaires étrangères, le secrétaire général des Nations unies ainsi que les représentants de multiples organisations humanitaires, financières ou politiques comme le Fonds monétaire ou la Ligue arabe sont attendus dans la capitale égyptienne.

Coorganisée par l'Égypte et la Norvège, cette conférence des donateurs dira si la communauté internationale est vraiment prête à financer la reconstruction d'un territoire dévasté cet été par sa troisième guerre en six ans car si le besoin d'argent est énorme, les motifs de réticence sont considérables.

Après 50 jours de guerre entre Israël et des groupes armés palestiniens, dont le Hamas, qui ont fait plus de 2100 morts palestiniens et 73 israéliens, la bande de Gaza est à genoux.

Quelque 100 000 Palestiniens se retrouvent sans abri dans cette enclave exiguë et surpeuplée, où 45% de la population active et 63% des jeunes étaient au chômage avant même la guerre.

Infrastructures et entreprises ont été endommagées alors que l'électricité et l'eau manquent dans ce territoire qui reste sous blocus israélien et égyptien.

Le PIB devrait diminuer de 20% au cours des neuf premiers mois de 2014 par rapport à 2013.

L'Autorité palestinienne a présenté un projet de reconstruction de Gaza de 76 pages, pour un montant de 4 milliards de dollars dont la plus grande partie est affectée à la construction de logements.

D'autres chiffres encore plus importants ont été avancés, la reconstruction devant durer de longues années.

La conférence pourrait produire un chiffre de promesses élevé, mais «un certain pessimisme est de rigueur, les gens en ont assez de payer sans horizon politique», affirme un diplomate sous couvert d'anonymat.

Les États-Unis sont les seuls pour le moment à avoir pris un engagement pour verser 118 millions de dollars, mais l'Europe et les pays arabes devraient aussi promettre des sommes importantes.

«Casser le cycle»

Une grande partie de la communauté internationale espère pouvoir miser à terme sur plus de stabilité politique à Gaza avec la réconciliation récente entre l'Autorité palestinienne, dominée par le parti nationaliste Fatah de Mahmoud Abbas, et le Hamas islamiste, qui contrôle la petite enclave coincée entre l'Égypte et Israël.

Le gouvernement d'union palestinien s'est réuni dans la bande de Gaza jeudi pour la première fois depuis sa formation en juin, après des années de déchirements entre Hamas et Fatah.

Il s'agit d'envoyer aux donateurs un message clair: l'argent destiné à la reconstruction sera bien utilisé par une autorité composée de personnalités indépendantes et non pas acquises à tel ou tel bord.

Car le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon l'a dit lui-même: pas de solution durable aux problèmes de Gaza sans règlement global entre Palestiniens et Israéliens.

Et c'est d'ailleurs pour une relance du dialogue que va plaider John Kerry durant la conférence, en marge de laquelle il devrait rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas, selon des diplomates américains.

«Plus largement, nous avons un intérêt à casser le cycle de guerres et de reconstructions que nous voyons à l'oeuvre depuis six ans», a souligné l'un de ces diplomates, qui a indiqué que M. Kerry exprimera la volonté des États-Unis «de réengager des négociations et de contribuer à faciliter leur succès».

Le secrétaire d'État «parlera de la nécessité de régler les questions sous-jacentes au conflit israélo-palestinien afin d'avoir vraiment une solution durable au problème de Gaza», a-t-il ajouté.

M. Kerry a été l'artisan de la reprise du processus de paix israélo-palestinien entre juillet 2013 et avril dernier. Depuis son échec, il n'a toutefois jamais abandonné l'idée d'une relance.

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