De nombreux Québécois appelés à décider du sort du Royaume-Uni

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Les impacts pour le Québec d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne seraient avant tout économiques.

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Jasmin Lavoie
La Presse Canadienne
Londres

En attendant un prochain référendum dans la belle province, de nombreux Québécois pourront voter à celui organisé au Royaume-Uni, jeudi. Les excentricités du système de vote britannique permettent à tous les citoyens du Commonwealth résidant dans le pays de voter, contrairement aux autres citoyens européens, pourtant tout aussi concernés par l'enjeu.

Partir ou bien rester. Les électeurs du Royaume-Uni se prononceront sur le sort du pays dans l'Union européenne.

Selon une estimation basée sur le dernier recensement, près d'un million d'électeurs issus du Commonwealth pourront voter au référendum, soit près de 3 pour cent de l'électorat, si l'on se fie au taux de participation des dernières élections.

Jesse Peterkin, originaire de Québec, sera l'un de ceux-là. Il habite à Londres depuis six ans et votera pour que le Royaume-Uni reste au sein de l'Union européenne.

Il est d'avis qu'un Brexit, mariage entre les mots «Britain» et «Exit» (sortie de la Grande-Bretagne), pourrait avoir un impact réel dans sa vie.

Selon lui, l'isolement du pays engendrerait la fermeture de plusieurs commerces en plus de faire monter les taxes.

«Les compagnies aériennes comme EasyJet et RyanAir n'auront plus de vols à bon marché puisque les taxes douanières seront plus élevées. Les files d'attente dans les aéroports seront plus importantes puisqu'une vérification du passeport plus laborieuse sera requise pour entrer au Royaume-Uni», juge-t-il.

Édith Trehot, elle aussi québécoise, n'aura pour sa part pas l'occasion de se faire entendre dans ce qui est considéré par plusieurs comme «le vote d'une génération».

La femme est également Suissesse et réside dans le pays sous cette seconde nationalité. Et les citoyens de l'Union européenne habitant au Royaume-Uni n'auront pas le droit de vote, jeudi.

Ils ont le droit d'y vivre sans permis de résidence, mais cela pourrait fort bien changer advenant une victoire du Brexit, jeudi. «Je vis ici et travaille ici pour l'instant, donc si certaines lois changent ou l'économie du pays change, cela pourrait éventuellement m'affecter», raconte-t-elle.

Si certains souhaitaient que le vote soit étendu à l'ensemble des résidants en sol britannique, d'autres préféraient que ce droit soit réservé exclusivement aux citoyens du Royaume-Uni.

Sur le site officiel du parlement britannique, une pétition prônant l'abolition du droit de vote pour les résidants du Commonwealth a recueilli plus de 40 000 signatures, le printemps dernier. On demeure toutefois loin des 100 000 signatures nécessaires pour donner suite à cette possibilité.

Selon les estimations de la délégation générale du Québec à Londres, il y aurait un minimum de 400 Québécois dans cette ville et au moins 1000 répartis sur l'ensemble du pays.

«Pour l'essentiel, ce que j'ai rencontré, ce sont des gens qui disent : mon dieu, s'il y a un Brexit, quelles sont les conséquences de cela? Il y a beaucoup d'inconnus», indique en entrevue à La Presse Canadienne Christos Sirros, délégué général du Québec à Londres.

Les impacts pour le Québec d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne seraient avant tout économiques, selon le diplomate.

L'Accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne pourrait être entériné l'automne prochain.

Un Brexit mènerait éventuellement vers une exclusion du pays au sein de cette entente.

«Notre relation commerciale avec le Royaume-Uni sera désavantagée par rapport à notre relation commerciale avec l'Union européenne. Il faudra renégocier quelque chose avec les Britanniques. Mais qui sait quand ils seront prêts à négocier? Parce que j'imagine qu'ils auront d'autres priorités, dont négocier celui avec l'Union européenne», dit Christos Sirros.

Avant d'être à Londres, M. Sirros a été délégué général du Québec à Bruxelles, là où sont les bureaux de l'Union européenne (UE). Il croit que l'organisation a prouvé son efficacité au fil des années pour améliorer le bien commun et pour maintenir la paix entre les nations. «C'est la première fois dans l'histoire de l'Europe que pendant 60 ans, il n'y a pas eu de guerre entre les membres.»

Bien qu'il souhaite demeurer impartial dans ce débat, il indique qu'un Brexit pourrait «déstabiliser» la structure de l'Union européenne, constituée actuellement de 28 membres.

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